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NomdeZeus
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3,5
Publiée le 15 septembre 2014
Troisième long-métrage et troisième adaptation de roman pour Paul Verhoeven qui décrit cette fois la difficile ascension sociale d'une jeune femme pendant la révolution industrielle. La description crue que fait le cinéaste de la profonde misère d'une frange de la population néerlandaise n'est pas sans rappeler Émile Zola. Le film aborde frontalement le problème de l'exploitation économique et sexuelle du peuple par les nantis, et les mouvements sociaux qui en résultent. Verhoeven semble avoir plus de moyen que pour ses œuvres précédentes et cela se ressent sur la mise en scène: la reconstitution historique est tout à fait satisfaisante et certains plans rappellent les tableaux des grands maitres flamands. Monique Van De Ven est une nouvelle fois éblouissante dans le rôle de cette jeune femme pleine de fraicheur. Néanmoins, Keetje Tippel pêche par une certaine complaisance dans la misanthropie. Car, si ce n'est pas le film le plus violent du réalisateur, c'est sûrement le plus cynique. La solidarité entre oppressés est toujours dépeinte comme un idéal inatteignable. Même l'héroïne abandonne peu à peu son caractère indomptable pour être finalement dépeinte comme un vampire en fin de film. Beau mais dur!
Amsterdam, 1882, l’exode rural amène les Tippel, les parents et leurs huit enfants dont deux grandes adolescentes, à s’installer dans la pourriture misérable d’un eldorado urbain et illusoire. Encouragés à l’esclavagisme et à la prostitution, y compris du petit garçon, par les parents eux-mêmes, Katie se distingue par son intelligence, sa sensibilité, sa force, sa beauté et sa froideur. Elle connaitra la bestialité, la violence et la vulgarité crasses des conditions des pauvres. Dans une ambiance très axée sur la salacité masculine, la prostitution, la famine, l’obsession de l’argent et la montée de la révolte ouvrière, son ascension dans l’échelle sociale lui fera découvrir que méchanceté, avarice, humiliation, sadisme et déshumanisation sont aussi le lot des milieux plus riches. Apparenté à un scenario d’Emile Zola, ce film 1974, issue de la carrière hollandaise de Paul Verhoeven, raconte le parcours authentique et effroyable de Neel Doff, jeune femme qui se hissa du caniveau à la bourgeoisie. Il souffre hélas d’un rythme saccadé d’une scène sur l’autre, trop dépourvu de fluidité pour se permettre d’y entrer à fond, malgré des acteurs convaincants, dont un certain tout jeune Rutger Hauer. Il est avant tout une biographie et une sombre leçon sur la misère humaine, matérielle et surtout comportementale, plus enlaidie encore par l’aisance et le pouvoir. Il n’oublie pas non plus la beauté plus rare de l’homme, quelle que soit sa condition sociale.
Encore une référence du grand Verhoeven, un film excellent que Katie Tippel, tiré d'une histoire vraie. J'ai toujours apprécié les films d'ascension sociale et celui-ci dénote pour le moins, on partage la souffrance et la douleur de l'héroïne tout comme on se réjouit de la voir gagner du terrain dans cette quête assez tardive au final. La beauté de la réalisation se voit presque à chaque plan, avec le point culminant qui est pour moi la scène dans le parc. Le charisme de Rutger Haueur paraît ne jamais avoir atteint de tels sommets, et enfin la BO harmonise parfaitement le tout. La profondeur du scénario servie par une réalisation d'un tel talent ne pouvait faire qu'un grand film.
Film injustement oublié, qui tient il est vrai plutôt sur sa lumineuse héroïne. Katie Tippel est un Oliver Twist féminin, avec toutes les qualités et défauts du genre, l'avantage étant que le misérabilisme forcé du récit ne plombe jamais le récit, grâce à la combativité de son personnage principal. Si le style de Verhoeven, si caractéristique, ne se retrouve pas entièrement dans le film, Katie Tippel contient en germe ce qui fera ses succès futurs.
Histoire malheureusement vraie, Keetje Tippel est un concentré de situations scabreuses et glauques et d'exploitation humaine. Excellement réalisé, problème : 40 ans plus tard, il a vieilli et on en a vu d'autres qui lui ressemblent beaucoup. On devine déjà "l'intrigue" si intrigue il y a.