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Un visiteur
5,0
Publiée le 1 janvier 2009
je suis Italien, j'habite dans l'Italie du sud, je vous conseille "Il Divo", car c'est un des meilleurs films sur le pouvoir que j'aie jamais vu, mais surtout, le style de ce film est incroyable!!! J'ai vu tous les films de Sorrentino et je considère "Il Divo" son meilleur. Selon moi, c'est le meilleur film Italien de l'année.
Voilà un film historico-politique terriblement noir, cynique et pessimiste. D'après un personnage parmi les plus influents et puissants de l'Italie d'après-guerre Paolo Sorrentino décrit en fait les difficultés d'être au pouvoir. Le scénario est riche et particulièrement intelligent en évitant les écueils du genre (rester neutre, objectivité, suppositions). La mise en scène est particulièrement inspirée avec des plans inventifs hors de tout académisme. Toni Servillo qui, malgré un une concentration extrème et un vrai travail de fond, ne peut empêcher de pousser la performance jusqu'à une caricature sans doute too much. En évitant d'être trop explicatif et de donner trop de précisions le cinéaste pause un autre problème celui ne rendre certains propos confus notamment la partie juste avant le procès. Les points faibles sont peu nombreux et en fin de compte sans gravité. Ce film est une vraie surprise et une vraie réussite. Paolo Sorrentino est à surveiller, sa mise en scène créative promet.
J'avais pas été pleinement emballé par "La Grande Bellezza" du même réalisateur, Paolo Sorrentino, mais l'interprétation du charismatique et talentueux Toni Servillo dans le rôle principal m'avait bluffé... Là c'est exactement la même chose mais en encore plus marqué. On n'a pas du tout l'impression que Toni Servillo joue un rôle mais est le rôle. Il est totalement incroyable dans la peau de Giulio Andreotti, véritable prédateur de la classe politique italienne, ne se départissant jamais d'un impressionnant calme olympien, qui avait des relations disons-le assez étroites avec la Mafia et qui a eu un rôle prépondérant dans certaines heures les plus sombres du pays à l'instar de l'assassinat d'Aldo Moro. Un sujet passionnant joué par un acteur formidable mais qui se perd totalement dans une réalisation à la mitrailleuse, croulant sous une avalanche de noms aussitôt oubliés après qu'ils se soient affichés et d'une succession de scènes passées à une vitesse frénétique qui finit très vite par lasser. Je n'ai pas du tout adhéré.
La forme est vraiment sympa, les acteurs très bons et le sujet des plus pertinents mais j'aurais préféré un scénario plus élagué pour retracer la vie de ce personnage incroyable vu le nombre d'informations que Paolo Sorrentino nous contraint à ingurgiter ce qui fait qu'on perd souvent le fil...
Typiquement "Il Divo" est l'un de ces films impossibles à juger de manière « objective » : le film, traité à la fois de manière personnelle et réaliste par Paolo Sorrentino, évoque de telle manière la vie du politicien Giulio Andreotti qu’il est difficile de ne pas prendre parti. La reconstitution des différentes décennies est bien faite, très riche en détails (beaucoup de personnages et de noms à retenir entre autres !), et les comédiens assurent le boulot. Parmi eux, Toni Servillo est particulièrement remarquable dans le rôle d’Andreotti : avec sa prestation de qualité on croirait presque revoir l’homme politique en action, affublé en permanence de son air mi-impassible mi-glacial et d’un sang-froid à toute épreuve. C’aurait pu être vraiment bien si la mise en scène de Sorrentino n’était pas aussi apathique : à vouloir trop prendre son temps, il s’arrête sur un nombre de détails trop importants et perd parfois son spectateur en route quand il ne l’ennuie pas. Un peu dommage, cependant "Il Divo" reste regardable.
