Giallo coécrit et réalisé par Dario Argento, Phenomena est un bon film, même s'il souffre de certaines tares. L'histoire nous fait suivre une jeune américaine qui est envoyée par son père, un célèbre acteur, dans un pensionnat pour filles à Zurich, où une série de meurtres de jeunes filles a eu lieu au cours des huit derniers mois. Alors que l'affaire est confiée à l'inspecteur Rudolf Geiger de la police cantonale, qui tente de reconstituer la dynamique des meurtres avec l'aide de l'entomologiste écossais John McGregor, Jennifer, la nouvelle arrivante, est accidentellement témoin d'un nouveau meurtre lors d'une crise de somnambulisme. Ce scénario s'avère prenant à visionner pendant toute sa durée de près de deux heures, même si cette durée se fait ressentir et qu'elle aurait gagnée à être écourtée d'une trentaine de minutes. Car oui, si l'intrigue débute de façon mystérieuse, elle comprend un ventre mou vers son milieu, avant de nous offrir une dernière demi-heure particulièrement réussie. On assiste ainsi tout du long à un récit traitant de nombreux sujets comme le somnambulisme et l'intérêt porté aux insectes. Tout cela donne lieu à quelques scènes esthétiquement marquantes à la faveur de leurs images montrant des cadavres en décompositions rongés par des petites bestioles. L'ambiance se voulant inquiétante et fantastique remplit bien son rôle. L'ensemble est porté par une Jennifer Connelly subissant de nombreuses épreuves pour son premier véritable rôle au cinéma. Son regard magnétique et son visage d'ange juvénile sont véritablement envoûtants et elle marque tout le métrage par sa présence. Elle est entourée par une distribution comprenant également Daria Nicolodi, Dalila Di Lazzaro, Donald Pleasence, Patrick Bauchau, Fiore Argento, Federica Mastroianni, Fiorenza Tessari ou encore Mario Donatone, sans oublier Tanga, le chimpanzé. Tous ces individus entretiennent des rapports avant tout là pour tenter de faire la lumière sur les évènements et de mettre la main sur le bourreau. Des échanges peu profonds soutenus par des dialogues eux aussi peu développés. Sur la forme, la réalisation du cinéaste italien s'avère de très bonne facture. Sa mise en scène bénéficie de mouvements de caméras soignés et d'une jolie photographie alternant entre beaux paysages Suisses et images sombres et violentes. Ce visuel aux deux visages est accompagné par une . percutante aux compositions variés. Si certaines collent parfaitement à l'atmosphère menaçante, d'autres titres hard rock dénotent clairement et sont moins appréciables. Ce cauchemar éveillé s'achève sur une fin satisfaisante venant mettre un terme à Phenomena qui, en conclusion, est un long-métrage méritant d'être découvert.