Avec Kids, Larry Clark nous propose de suivre le quotidien d'adolescents mineurs vivant à New-York durant l'été. Jusque là rien à dire, sauf que les jeunes protagonistes en question, hormis le personnage joué par Chloë Sevigny, sont des obsédés du cul, drogués, accros à l'alcool, violents, voleurs, sales et branleurs. Là où le filme est particulièrement mauvais de mon point de vue, c'est que par sa bande-son et sa photographie il cherche à nous rendre sympathiques de vraies raclures.
Vous aurez ainsi le loisir de voir un jeune petit con prendre un malin plaisir à manipuler des vierges pour les dépuceler en leur faisant croire qu'il est attaché à elles alors qu'il les traite comme des objets sexuels pour assouvir ses fantasmes de perversion de pucelles. Mais hormis cela, vous aurez droit
à un viol, à un lynchage lâche où plusieurs jeunes de la bande de l'un des glorieux "héros" tabassent un mec le laissant quasiment pour mort
, à des scènes à n'en plus finir de fumage de joints avec des dialogues d'une poésie remarquable, et à des scènes tout aussi interminables de roulage de pelles, bref ceux qui y voient un chef d'oeuvre doivent avoir des affinités avec le mode de vie des protagonistes...
En plus de cela, il y a tout un tas de petits détails charmants, des chapardages dans une boutique avec insultes à la clé, un coup de pied donné à un chat domestique, une séance de baignade clandestine dans la piscine publique, et à deux petites scènes où un mec urine contre un mur et un autre urine juste à côté de la tête d'un jeune endormi...
Toutes ces scènes montrent le vide sidéral d'une jeunesse inculte, sans valeurs, laissées à ses pulsions les plus morbides. On retiendra certaines phrases magnifiques comme "Quitte à crever, je préfère crever en baisant", "Si on m'enlève la baise, j'ai plus rien", ou "la vie c'est la jungle" dira l'un des "héros" après avoir lynché un type tout en ricanant stupidement.
Je vous dit c'est un vrai chef d'oeuvre...