Je ne suis jamais très enthousiaste de voir porter à l’écran le remake d’un film d’horreur culte. A l’exception de « La colline a des yeux » de Aja, et dans une moindre mesure « Evil dead » de Sam Raimi, ces reprises ont surtout pour unique but un mercantilisme forcené et affichent paresse (copié collé du scénario original), jump scare à profusion et suffisance (orgie d’effets spéciaux, avec en sous-entendu, «moi je sais faire mieux »). « Poltergeist » 2015 tombe un peu dans ce travers, mais réussi à se démarquer par une approche contemporaine bien cernée en toile de fond. Le scénario est proche de l’identique, les scènes clés restent, mais c’est bien l’ambiance qui diffère. Nous sommes très loin des golden eighties de la première version. A l’image de la maison aseptisée (murs vides, déco épurée, mais des grands écrans partout !), c’est tout un univers du quotidien principalement accès sur la technologie qui se veut modifié. L’ère est à l’individualisme, c’est le chacun pour soi qui domine, et le noyau familial en pâtit. C’est dans ce contexte là qu’apparaissent les fameux poltergeist, issus du passé et cherchant la lumière. Rien que le fait d’accentuer ce message, le film par lui-même se donne une nouvelle dimension plus sociologique, voire plus cynique. Gil Kenan y ajoute même quelques petits effets de mise en scène du meilleur cru (le père qui se lave les mains, le château de cartes en suspension…) qui peuvent rivaliser avec le 1er opus. C’est un remake certes, mais qui a l’honnêteté d’en proposer plus. S’il fallait faire un reproche de taille, il teindrait plus sur le rythme. Tobe Hooper, maître en la matière, proposait une montée en puissance sans faille de l’angoisse, ici les scènes d’actions sont souvent sacrifiées au détriment de scènes plan plan, voire burlesques, formant un ensemble somme toute assez disparate. Malgré cela, le film est à moitié réussi et donne quelques bonnes émotions fortes.