Je suis fasciné par le nombre de drame romantique ou comédie romantique qui sortent chaque année. C'est véritablement l'un des genres avec le plus grand potentiel d'indentification. Pour moi, ce qui fait que le film qui s'empare de cette thématique est réussi ou non, est ça justesse. Que les personnages parlent et jouent vrai. Pour Blue Valentine, c'est un hold up. L'histoire raconte la relation entre Cindy et Dean. Dès le départ, on comprend bien qu'on ne nous propose pas un conte de fée, c'est à la place une histoire déchirante, qui gagne en dureté à mesure que les scènes, romantiques à souhait, de leur rencontre se mêlent aux scenes actuelles où leur relation semble se diriger vers une impasse. Comment est-il possible d'en arrivé là, alors que tout semblait sourire aux deux protagonistes ?
Le réalisateur, également scénariste, choisi de ne pas répondre frontalement à la question. Plutôt que de s'éterniser sur les causes, ce sont les conséquences qui éclatent sur l'écran. Regards froid, discussions rudes et surtout, tentatives d'affection qui ne perdent dans l'air valent mille mots. Même sans explications, j'ai l'impression d'avoir tout compris. Cela, grâce à la subtilité du jeu d'acteur et aux dialogues justes et vrais qui ne tombent jamais dans le cliché. Un côté réaliste qui est renforcé avec le profil des personnages. Des gens banales, sans le sous, avec des métiers communs. Et dans un drame ou une comédie romantique, c'est assez rare pour le souligner.
En définitive, moi qui suis tres sensible à la justesse entre les relations des personnages, il m'arrive souvent d'être déçu par un film de ce genre car je n'arrive pas à connecter avec eux, ni à les comprendre. Alors quand j'ai Blue Valentine sous les yeux, je dis : enfin.