Kids
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ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 janvier 2016
Un film très fort, un film très dur, un film coup de poing, à la beauté fulgurante mais destructrice. Seul Larry Clarke sait filmer l’adolescence dans son côté noir, nihiliste, sans pitié. On est bien loin des Teen movie américain auxquels on est habitué. Larry Clark filme avec un réalisme cru la vie de jeunes ados, de milieu très modeste, dans le New York down town ,urbain et agressif. Mais il ne juge pas, il nous montre des comportement pas sympa, souvent sauvage rustre, voir abject ( i.e. le « viol » de Chloe Sevigny , complètement « stone », par un de ses copains) presque insoutenable, tant on ne comprend pas , on ne peut pas croire comment on en arrive là !. Larry Clarke décrit le coté sombre de la jeunesse, de « cette » jeunesse, avec un hyperréalisme froid. Les dialogues sont extrêmement fort (les filles parlent crument de leur sexualité, avec une vérité rarement entendues au cinéma). .Ce sont des jeunes livrés à eux même, qui traînent dans le milieu du skate board, du rap, de la contre culture, des squats, pas vraiment rebelles, plutôt marginaux. Beaucoup de drogues autour d’eux, et une attirance pour les premières expériences sexuelles .Le héros principal est un dragueur de jeune fille vierge, il est dans une « performance » pour déflorer le plus possibles de filles, il a une « technique » imparable pour les séduire et les amadouer. .C’est son « trip », c’est sa raison de vivre comme il l’explique. Le problème c’est qu’il n’est pas sain, et on apprendra, qu’il propage aussi la maladie à toutes ces filles (mais on ne sait pas si il est au courant de sa maladie). C’ aurait pu pourrait être un jeune ado sympathique, mais c’est un petit facho, misogyne , brutal, « tortionnaire » d’une certaine manière , ( voir la scène insoutenable de lynchage d’un black) , Mais son cadre de vie est très macho, on est dans des classes populaires, immigrées, pas libérales. On retrouve ces deux bandes de jeunes, (souvent les filles d’un côté et les garçons de l’autre), dans des soirées, dans des appartements. Il y a des scènes superbes comme la scène à la piscine, où le groupe pénètre par effraction la nuit, magnifiquement filmée , les garçons essaient de draguer les filles, avec lourdeur, il y a presque abus, mais finalement deux filles s’embrassent entre elles et se roulent une pelle d’anthologie, cela excite les garçons , mais les énerve aussi beaucoup , on est encore « border line » . L’image est très belle, on voit l’expertise de Clarke comme photographe, mais il ne recherche jamais l’esthétique gratuite, le propos dur et dramatique ne le permettrait pas.Les cadrages sont au millimètre. La bande son de Rock alternatif , est parfaite . Larry Clark est vraiment un des tous grands, Ce film est très proche de son tout dernier « Smell of us », de 2014 , aussi fort ,aussi rebelle et aussi dur, qu’il ne faut surtout pas manquer. A voir en VOD.
JimBo Lebowski

447 abonnés 1 080 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 décembre 2014
Ce film a 20 ans et semble encore toujours d’actualité, deux décennies de sensibilisation contre le virus du SIDA pour en arriver quasiment au même stade, j’ai entendu dire qu’encore aujourd’hui 1 jeune sur 3 n’utilise pas de préservatif, donc à qui la faute ? "Kids" était pourtant là en 1994 comme une oeuvre singulièrement préventive.

Larry Clark filme cette jeunesse suintante d’hormones en ébullition, ne songeant qu’à défleurer, picolant et fumant des sbarres, il tient à démarquer les mâles des femelles, la première catégorie étant un groupuscule de vicieux précocement en proie au priapisme, la seconde de petites loulouttes dociles et résolument victimes de mains baladeuses dans leurs petites culottes en dentelles, l’alchimie saupoudrée des vapeurs d’alcool et de fumée de ganja enfantera le pire, symptomatique d’une folie animale insouciante et inconsciente.
Ce qu’il y a d’intéressant dans ce film c’est qu’il n’y a pas de réelle empathie, on est loin d’un "Philadelphia", ces jeunes gens sont dépeints avec énormément de mépris, franchement ils sont insupportables, toute cette beaufitude est consternante, pendant 1h30 ça ne parle que de bite, de chatte, d’expérience sexuelle, d’homophobie, et le seul moment où la maladie est évoquée c’est pour en conclure que ça n’est qu’une sorte de légende urbaine, cette bande de cons préfère en ricaner entre deux gorgés de bière tiède.