Une suite de clips musicaux, une longue bande-annonce faite de plans ultra-léchés, de ralentis pompeux et de travellings enchaînés jusqu’à l’écœurement, pour mettre en scène un personnage de pythie glaciale et sans relief, qui ne s’exprime que par aphorismes creux et évolue dans une ambiance de surréalisme mou. Sorrentino prend une page d’histoire italienne dans laquelle il est déjà difficile de s’immerger en tant que spectateur étranger, et la déconstruit tellement qu’il n’en reste plus ni récit ni film. Au milieu de ce magma indigeste surnage un numéro d’acteur-transformiste jusqu’au-boutiste, tellement perdu au milieu de cette esthétique tape-à-l’œil qu’il en devient absurde.
Difficile de saisir tous les détails quand on est pas un grand connaisseur de la politique italienne. Il n'empêche qu'Andreotti a quelque chose de fascinant, sûrement par sa froideur, par sa gestuelle minimaliste, contrastant avec les palabres agitées de son entourage politique.
Un chef-d’œuvre par ses petits mots perplexes et d’autres grandes phrases complexes, j’apprends comme une écolière studieuse à connaître l’histoire politique italienne par sa personnalité qui l’a marqué, salut à tous les novices en la matière. Le reste et des détails insignifiants que je zapperai volontiers, à coup d’égratignure flingueur sur le portrait de cet homme avisé, vieux électeurs nourris par la pourriture puisé de son verger. Septième mandat céleste en redemande tellement que c’est bon le pouvoir accrocheur qui rend aveugle du soutien mafieux, une longue histoire familiale cercle privé particulier, le parrainage de leurs obscures illustres homologues italo-américains d’outre-mer, ça fait beaucoup d’intrigue avec ces batailles politiques venues du paysage italien de tout bord impliqué que s’en est difficile de faire la différence. Du bourrage de dynamite explosif dans la mise en scène course automobile, où les assassinats et autodestructions avant le coinçage pour malversation, sont légions tout au long, au profit d’un tableau baroque contemporain. Le relais du cinéma esprit es-tu là Fellini, dégustant chaleureusement avec beaucoup d’humour des véreux de la mozzarella perfetto, alors vous avez bien compris ?
Avec la manière dont il est tourné, Il Divo est le genre de film un peu tangent, qui peut vite agacer. En effet, Sorrentino n'utilise aucune trame classique où on part d'un point pour arriver à un autre. Ici, on assiste à une espèce de "série de sketchs" qui brouille les pistes et perd le spectateurs. De plus, l'abus de musique nuit aux scènes car on a l'impression légèreté, rien n'est sérieux (un comble pour un film que dénonce le super pouvoir d'un homme politique). Bref le film aurait peut être mérité une réalisation pour conventionnelle.
Une réussite, dans laquelle les défauts des œuvres précédentes du cinéaste (clinquant, couleurs kitsch, théâtralisation) s'estompent au profit d'une satire enlevée d'un magnat de la politique italienne. Malgré l'hommage à tout un courant du cinéma italien, celui des Petri et des Rosi, l'humour et certaines tonalités presque surréalistes font plutôt songer à une veine plus baroque du 7e art transalpin, les pantins arpentant les couloirs des palais ministériels ayant pu être échappés de l'univers de Fellini. Toni Servillo, acteur fétiche du cinéaste, impose sa trogne insolite dans cet « opéra-rock politique » tant divertissant que sarcastique.
Oeuvre étrange et iconoclaste, Il Divo est une biographie étrange et vraiment à part avec des partis-pris visuels aussi extrêmes qu'original. Retraçant la vie d'un ponte de la politique Italienne, le film prend le risque de transformer son héros en cynique pince-sans-rire plus spectateur qu'acteur des événements. Si le résultat à d'indéniable qualité, il fait souvent dans le mauvais goût comme une esthétisme moche et une musique techno horrible d'un autre âge. Mais d'un autre côté c'est brillamment interprété et terriblement osé comme procédé. Au final, il est difficile de donner un avis un film aussi orignal qu'irritant mais qui mérite d'être vu
So what ? Quand on s'intéresse un tant soit peu à la politique on sait qu'aucun haut dirigeant n'a les mains propres. Quand on s'intéresse à l'histoire italienne -même de loin- on sait que la Mafia et le Vatican y tirent à peu près toutes les ficelles. La seule chose qui m'ait paru intéressante dans ce film c'est le bonhomme Andreotti lui-même, cette espèce de gnome impassible qui s'en sort toujours. Le fait qu'on puisse faire un tel film en Italie mérite aussi d'être salué. En France ce serait moins sûr. La mise en scène esthétisante n'apporte pour moi rien à un film qui se veut politique et se révèle même agaçante. En résumé : revoir le Parrain III est bien plus intéressant et passionnant.
