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    La Princesse du Nebraska
    note moyenne
    2,3
    50 notes dont 12 critiques
    répartition des 12 critiques par note
    1 critique
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    2 critiques
    3 critiques
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    Votre avis sur La Princesse du Nebraska ?

    12 critiques spectateurs

    Cluny
    Cluny

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    3,0
    Publiée le 16 octobre 2012
    "La Princesse du Nebraska" est donc le deuxième volet du dyptique consacré par Wayne Wang aux femmes d'origine chinoise aux Etats-Unis. D'emblée, il souligne le fossé entre Yilan et Sasha : "Ces deux femmes sont nées à Pékin, elles ont quinze années d'écart et sont très différentes. Yilan porte le lourd fardeau des contraintes de sa famille et de son histoire culturelle. Sasha ne porte aucun poids. Aucune histoire, aucune spiritualité ni religion. Elle est tout le contraire de Yilan. Rien ne la retient, rien ne la freine." Pourtant, il choisit de débuter ses deux films au même endroit, la porte de débarquement d'un aéroport. Dans "Un Millier d'Années de bonnes Prières", c'était le lieu de la rencontre codifiée, de la reconnaissance des liens de la famille. Ici, c'est déjà un lieu d'errance, comme le symbolise le premier plan sur les chaussures de Sasha vagabondant dans l'attente d'on ne sait quoi.

    Comme l'explique Wayne Wang, Sasha n'est de nulle part. Elle suit Boshen (qui parle parfaitement le mandarin) dans un repas avec de nombreux sino-américains dissertant avec pédance sur la politique de l'enfant unique imposée par le Parti. Elle leur jette à la figure qu'ils ne connaissent rien de la Chine, mais elle même est bien en peine d'argumenter quoi que ce soit, préférant se réfugier dans la provocation face à ces intellectuels : "Oui, j'aime bien Paris Hilton, elle, au moins, elle sait ce qu'elle veut." Li Ling, l'actrice non professionnelle qui joue Sasha a sans doute inspiré Wayne Wang qui raconte ; "Elle était arrivée aux Etats-Unis deux ans et demi plus tôt. Quand je lui ai demandé ce qu'elle aimait, elle a répondu Paris Hilton, et, curieusement, Borat."

    Sans attache ni points de répère, elle répète à l'envi cette expression qu'elle a apprise en Amérique : aller de l'avant. Le mouvement lui sert de morale, la conduisant à partager une nuit avec une jeune prostituée chinoise. Cette fuite en avant ne connaîtra de coup d'arrêt qu'à la clinique, où dans une scène superbe et bouleversante, la femme médecin qui la reçoit pour la consultation préalable à l'avortement réussit en quelques questions à lui faire dire son mal-être entre deux pays, entre l'état d'enfance et l'âge adulte, entre ses rêves de petite fille et la dureté de sa réalité.

    Ce mouvement et cette instabilité permanente, Wayne Wnag les adopte pour faire corps avec son héroïne. Là où dans "Un Millier d'Années de bonnes Prières" prédominaient les plans fixes, le montage interne et le temps laissé aux scènes pour qu'elles se déroulent, dans "La Princesse du Nebraska" la caméra est presque perpétuellement portée, les contre-plongées et les traces filées abondent, et l'on voit même à l'instar de Sasha à travers la carré de l'écran de son téléphone portable. Dans cet exercice de style, Wayne Wang montre qu'il peut faire à la mode, même si heureusement transparaissent des qualités bien plus personnelles, comme ce cadrage de Sasha, le regard au bord du cadre, qui évoque Hong Kar Wai, ou le lent traveling arrière partant du visage de Sasha chantant en play-back devant un mur "Hope Thres someone" d'Antony and the Johnsons.

    La narration elle-même s'est mise au diapason du désordre intérieur de l'héroïne : comme dans "Un Millier d'Années de bonnes Prières" où on adoptait le point de vue exclusif de M. Shi, ici on suit uniquement Sasha, et on met du temps à reconstituer le puzzle de sa situation : qui est Boshen ? quelle est cette jeune femme chinoise qu'elle rencontre à son arrivée, puis avant d'aller à la clinique ? Jusqu'à sa décision finale concernant l'enfant qui reste elliptique.