Le personnage de Chloë Sevigny est le point d’encrage de "Kids", dont on annonce la séropositivité comme si on lui avait diagnostiquée une angine, elle déambulera dans l’indifférence à la recherche de son bourreau vaginal, entre solitude, larmes de désespoir et constante léthargie, c’est la seule et unique personne pour laquelle on peut avoir un minimum de sympathie.
Mais de manière générale le constat est accablant, personne n’est réellement à sauver, on ressent un léger sentiment de misanthropie, et Clark ne se prive pas pour noircir le tableau jusqu’au bout, entre le fléau serial-fucker qui culbute à tour de verge, l’arroseur arrosé nécrophile et ces gosses affalés au sol bouche béante, le final résonne comme une introduction post-apocalyptique à la morale terriblement acerbe.

"Kids" est un film coup de poing volontairement sarcastique et grinçant qui met en exergue la naïveté de cette jeunesse favorisant les plaisirs artificiels tandis que la plus macabre des réalités les guettent le sourire en coin, Larry Clark réussi a capter avec talent tout ce marasme dégoulinant et se pose comme un réalisateur couillu qui ose faire élever les consciences sans les brosser dans le sens du poil, la faute en revient à cette inconscience, toutes les préventions du monde n’y changeront malheureusement rien.
gabdias
gabdias

120 abonnés 2 000 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mars 2014
Larry Clark a en lui ce génie unique de filmer cette jeunesse décadente avec une verve et une puissance qui lui est propre. Tout aussi intense que dérangeant, tout aussi haletant qu'émouvant, Larry Clark nous claque une droite dans la tronche que l'on se souviendra longtemps. Pour l'optimisme on repassera une autre fois.
xavierch
xavierch

54 abonnés 1 167 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 janvier 2017
Un film coup de poing, sur une jeunesse détestable, qui montre tous les travers possibles et imaginables que l'humain peut avoir sans éducation. Le fond du film est intéressant, mais la forme m'a laissé sur ma faim, mais peut être cette réalisation grise et documentaire était-elle le seul moyen de filmer ce sujet.
Sylvain P

387 abonnés 1 429 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 février 2008
Chronique adolescente choc mais somme toute banale et finalement, on s'ennuie un peu devant le vide de cette journée... En outre, le doublage français est calamiteux.
Kloden
Kloden

147 abonnés 997 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 avril 2015
Avec des noms comme Gus Van Sant (Elephant) à la production ou Harmony Korine (Spring Breakers) au scénario, il était évident que Kids allait traiter de l'adolescence. Il ouvre même une carrière de réalisateur, celle de Larry Clark, qui se consacrera au sujet de manière récurrente par la suite. Ce premier film est déjà porteur d'une vision très forte, ne prenant aucune pincette pour dresser le tableau d'une certaine jeunesse new-yorkaise complètement dépravée. Il s'aide assez habilement de la vision consensuelle du sexe montrée au cinéma, c'est à dire justement une vision érotisée et élaguée de son visage trivial et organique, pour jouer de ses codes et du décalage glauque qui se met en place de lui-même lorsqu'on filme le sexe pour ce qu'il est d'un point de vue primaire. Clark se veut choquant, et l'est par moments mais son regard manque un peu trop de nuances et d'empathie pour que ses moments glauques aient réellement l'impact escompté. Ses personnages, garçons comme filles, sont perdus dès le départ, et le réalisateur oublie par exemple de montrer ce qu'ils auraient pu être, voire la part de beauté qui leur reste, pour jouer correctement sur le désir du spectateur de les voir s'en sortir. Au lieu de ça, on se limite à un constat plutôt clinique du fait que ces ados sont perdus, et s'abîment dans le dernier ressort dont ils se sont persuadés un peu tôt qu'il les maintenait vivants. Un constat d'une heure trente, ça peut quand même paraître un peu long. Un peu plus de lumière, celle que laisse entrevoir la scène du taxi, par exemple, m'aurait vraiment permis de respirer, et par conséquent de ressentir dans une meilleure mesure l'asphyxie quand Clark aurait voulu me replonger dans la nasse. Par exemple, l'une des rares scènes qui m'a choqué (en dehors de la scène d'ouverture, qui choque justement, au-delà de son contenu, parce que c'est la première et donc que je n'étais pas habitué au regard déprimé que Kids pose sur cette jeunesse), c'est celle où les adolescentes discutent de leur sexualité sans complexe, de manière complètement désacralisante et triviale. C'est sans doute cliché je sais, mais voir des gars sauter sur tout ce qui bouge me gênera moins que voir des membres de la gent féminine discuter avec tellement de détachement et de vulgarité de choses si intimes. Sans avancer d'explications biologiques (qui pourraient proposer une viatique très solide à cette pensée, que d'aucuns pourraient penser flirter avec du sexisme), il me parait tout simplement que le sexe, pour la femme, est quand même beaucoup plus intrusif que pour l'homme, et qu'il est de fait davantage lié à un certain besoin de se préserver. Rajoutez à cela l'image séculaire de pureté construite autour du sexe féminin, et vous avez là une voie royale dans laquelle Larry Clark peut s'engouffrer tranquillement et vraiment gêner le spectateur, simplement en laissant parler ces jeunes filles pour qui donner leur corps à tout va est apparemment devenu un idéal de vie. C'est bien la preuve, en tout cas, qu'être marquant, dans ce genre d'entreprise, est beaucoup plus facile lorsque l'on brise un idéal, et que le noir n'est jamais si opaque que lorsqu'on vient tout juste d'éteindre la lumière. Voilà pourquoi Kids ne m'aura que peu inspiré, malgré un désir évident de s'imposer à l'esprit. Trop monochrome pour émouvoir vraiment.
aberdeen76
aberdeen76