Cette virée dans les coulisses politiques italiennes actuelles me laissent partagée à cause de son traitement à grandes louchées qu'on a à peine le temps d'ingurgiter. On se doute bien qu'à l'ère berlusconienne, la perversion du pouvoir est à son paroxysme, en Italie juste un peu plus qu'ailleurs, à cause de l'officielle Mafia. Le personnage d'Andreotti est presqu'une marionnette avec ses oreilles en anse d'amphore, d'un comique funèbre au bout de ses monocordes sentences... Certes beaucoup de mérite à dévoiler les complots, mais c'est vite fatigant, comme le sont ces perpétuels "déconneurs" qui vous obligent à leur sens de l'humour (sans vous demander le vôtre), et sinon vous n'avez pas d'humour. Dans le genre, pas trop raffolé non plus de "Gomorra". Trop adepte de "Romanzo Criminale", non pour un parti pris quelconque, mais parce que c'est romancé un minimum !
Ne connaissant rien à la politique italienne de cette époque car étant trop jeune pour l'avoir vécue, ce film m'a profondément ennuyé ! Ce n'est qu'une suite de scènes sans liens apparents avec des dizaines de protagonistes qui ne m'évoquent rien. A éviter absolument si vous êtes trop jeune ou sans connaissances sur le sujet !! Une étoile pour le jeu de l'acteur principal.
Prenant le parti d'éviter la biographie classique, Paolo Sorrentino s'est fait remarquer cette année sur la Croisette par cet inattendu et cinglant portrait de l'un des plus grands leaders de la DC durant de longues années. Relativement fourni en terme d'informations, "Il Divo" nécessite des bases solides en politique Italienne. J'avoue moi-même, malgré des connaissances ici et là et quelques repères importants, ne plus avoir été capable par instants de faire sans cesse le lien entre ce qui était présenté (dans la mesure où le réalisateur a construit un long-métrage quasi-militant et forcément orienté) et ce que j'avais pu lire sur tel ou tel événement. Rassurez-vous, nous ne sommes pas non plus dans une investigation d'Enarque et la majeure partie du film est claire, tout à fait saisissable même pour quiconque aurait envie de se plonger dedans. Ce qui ressort donc en premier lieu de ce film est une violente charge contre un pouvoir Démocrate-Chrétien largement corrompu (cela a été prouvé maintes fois par la suite), ayant tissé des liens très clairs avec la Mafia dans le Sud, s'étant rendu coupable (plus ou moins explicitement) d'assassinats divers tels que ceux très célèbres du général Dalla Chiesa, du juge Falcone et d'autres personnalités politiques diverses... Et que dire de l'attentisme intéressé face à l'enlèvement d'Aldo Moro ? Extrêmement virulent dans ce qu'il énonce, Sorrentino ne se calme pas sur la forme, tournant en ridicule ces marionnettes pourries jusqu'à l'os, mettant le doigt sur leurs personnalités immatures, incompétentes, avares et égoïstes qui les ont très tôt fait s'éloigner des préoccupations réelles du peuple. "Une oligarchie de clowns" semble nous dire le cinéaste. Optant pour une mise en scène stylisée, il alimente son film d'un humour réjouissant et de séquences imaginatives. On lui pardonnera les limites de sa démonstration nées d'un point de vue refusant parfois de faire la part des choses ainsi que de quelques anecdotes embrouillées.