    Si on comprend bien sûr la raison d'un tel choix de réalisation, on se perd quand même un peu à la suite de Sasha, ayant du mal à mettre bout à bout ces moments que seuls lient l'instabilité et le désarroi de la jeune fille. "La Princesse du Nebraska", adapté comme le premier film à partir d'une courte nouvelle de Li Liyun, a été tourné quand Wayne Wnag a vu qu'il lui restait une queue de budget après le tournage de "Un Millier d'Années de bonnes Prières". C'est cette improvisation, cette rapidité rendue nécessaire par les faibles moyens qui font le charme de ce deuxième volet ; elles en marquent aussi les limites.
    http://www.critiquesclunysiennes.com
    ffred
    ffred

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    2,5
    Publiée le 9 août 2008
    Wayne Wang metteur en scène hongkongais nous avait déjà concocté un fameux diptyque encensé par la critique et les spectateurs Smoke/Brooklyn Boogie sortis à un an d'intervalle. Aujourd'hui deux films sortent en même temps. Ils n'ont rien à voir à part le fait d'avoir chacun une héroïne chinoise, déracinée et vivant aux USA de nos jours. Le premier de ces deux films que j'ai vu est La princesse du Nebraska, mais on peut les voir dans l'autre ordre sans problème. Après un début assez mou, en tout cas qui ne suscite pas un grand d'intérêt d'entrée. Le personnage principal n'est pas franchement attachant à la limite d'être horripilante. Et puis petit à petit sans qu'on s'en aperçoive, on commence à y prendre plaisir, à vouloir savoir ce qui va lui arriver, à s'attacher et à l'aimer donc. Au travers d'autres personnages on apprend comment elle en est arrivé là et quelles sont ses motivations. Pour cela Wang nous offre une mise en scène assez rapide, directe, saccadée (limite nausée souvent), rythmée, bien dans le style de ce que vit la jeune fille : à 100 à l'heure dans une vie qu'elle à envie de mordre à pleine dent. La photo n'est pas très belle, le montage syncopé, à la limite du documentaire amateur. Au final on assiste à un joli portrait de femme au seuil de sa vie, avec déjà un parcours chaotique derrière elle, déjà plein d'histoires, plein de regrets, mais aussi plein d'espoirs et une furieuse envie d'aller de l'avant.
    Nelly M.
    Nelly M.

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    5,0
    Publiée le 2 août 2008
    Déjà plébiscité "Un millier d'années de bonnes prières" du même cinéaste par ailleurs. Mais j'ai tout autant raffolé de cette "Princesse du Nebraska", même si j'ai attendu de voir le ballon s'envoler pour voir que le personnage de Sashadécolle, dans le cas contraire, on virait vers un remake de "Sue lost in Manhattan" américano-chinois...C'est admirable au niveau image, des cadrages jamais gratuits (ces pieds nerveux qui arpentent) et cette frimousse de la toute jeune demoiselle bien consciente de sa grossesse mais qui a le cafard, le spectateur l'aurait jurée plutôt irresponsable... Précieuses infos sur la démographie inversée chinoise (plus assez de filles bientôt ?) et apports américains de modernité jamais trop kitch, ce magnifique Noir à l'écoute du ventre, la gynéco en écoute active... C'est une profonde réflexion sur la jeunesse flottante chinoise de notre mondialisation actuelle, véritable coup de gomme des racines de l'individu. Pour boucler, une fixation son et lumière venant d'ouest plutôt que d'est, Wayne Wang suggère des situations par touches délicates, avec plusieurs lectures possibles.
    anonyme
    Un visiteur
    1,5
    Publiée le 3 janvier 2012
    Là où "Un millier d'années de bonnes prières" était tout en cadres très composés, "La Princesse du Nebraska" n'est que caméra à l'épaule, usage du zoom et recadrages brutaux ; peut-être car Wayne Wang s'attaque ici à une histoire concernant une fille d'une autre génération, plus jeune ? En réalité, y a t-il vraiment une justification autre que le fait que Wang souhaitait faire un autre film, plus libre et plus brut que le premier ? Je ne pense pas. Ici, les scènes traînent en longueur, le scénario tient sur un confetti, l'histoire est somme toute banale (une pauvre fille tombe en cloque : avortera ou avortera pas ?) et la scène finale est incroyablement pompeuse de contemplation. On dirait presque que ce n'est pas le même réalisateur qui a fait les deux films. C'est assez rare de voir un réalisateur avoir assez d'argent après un film pour enchaîner aussitôt sur un autre, mais pour le coup, Wang aurait bien fait de s'abstenir après le plutôt réussi "Un millier d'années".
    norman06
    norman06

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    2,5
    Publiée le 31 juillet 2008
    "La Princesse du Nebraska" et "Un millier d'années de bonnes prières" forment un dyptique attachant sur l'acculturation. Le premier est plus audacieux formellement. Une séquence de dîner chez des bobos chinois de San Francisco en est le meilleur moment. Le second est plus profond par sa thématique qui aborde aussi le conflit des générations et les règlements de comptes inter-générationnels qui ne sont pas sans évoquer "Sonate d'automne", la prouesse bergmanienne en moins. A voir dans n'importe quel ordre, les deux films jumeaux se complétant.
    Julien D
    Julien D