58 abonnés 1 014 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 novembre 2011
Larry CLark nous livre avec Kids une œuvre dérangeante, crue mais réaliste sur une jeunesse insouciante et sans repères, une jeunesse décadente et livrée à elle même. Un film choquant, voir même éprouvant sur des ados perdus, ponctuant leur quotidien de drogues, de sexe d'alcool et de violence. Un portrait bien glauque mais captivant de la jeunesse américaine qui à eu le mérite de sensibiliser les jeunes sur le VIH. Un film captivant.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 30 novembre 2009
La claque, à l'époque en France, on se croyait rebels avec nos baggy, nos virées en skate et nos fêtes à la bière ; ce film nous montre une amerique encore plus déjantée, violence extreme, racisme, drogues dures...un quasi reportage à garder bien au chaud pour se souvenir.
Silence ça tourne
Silence ça tourne

27 abonnés 188 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 avril 2021
Avant de réaliser son premier film Kids, Larry Clark était un photographe réputé qui a entre autre influencé Taxi Driver de Martin Scorsese. J'ai toujours eu du mal à me lancer dans le cinéma de Larry Clark, réputé pour un cinéma sans concession. C'est enfin fait et je peux dire que j'ai apprécié l'expérience malgré la dureté de son propos. A sa sortie, il connu pas mal de controverse par les thèmes qu'il aborde, et fut même interdit au moins de 17ans à sa sortie au Etats-Unis. Malgré ceci Kids a reçu des critiques élogieuses, et à atteint au statut culte pour certains. Pendant les années 90, et l'apparition du sida, on suit d'une manière ultra réaliste une certaine jeunesse New-Yorkaise sans repère et perdu, n'ayant comme seul obsession, la drogue, et le sexe. Ce qui est super intéressant dans ce film c'est l'ultra réalisme, quasi documentaire. On est plongé dans l'univers de ses jeunes tous non acteurs à cette époque. Leurs jeux sont extrêmement authentiques par la façon dont ils bougent et ils causent. Certains connurent d'ailleurs un destin tragique comme Justin Pierce, et d'autres deviendront de grandes actrices comme Rosario Dawson et Chloë Sevigny. Le film ne possède pas vraiment de point vu, et il n'y a pas de ligne narrative vraiment poussé. Il se contente de filmer cet environnement, et la sensation de voyeurisme, peu paraitre malaisante dans les scènes choquantes. Sentiment renforcé par certains personnages antipathiques au possible. Le film ne fait aucun concession et se contente de dépeindre cette jeunesse. Kids est une expérience douloureuse mais au propos puissant et s'avère être un film important dans la prévention contre le sida.
jthuil
jthuil

