35 ans après l'original, "The Killer" vient s'offrir un remake. N'étant pas un fan de l'œuvre de base, je n'avais aucune attente envers celui-ci, mais je dois dire que je comprenais les craintes de certaines personnes. Pour le coup, au-delà de l'idée même que ce film n'avait pas besoin d'une nouvelle adaptation, le fait que ce soit John Woo qui réalise cette seconde version posait question. Si on veut vraiment fournir une nouvelle interprétation de l'œuvre, pourquoi confier cela au réalisateur de l'original ? L'idée était particulière, elle a donc logiquement donné un film tout aussi étrange. Dans l'ensemble, je n'ai pas détesté le long-métrage, mais il est clair qu'il est moins intéressant que le film de base. Même si je ne l'apprécie pas énormément, je reconnais que l'original a une patte vraiment marquée et qui ne laisse pas indifférent. Ici, même si c'est John Woo qui a donné cette identité si particulière au film d'origine, il ne réussit pas à reproduire la chose. L'ensemble s'avère beaucoup plus édulcoré, et plus proche d'une production basique américaine. On a une photographie très éloignée de l'ambiance sombre et froide du premier, celle-ci est ultra lumineuse et sans une réelle recherche au niveau de la gestion des couleurs. On a un humour très présent qui casse un peu trop la tension que le scénario tente de vouloir installer. Et évidemment, les scènes d'actions n'ont rien à voir avec la générosité proposée au sein du précédent, car elles sont beaucoup plus basiques. Certes, John Woo garde certains de ces gimmicks, notamment au niveau d'une envie de ralenti pour les séquences d'actions, mais cela reste très banal malgré tout. Pour le coup, cela ne me dérange pas que ce film aille dans une direction différente de l'original, bien au contraire. Si on y réfléchit, refaire le même film n'aurait rien apporté, le tout aurait été une simple copie. Mais même en sachant cela, je pense qu'il était possible de fournir quelque chose de moins cliché et déjà vu. Via cette approche, on perd tout le dynamisme qui fait la recette de cette histoire, et les longueurs s'accumulent donc. À côté de cela, comme je l'ai dit, je n'ai pas détesté. Par exemple, j'ai aimé la relation entre Omar Sy et Nathalie Emmanuel, et je les trouve assez attachants. Par ailleurs, même si les scènes d'actions perdent leur identité, certaines d'entre elles restent divertissantes. Mais à côté, il y a tout ce que j'ai cité auparavant, ce qui donne l'impression de visionner une œuvre hybride entre un film américain classique et le projet de base. Cela se voit surtout au niveau de la musique, qui est plutôt bonne en général, mais qui va parfois mélanger les thèmes d'un film d'action classique à de la musique jazz, pour un rendu qui sonne vraiment mal. Et ce point, il reflète tout le projet. Ce n'était pas irréaliste de réinventer le film, et je ne trouve pas que ce soit une honte totale pour autant, cette version reste un divertissement honnête. Mais quand on compare à l'identité très forte de l'original, on ne peut qu'être déçu du manque d'idées de ce film de 2024. Pour conclure, une réinterprétation bien trop timide.