    Suivre son activité 789 abonnés Lire ses 3 461 critiques

    3,5
    Publiée le 16 décembre 2011
    Grâce à son style si particulier, Wayne Wang, le Truffaut asiatique, nous offre un très beau film que j'ai vu à ce jour sur le thème délicat des interrogations d'une jeune fille, en l’occurrence émigrée chinoise aux USA, à la veille de son avortement. La gamine est loin de sembler très fine ni même attachante mais ses doutes d’adolescente ne sachant quoi faire de sa grossesse et ses péripéties symbolisant la liberté de ton de l’auteur se laissent suivre avec plaisance. Pour une raison étrange, Wang semble apprécié la filmer de profil, ce qui, dans l’ensemble semble être son seul vrai élément artistique récurent.
    cristal
    cristal

    Suivre son activité 149 abonnés Lire ses 789 critiques

    1,0
    Publiée le 4 août 2008
    Deux films de Wayne Wang contribuant à une même idée du cinéma ; l'un ("Un millier d'années de bonnes prières"), en racontant l'histoire d'une jeune chinoise intégrée aux Etats-Unis et retrouvant son père, évoque la difficulté de communication et les barrières culturelles dont l'héroïne essaye de s'affranchir. L'autre ("La princesse du Nebraska"), peut-être plus abstrait et expérimental, développe le récit d'une jeune chinoise arrivée aux Etats-Unis, avec le poids d'un bébé sur la conscience, pour ne pas dire dans le ventre. Les deux longs-métrages s'attardent, évidemment, sur l'acceptation des nouvelles valeurs et l'habitude d'un mode de vie à travers une intégration qui se fait sans véritable problèmes. Les deux suivent un parcours de femme, en proie aux doutes et à la solitude. Les quelques personnages des alentours, malgré leurs efforts, ne parviennent pas à arranger les choses ; c'est la personne concernée qui devra faire des choix décisifs, parfois douloureux ou apaisants. Mais là où les deux oeuvres se reflètent le plus, hormis dans une manière candide de capter les sentiments, patte du cinéaste, c'est dans leur rigidité. Aucun ne déploie un récit fulgurant. A vouloir rester dans l'intime, Wayne Wang tombe dans l'ennui. Le manque de relief des scénarios, tous deux d'une simplicité qui confine plus au déjà vu qu'à la pudeur ou l'envie de ne pas trop en faire, plombent les films dans une inanité qui forcément, ne parvient pas à les animer. Ces deux films ne sont pourtant pas sans qualités, notamment du côté des acteurs, tous sublimes, mais les mises en scènes, très différentes (le premier préfère les plans en recul, le deuxième le corp à corp), ne rejoignent jamais la gravité des histoires. "La princesse du Nebraska" (qu'il est conseillé de voir en deuxième, parce que la caméra semble enfin avoir pénétré les corps, et parce que le plan final symbolise l'unité des deux films), peut fasciner dans sa manière naturaliste de plonger dans les sensations corporelles.
    Dominique V.
    Dominique V.

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    0,5
    Publiée le 14 juin 2010
    Filmé genre docu, les errances de cette jeune chinoise dans San Francisco, en quête d'une réponse ou d'une solution à sa grossesse lassent vite. Ou on rentre dans le film ou c'est fichu !
    anonyme
    Un visiteur
    0,5
    Publiée le 4 août 2008
    Film totalement insipide. Je ne vois pas du tout ce que voulait montrer le réalisateur. Je sais bien que les asiatiques aiment bien montrer idées de genre de façon plutôt poétique et même là j'ai beau chercher je ne comprends pas du tout le sens du film. Je me suis ennuyée à mourir. Quel est l'intérêt de filmer des images figées, ou le plan de l'héroïne qui reste stoïc, des minutes qui me semble durer des heures. L'héroïne ne ce film m'exaspère. Elle est sans gêne je ne comprends pas vraiment si elle est en perdue par son état, ce qu'elle ressent vraiment. Bref, un film à oublier.
    odile93800
    odile93800

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    0,5
    Publiée le 6 août 2008
    ennuyeux à souhait! Aucun intérêt.
    anonyme
    Un visiteur
    2,5
    Publiée le 23 avril 2010
    Un film poétique pas désagréable . Une dinde se fait truffer à Pékin puis part pleurer à San Francisco . Elle aurait eu un troisième neurone , j'aurais mis une troisième étoile ...
    anonyme
    Un visiteur
    4,0
    Publiée le 4 septembre 2008
    C'est vraiment une Princesse, cette Princesse du Nebraska, filmée tout en élégance, légéreté et émotion par un Wayne Wang jamais aussi bon que dans ses films à petits budgets. Elle s'appelle Sasha (lumineuse Ling Li), est chinoise, étudiante dans le Nebraska, et se découvre enceinte au retour de vacances en Chine. On la suit à partir de là, sur une journée. Simplissime mais géniale idée, car rien n'est meilleur qu'un film qui ne lache pas son sujet. On est avec Sasha d'un bout à l'autre, dans tous les plans, tout au long d'un film court, émouvant et fragile comme la splendide chanson d'Antony & the Johnsons qui lui sert de générique de fin. Grande réussite
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