22 abonnés 364 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 juin 2015
Premier film de Larry Clark, Kids est une oeuvre underground, provocatrice et sulfureuse qui décrivait l'adolescence comme jamais on ne l'avait fait, à base de sexe frontal, de défonce et de beastie boys. 20 ans plus tard, au bilan, il faut remarquer que la filmographie du réalisateur est composée presque exclusivement d'ersatz de Kids.
Ramm-MeinLieberKritiker-Stein
Ramm-MeinLieberKritiker-Stein

148 abonnés 544 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 février 2015
Larry Clark est un magicien. À chacun de ses films, il inaugure des histoires. Dans celle-ci, par exemple, on suit les folles aventures un groupe de jeunes qui partent à la chasse aux pucelles. Mais c'est bien seulement avec Larry Clark qu'on a droit à une transposition sentimentaliste à travers le regard perdu d'une future femme atteinte du Sida, et tentant d'intervenir face aux horreurs que commet son ancien "amour". Il est très rare de voir une telle force de désespoir dans les yeux d'une débutante, et c'est bien pour ça que le final troublant imposé par Clark fait autant froid dans le dos! Il nous est montré férocement à quel point le sexe, voire son début d'addiction, accompagnés de la drogue, de l'alcool et d'idées préconçues, peuvent être fatales! C'est aussi, à côté de ça, un objet filmique extrêmement bien pensé! Et qui contient un fond de vérité jamais dur envers cette communauté, ça non... Toute l'idée penche plus vers la justesse des propos. Une grande claque!
Uncertainregard
Uncertainregard

140 abonnés 1 285 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 mai 2010
Dès sa 1ère oeuvre, monsieur Larry Clark nous montre toute l'étendu de son talent. C'est jeune, c'est dur et provoquant mais qu'est-ce-que c'est beau!
Carne
Carne

106 abonnés 1 116 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 février 2007
Le premier film de Larry Clark est à l’image des suivants et il fait très mal. Décrivant une jeunesse pourrie sans la moindre concession et sans poser de clé morale, Kids ne laisse pas indifférent et rebute autant qu’il passionne. N’est-ce ce pas le propre du vrai cinéma, c’est-à-dire de l’art ?
Shékiinä .
Shékiinä .

66 abonnés 678 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 novembre 2014
Kids est un film dur et cru dans son Langage au sens propre comme au figuré, et qui met en garde des risques de la transmission du sida (il faut savoir que le film est sorti dans les années 90 ! à l'époque les gens n'étaient pas aussi bien informés qu'aujourd'hui sur la prise en charge de cette maladie). La caméra de Larry Clark filme la jeunesse de manière brute, avec beaucoup de réalisme et d'énergie comme peu de réalisateur savent le faire ou oseraient le faire. Si ce film et trash ce n'est pas uniquement dans le but de secouer les bonnes mœurs ; je pense que le cinéma de Larry Clark (que je n'appréciait pourtant pas par le passé) va chercher plus loin que ça ; en fait la technique de dénonciation de Larry Clark repose sur : plus c'est trash, moins l'idée de reproduire ces actes fait envie tellement le portrait est peu reluisant.
stebbins

563 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 mars 2008
Produit par Gus Van Sant ( l'un de mes réalisateurs préférés ), le premier film de Larry Clark est aussi le plus choquant : aucune retenue dans la crudité des dialogues, pas la moindre scène sans drogues ou sexe, réalisation scabreuse voire tendancieuse...Complaisant ? Certainement, mais je souhaiterais ajouter deux choses qui me tiennent à coeur : la première, c'est que le talent de photographe de Larry Clark respire d'un bout à l'autre du métrage . La deuxième : se doit-on de juger une oeuvre d'Art ( quelle qu'elle soit ) d'un point de vue moral ? Je pense que non ( dans le cas contraire, l'oeuvre de Céline serait illisible ), dans la mesure où le Beau et le Bien sont deux choses différentes ( je n'invente rien, mais je vous renvoie à la philosophie de Kant et sur ce qu'il appelle le plaisir désintéressé ). Alors oui, Kids est un beau film, bien que très choquant ( Larry Clark n'a jamais été aussi loin dans la noirceur, excepté peut-être avec Ken Park )...et puis finalement, je trouve ce film assez moral : n'avez vous pas ressenti le respect que porte le cinéaste sur ces jeunes paumés ? Si, si cherchez bien : il est tangible. Marquant.
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