Attention chef-d’œuvre ! Après avoir collaboré ensemble lors de la trilogie Pusher, Nicolas Winding Refn et Mads Mikkelsen se retrouvent une nouvelle fois pour nous offrir une oeuvre sublime, une œuvre que l’on n’avait pas aussi bien ressentie et vécue jusqu’au fond de nos tripes depuis bien longtemps : Valhalla Rising. Lire la suite: http://www.leblogducinema.com/2010/06/07/critique-valhalla-rising-le-guerrier-silencieux/
Présenté à tort comme un film de Vikings, dont il se démarque totalement en ne reprennant aucun code du genre, Valhalla Rising a donc pu décevoir tous ceux qui espéraient une grande épopée barbare. Si le film emmène bien bien ces personnage dans un voyage lointain et dangereux, celui-ci est avant tout une illustration par l'image du parcours et de l'évolution intérieure du héros One-Eye. Et c'est en cela que le film est avant tout une aventure métaphysique. Les impressionants décors naturels, balayés par un vent omniprésent, sont autant de représentations de l'état d'esprit du personnage. La dimension irreelle de ces décors est encore renforcée par la photo aux tons contrastés de Morten Søborg et à l'utilisation toujours pertinente du scope par Refn. Le metteur en scène confirme son talent plastique exeptionnel en offrant durant 1h30 des images magnifiques, composées comme autant de tableaux à l'intérieur desquels les protagonistes semblent figés comme des statues et dont le travail sur le son et la musique faite de dissonances renforce l'impact. Film sans complaisance, et qui, bien qu'assez austère, ne demande pas pour autant un effort constant au spectateur, parvenant à l'immerger dans son histoire avec une certaine facilité. Au-delà de ses qualités formelles indéniables, le film de Refn propose une réflexion sur la condition humaine, utilisant pour cela son héros mutique comme prisme, et dont il ne martelle jamais le message, laissant le spectateur entièrement libre d'interprêter les images comme il l'entend. Il faut souligner au passage la performance physique de Mads Mikkelsen donnant une profondeur à son personnage alors même que celui-ci et dépourvu de la parole et de toute émotion apparente. Refn, en faisant de ses vikings des croisés en route vers Jerusalem, se permet aussi un discours assez anticlérical à travers ses guerriers à la recherche de richesses, et que l'arrivée d'une menace inconnue va pousser à projeter vers le monolithique et inpénétrable One-Eye toutes leurs croyances ou leurs haines faisant tour à tour de lui un guerrier venu des enfers ou un nouveau messie. Film facinant à plus d'un titre donc. One-Eye est un personnage qui a une certaine résonance avec le Bronson que Refn a tourné précédemment (même rage contenu), mais le traitement est l'égal opposé. Aridité de la mise en scène et de l'interprétation, plans fixes, dissonances musicales succèdent ainsi à une exubérance formelle, faite de mouvements de caméra et d'effets de ralentis incessants et accompagnée de musique pop. Par cette capacité à l'expérimantation, par sa qualité artistique, son ambition et son refus de céder à toute facilité ou renoncement à sa vision et à son travail de metteur en scène, Nicolas Winding Refn se pose comme un des plus interessants cinéastes de ces 20 dernières années.
Certes, le projet du réalisateur danois peut paraître assez vain. Pourtant, outre la mise en scène virtuose de Nicolas Winding Refn, Valhalla Rising impose un écho mystique, à travers la force de sa symbolique. La longue descente aux Enfers voit les protagonistes basculer lentement dans la folie meurtrière, à l'exception de One-Eye, émanation mécanique du Mal, imperturbable personnage de sang-froid, dont les pensées sont réifiées par les autres personnages. Seul le jeune garçon est suffisamment clairvoyant pour percevoir la complexité du "héros", exacerbée par le regard hypnotique de Mads Mikkelsen. Le film de Refn s'impose comme une fresque brutale et métaphysique, à l'envoûtement indéniable.
