Un film très prenant. Martin Scorsese fait partie de ses réalisateurs sacrés du cinéma dont les œuvres sont considérées comme magistrales. Il nous suffit de voir l'aura dont disposent ses œuvres comme Mean Street, Taxi Driver, Raging Bull, Les Affranchis, Casino, Gangs Of New-York ou encore Les Infiltrés pour se rendre compte de l'immense bonhomme que nous avons là. Peu connaisseur en la matière, le film Shutter Island a toujours attisé ma curiosité, non pas pour ses critiques élogieuses, mais plutôt pour son pitch atypique et un brin intriguant. Alors déçu du voyage ?
Le scénario s'inspire des plus sombres polars du siècle passé. Un Marshall qui se rend sur une île perdue pour y retrouver une patiente qui s'est volatilisée au beau milieu de la nuit. En effet, cette île abrite un hôpital psychiatrique où les patients sont classés en trois type en fonction de leurs dangerosités. Chaque recoin de cette île abrite des secrets bien gardés dont on ne sait rien. Plus l'enquête progresse, plus on découvre des morceaux du puzzle qui grandit et se complexifie. Les indices sont semés sur la route du Marshall afin de nous embrouiller dans nos déductions. Le mystère du film a le don de nous tenir en haleine du début à la fin de l'histoire. Parfois choquante et inquiétante, l'enquête prend une tournure intéressante dans la mesure où l'on sent le côté labyrinthique du scénario. Cela rend le long-métrage encore plus prenant, pour nous renverser littéralement lors de la révélation finale qui surprend, mais qui au vu du film, semble plus que logique. Pour cela, Martin Scorsese maitrise son sujet du début à la fin en nous promenant littéralement dans une histoire improbable où se mêlent le mystère et la raison. Après tout, qu'est-ce que la folie ? Jusqu'où va la paranoïa et la mythomanie ? Qui sommes nous réellement ? Des questions que le personnage sera amené à se poser, tout comme nous qui imaginons la suite des évènements sans se douter que l'on se trompe. Peut être un poil expéditif sur la fin, le film a quand même l'audace de nous passionner, et c'est bien là sa principale force.
Côté casting, le film nous propose un trio de tête incroyable. L'enquête est menée tambour battant par un Leonardo DiCaprio (Titanic, Inception, Arrête-moi si tu Peux) à fond dans la peau de son personnage. De plus, c'est la quatrième collaboration entre DiCaprio et Scorsese. Accompagné par son coéquipier, interprété magistralement par Mark Ruffalo (Zodiac, Avengers), et le directeur de l'établissement dont Ben Kingsley (La Liste de Schindler, Gandhi) est l'interprète, il va très vite se rendre compte que tout ne tourne pas rond dans cet hôpital et que des secrets sont gardés. Chaque acteurs est très bon dans la peau de son personnage, aucun ne surjoue, tous sont vachement crédibles.
La réalisation est très bonne, voire excellente. Les décors sont superbes et bien trouvés. On sent cette atmosphère de prison dont on ne peut s'échapper à travers les long couloirs sombres du bloc C, mais aussi l'immensité de l'île dont chaque crevasse abrite des secrets. Les musiques sont elles aussi superbes, ceci fut possible grâce au travail des deux compositeurs John Powell et Robbie Robertson qui ont su jouer sur les compositions musicales pour accentuer le côté tragique ou au contraire, montrer le côté machiavélique et sombre de l'histoire.
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Les + : l'histoire labyrinthique, les acteurs, la réalisation très nette, le mystère qui tient en haleine jusqu'au bout de la dernière bobine !
Les - : mais une la fin expédiée trop à la va-vite
Shutter Island, c'est avant toute chose une histoire originale qui nous tient en haleine jusqu'au bout et dont on ne sort pas indemne tant elle est bouleversante et tragique. Scorsese réussit un coup de maitre en jouant sur la quête d'identité du héros à travers cette fabuleuse enquête policière. Ceci fut possible grâce au travail des acteurs dont on retiendra l'immense part du boulot réalisé par Leonardo DiCaprio, qui signe au passage sa quatrième collaboration avec Scorsese. Shutter Island, c'est également une réalisation exemplaire où les décors sombres et clairs côtoient les compositions froides et chaudes orchestrées par les deux compositeurs rattachés au film. Une perle !