J'ai toujours préféré le Kassovitz acteur que le Kassovitz réalisateur. D'ailleurs, en dehors de l'excellent "La haine", il n'a réalisé que des mauvais films. Sans aller jusque là, "L'ordre et la morale" me laisse une impression mitigée notamment avec ce manichéisme flagrant dans son propos. Pourtant, c'est tout à l'honneur de Kassovitz de se pencher sur la prise d'otages d'Ouvéa de 1988 et sur la situation politique tendue en Nouvelle-Calédonie. Allant à l'encontre de la thèse officielle, le cinéaste donne davantage la parole aux Kanaks en se penchant notamment sur leurs motivations. Malheureusement, Kassovitz le fait d'une manière manichéenne, sans l'intelligence et la distance nécessaire pour aborder ce type de sujet. Cette charge contre la politique française et cette empathie pour le peuple Kanak est parfois tellement exacerbé que cela en devient ridicule. Cette subjectivité nuit à son message et à l'aspect historique de son long métrage. D'un point de vue cinématographique, la mise en scène souffle le chaud et le froid avec des maladresses et de bonnes idées. Idem pour les dialogues, pas toujours aussi intéressants qu'ils devraient l'être.
Bon boulot de la part de Mathieu Kassovitz avec une réalisation à la hauteur du sujet . La politique avec ses mensonges , malheureusement on le sait depuis longtemps. 3 étoiles et demie.
Un film engagé qui doit faire polémique en ce moment dans le milieu politique signé Mathieu Kassovitz !!! "L'ordre et la morale" est une histoire vraie qui se passe en 1988 en Nouvelle Calédonie et le film commence par la fin, l'interrogation d'un drame militaire vu par un commandant de la gendarmerie. Ce film relate les dix jours précédents avec chaque étape détaillé de l'arrivée des soldats en Nouvelle Calédonie, territoire Français en guerre. La tension et la pression politique pour libérer des otages accélèrent la manoeuvre de riposte et le commandant et quelques uns de ses soldats se font à leurs tours pris en otages. Le commandant fait l'intermédiaire entre l'armée Française et les ravisseurs mais tout prend une tournure politique en une période électorale entre le premier ministre de l'époque Jacques Chirac et le président François Mitterand. Adapté d'un livre du personnage principal, Mathieu Kassovitz signé un film interressant et documentaliste sur ce qu'il s'est passé. Le petit défaut du film vient de l'opinion politique du récit qui fait la gauche, c'est bien, la droite, c'est salaud, on sent que le cinéaste comme l'écrivain sont du premier clan comme d'autres films du meme genre sont diverses. Les acteurs Français et Africains sont trés bons, Mathieu Kassovitz en tete. A voir
Mathieu Kassovitz est de retour avec un nouveau film engagé qui traite de l'affaire de la prise d'otage en Nouvelle Calédonie en 1988 en pleine élection présidentielle ! Révolté qu'il est, celui ci cherche à redonner une bonne image aux Kanaks dans ce film et chercher à critiquer autant que possible les politiques et surtout ceux de droite. Il ne se sert pas de la version officielle mais cherche plutôt à critiquer tous les acteurs de ce conflit. Cet engagement est très marqué dans le film, mais si on le regarde d'un ton plus neutre, on décèle en ce réalisateur-acteur un vrai talent de mise en scène ! La scène de combat filmé caméra au point nous fait réellement ressentir ce qui se passe dans la tête d'un militaire dans cette situation. Le suspens est haletant et l'ambiance stressante en particulier sur les coups de percussions plutôt bien amenés et qui font ressentir la perte de contrôle du chef du GIGN. Une agréable surprise donc, un film engagé et prenant sur une période intéressante et finalement oubliée de notre histoire.
Un ambitieux projet que Mathieu Kassovitz relève avec sobriété. Comme toujours, il prend parti et défend son point de vue de façon convaincante tout en s'efforçant de montrer les faits avec une honorable exhaustivité. Les tenants et aboutissants sont clairement définis. Son cinéma propose de débattre, d'argumenter, de défendre, quitte à paraître un poil arrogant. La mise en scène, faussement effacée, appuie sur le levier de vitesse lors des tensions et renforce la torpeur du contexte. Mais malgré tout cela, difficile d'être totalement captivé. Avec le temps, "L'Ordre et la morale" va certainement se bonifier.