Un film radical, très exigeant. Je connaissais le réa dont j'apprécie l'univers, particulièrement la trilogie "pusher". En revanche, j'avais été un peu désarçonné par "bronson". Ici, c'est encore plus déroutant, on se demande d'ailleurs comment un tel projet a pu se faire. Je me suis ennuyé pendant la première partie du film, en revanche lorsque les protagonistes débarquent sur les rives du nouveau monde, je trouve cela plus intriguant. Rien de plus à dire, ce film ne laisse pas indifférent.
"Valhalla Rising" est loin d'être un film complètement inintéressant, il possède des qualités, notamment le jeu de Madds Mikkelsen et le travail visuel exceptionnel... En effet c'est mis en scène de façon tres intéressante, la lumière, les couleurs, c'est tres agréable et tres prenant... Mais malheureusement ca ne suffit pas, et a défaut d'offrir des images tres belles, le film offre des scènes profondément ennuyeuses... L'atmosphère en général est plutôt mal construite et entretenue, ca tourne en rond, c'est mou, c'est absent...
Oublions un peu le cinéma aux structures classiques, aux fils conducteurs linéaires pour nous ouvrir à un cinéma différent : un cinéma sensationnel aux sens où il joue sur les sensations et sur l’inspiration qui en résulte. On peut y voir un film contemplatif bien qu’extrêmement violent parfois, cependant ce film n’est pas caractérisé par une simple esthétique visuelle même si celle-ci soit particulièrement magnifique, le film joue sur des conceptions singulières mystiques et quelque peu hypnotiques qui altèrent la perception traditionnelle, le tout accentué par un environnement sonore brutal en totale adéquation bien que contradictoire avec le silence du guerrier.
"Le guerrier silencieux" est un film hors-normes. Ce travail du son laisse sans voix et avec une drôle de sensation. Mads Mikkelsen se donne corps et âme à son personnage, et la photographie et très belle.
Un film très calme, il y'a peu de dialogue et le scénario quasi inexistant. Paradoxalement, bien que le film soit calme et regorge de peu de dialogues, il nous captive grâce à ses images; les plans et les paysages sont magnifiques et les bruitages nous transportent (le bruit du vent par exemple) et la violence y est crue.
Un film impressionnant, puissant et épique. Traversé de paysages somptueux et par un souffle puissant (beau travail sur le son), le film propose un voyage sensitive, atmosphèrique et abstrait aux confins de la mythologie viking. Les conditions de vies, les comportements violents sonnent juste mais j'aurai aimé voir un peu plus ces guerriers au quotidien. Au lieu de ca, le film prend une dimension mythologique de plus en plus forte au fil de récit au risque de perdre quelques spectateurs . C'est en tous cas un voyage sans retour et marquant qui est proposé au spectateur.
Un film hallucinant ! Quel scope ! Quelle carure ! Si la narration du récit est tout sauf classique (le script doit tenir en 15 lignes), les symboles et les personnages sont lourds de sens. Car si Dieu est absent de ce monde barbare, la figure christique ne l'est pas (incarnée par le héros, venu des enfers, et disparaissant de ce monde (la plongée dans les eaux) en ayant achevé son oeuvre (la pile de pierres sur l'îlot). Le tout sur une musique hypnotysante, dans des paysages merveilleux. Avec Bronson précédamment, ce réalisateur semble bien parti pour nous faire du film métaphysique pendant un certain temps. Moi, j'ai trouvé qu'il y avait des similitudes avec Vinyan de Fabrice du Weltz, notamment sur l'ambiance lourde et la regression de certains personnages au cours du récit. Enfin bon, les amateurs d'action moyennageuse s'emmerderont grave, mais les intentions du film ne sont clairement pas de faire de l'épique, ou alors pas dans un sens qu'apprécie le public. Bon film donc, à étudier de près...
Encore une merveille de mise en scène pour Winding refn qui nous plonge directement et sans tourner autour du pot dans un monde barbare cruelle, le film comporte quelques scènes bien "dégoutante".
La narration est particulière et ne plaira pas à tout le monde, mais ce film est réalisé avec du style.
Un film qui demande une participation évidente du spectateur, car il faut le ressentir.
Clairement le film transporte du début à la fin. L'ambiance un peu étrange, pas trop étouffante est juste comme il faut, en parfaite association avec une musique un peu débridée. Valhalla Rising porte Refn au sommet de son art.