Destination Finale 4 – Quand la Mort cale au démarrage mais tente de faire croire qu’elle drift
Tu sens la fatigue dans ce quatrième épisode comme dans le regard d’un prof de techno à deux semaines de la retraite. Destination Finale 4, c’est un peu comme ces mecs qui pensent que rajouter des néons et du Monster Energy sur une Clio la transforme en bolide : du bruit, des étincelles, mais pas un pet de puissance sous le capot.
David R. Ellis revient aux commandes, mais là, le mec conduit bourré. On passe de l'autoroute à la piste de Nascar et tout le monde teurt, sauf l’originalité.
L’intro sur l’accident de course, c’est censé nous coller au siège. Résultat ? On dirait une cinématique PS2 de Burnout Revenge après trois litres de mojito. La scène veut te faire sursauter, mais elle a la nervosité d’un AVC sous calmants. Entre les pneus volants, les barres de fer dans les chakras et les tribunes qui s’écroulent, on sent que le scénariste avait un bon jour au bowling, pas un bon jour à la plume.
Alors là, accroche-toi. Le charisme du héros, c’est une légende urbaine. Bobby Campo, c’est le genre de mec à qui tu confierais même pas le volant d’un caddie à Lidl. On dirait qu’il découvre l’existence des émotions au fur et à mesure que le film avance.
Les autres ? Une galerie de PNJ de GTA Vice City : la meuf qui crie tout le temps, le beauf avec les pecs en mousse, la copine qui sert juste à se faire démembrer en plan large. On les retient à peu près autant qu’une insulte dans une manif de CGT sous la pluie.
Ah, les mises à mort ! C’est censé être le clou du spectacle. Sauf qu’ici, c’est plutôt une agrafe mal clipsée. Oui, c’est toujours inventif : un caillou dans l’œil, une explosion au lavomatic, un décapitage façon galette des rois… mais c’est mou, c’est moche, c’est mal fait.
Les effets numériques donnent envie de caresser un grille-pain : froids, coupants, sans saveur. On a l’impression de mater une vidéo de prévention routière sponsorisée par l’URSSAF.
David R. Ellis, qui avait plutôt géré dans le 2, a ici décidé de poser son cerveau à côté de la caméra. Il filme tout comme s’il voulait faire une pub pour les lunettes 3D de 2009. Des angles improbables, des objets qui volent vers toi parce que “c’est cool”, et des ralentis qui te font regretter l’invention de l’électricité.
La bande-son ? On dirait une playlist Spotify "Thriller ambiance métro ligne 13", fade, générique, inutile. Pas de tension, pas de frissons. Même le montage a l’air de dire : “bon, on finit vite, j’ai un barbecue à 18h”.
La série commençait à accuser le coup avec le 3, mais là c’est la chute libre. Ce quatrième volet est l’incarnation filmique de l’épuisement artistique. On recycle, on ressort les mêmes ficelles, on enrobe ça dans un emballage fluo 3D pour que le spectateur moyen ait l’impression qu’il s’amuse, alors qu’en vrai, il mate la même merde servie tiède.
Le pire ? C’est même pas honteux. C’est pire. C’est tiède. C’est le “meh” du cinéma d’horreur. Une suite faite pour cocher des cases comptables, pas pour flipper les spectateurs.
Destination Finale 4, c’est comme si Freddy Krueger bossait chez Action. La mort est censée être omnisciente, terrifiante, imprévisible. Là, elle ressemble à un fonctionnaire de préfecture : lente, procédurière, et globalement surcotée.
Si t’aimes les scènes gores à la sauce BDE, les personnages creux comme un discours d’Édouard Philippe, et les effets spéciaux qui te filent la migraine, fonce. Sinon, passe ton tour et mate une vidéo d’ascenseur en panne sur YouTube : ce sera plus intense.
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