En plus d'être un "biopic" d'un des moment les plus noirs de notre colonisation, L'ordre et la morale est avant tout un film politique. Ponctué d'images d'archives s'incrustant parfaitement au cinéma de Kassovitz, l'ensemble réussit le pari d'opposer deux visions de cette rebellion : celle des militaires, rarement d'accord entre eux, et celle, indirecte, de nos gouvernants. Les nouvelles générations comprendront peut être enfin la difficulté politique d'une cohabitation où chacun veut tirer la couverture vers soi. Car même si le métrage semble, de façon véhémente, vouloir dénoncer les positions d'un gouvernement de droite qui ne voit qu'un évènement médiatique pré-élections, les réactions inerte d'un président de gauche ne relèvent pas le niveau. Au-delà de ce contexte, L'ordre et la Morale est également un moyen de donner la parole à ceux qui ont commis ces méfaits (même si la limite de la justification est quelquefois très mince), comme à ceux qui veulent que ce conflit se règle sans effusion de sang. Je pense que Kassovitz à surtout voulu montrer que la parole d'un militaire ne vaut plus rien en France dès que "l'ordre" est politisé. Quant à la Morale, elle se limite malheureusement à chacun de manière propre, et notre responsabilité ne peut être engagée des décisions des autres. On regrettera toutefois un jeu d'acteur proche de la récitation plus que de l'émotion, mais le message est passé.
Kassovitz revient. Devant, derrière et partout. C'est la sa force, et sa faiblesse. Il perd en densité ce qu'il gagne en discours. Ce n'est pas son meilleur, ni son pire, ce n'est qu'un pavé de plus dans un parcours artistique malheureusement jalonné d'épisodes chaotiques et de polémiques diverses. Si seulement il était resté derrière, alors le film n'aurait pas souffert de toutes ces imperfections techniques, et dramatiques. N'en reste pas moins un film engagé, sur un épisode sombre et méconnu ,pour beaucoup aujourd'hui, de l'histoire. Je ne pense pas que l'armée française ira voir ou achètera le film si elle l'a manqué.
Il y a des longueurs et des palabres, et la crédibilité des acteurs n'est pas au rendez vous. On souligne cependant le pari un peu fou de Mathieu Kassowitz de réaliser un film sur cette affaire plus politique que militaire.
L'Ordre et la Morale, tantôt politique, tantôt thriller, permet de suivre une intrigue troublante et méconnue avec un Mathieu Kassovitz en grande forme, portant les casquettes de réalisateur et d'acteur principal. Si l'interprétation secondaire reste en demi-teinte, la faute à des personnages manquant de profondeur, le propos n'en demeure pas moins très intéressant, et ce malgré des fautes de rythme assez rédhibitoires. Le film n'est pas sans rappeler "L'Assaut" avec Vincent Elbaz, même si les terroristes ont des revendications totalement différentes. Réaliste et prenant aux tripes, L'Ordre et la Morale plaira à ceux qui apprécient les films politiques, prenant des risques et qui sont prêts à passer sur les menus défauts mentionnés précédemment.
Kassovitz sait raconter une histoire, et il le fait de manière très efficace, avec beaucoup de bonnes idées de mise en scène, mais aussi avec quelques répétitions et allés retours inutiles qui certes sont justifiés par la volonté de retranscrire une certaine réalité, mais alourdissent aussi au final le film, un peu longuet. Cependant en France raconter nos erreurs est une chose plutôt rare et rien que pour ça le film mérite l'attention de tout le monde, surtout quand il y a derrière la caméra un très grand réal.
"Si la vérité blesse, seul le mensonge tue !", mots cruels mais tellement justes qui conclut le film. Dernier brûlot de Matthieu Kassovitz, "L'Ordre et la Morale" est une bombe incendiaire à la fois militaire et politique. Saboté lors de sa sortie il y a 2 ans, ce film est une oeuvre majeure du cinéma français, une pièce magistrale. Le meilleur film de son auteur tant sa réalisation est mature et maîtrisée. Mixant les codes du documentaire et du cinema avec un découpage fluide et nerveux, une caméra qui observe de loin l'action et qui se rapproche des visages dès que la situation l'exige, On peut y lire tension et gravité, réalisme et déception. L'immersion du spectateur est complète et on se sent concerné par chaque ligne de dialogue, chaque mouvement, chaque décision. Un film énorme ! 4,5/5
Probablement une chronique assez fidèle de l'affaire de la grotte d'Ouvéa, mais une bonne chronique ne fait pas un bon film... Kassovitz est certainement passé à côté de ce qu'aurait été un très bon film. Mais peut-être aurait-il fallu abandonner cette idée de centrer l'action sur le négociateur que joue le réalisateur ? Un aller et retour entre la grotte, les indépendantistes et les allées du pouvoir aurait pu être plus intéressant : opposer sans cesse le terrain et l'en-dehors où se prennent les décisions, les médias, notamment, sont trop oubliés dans le scénario. Là, ça n'est pas réussi, c'est même raté et ennuyeux.
Un très bon film qui s'interesse a un épisode sombre de l'histoire française. Kassovitz signe un film brillant et passionnant même si on connaît l'histoire. La mise en scène est efficace et les images sont magnifiques. On suit le parcours d'un homme pris dans une course contre la montre pour tenter de dénouer pacifiquement cette prise d'otage. A conseiller vivement.