Une réussite, dans laquelle les défauts des œuvres précédentes du cinéaste (clinquant, couleurs kitsch, théâtralisation) s'estompent au profit d'une satire enlevée d'un magnat de la politique italienne. Malgré l'hommage à tout un courant du cinéma italien, celui des Petri et des Rosi, l'humour et certaines tonalités presque surréalistes font plutôt songer à une veine plus baroque du 7e art transalpin, les pantins arpentant les couloirs des palais ministériels ayant pu être échappés de l'univers de Fellini. Toni Servillo, acteur fétiche du cinéaste, impose sa trogne insolite dans cet « opéra-rock politique » tant divertissant que sarcastique.
Un film inclassable très proche d'un documentaire qui retrace à travers Andreotti l'histoire de la démocratie chrétienne et de son dirigeant le plus emblématique .Le portrait est saisissant original l'acteur fait une composition éblouissante et rend parfaitement la complexité du personnage .La mise en scéne est originale et permet de maintenir un rythme élévé tout au long de ce film . Bien sur ceux qui attendent du nouveau sur les multiples affaires évoquées seront déçus ; il s'agit d'une plaidoirie à charge sans la moindre preuve ce qui pour moi rend le film encore plus savoureux . à voir absolument .
Au contraire de la majorité, je vais m'avouer plus enthousiaste sur le précédent film de Sorrentino, l'excellent "L'ami de la famille", que sur ce faux biopic rock'n'roll du ministre italien Giulio Andreotti qui, s'il fait preuve d'une indiscutable performance visuelle et technique, ne décolle pas plus haut que ses sautes d'humour réjouissantes. Sorrentino sait évidemment filmer, avec une classe, un style fou dont il est l'un des rares défendeurs aujourd'hui. Son cinéma est sur-stylisé à l'extrême, balançant facilement dans le clip foutraque, pourtant la rigueur formelle empêche le film d'agir ainsi sur son sujet. L'utilisation des musiques, du classique au rock, donne l'impression que chaque séquence a été réalisée sur une base musicale, mais attention, si le film peut paraître musical, il n'est aucunement ce que l'on appelle quotidiennement une 'comédie musicale' , même si les gestes scéniques des personnages semblent pensés en liaison avec la musique. Le film s'épargne ce décalage vulgaire et utilise la musique à des fins purement efficaces, sans jamais devoir souligner sommairement l'action, bien au contraire. Sorrentino est un grand faiseur d'images, il cultive le décalage (de l'image, de la musique donc), il cultive l'humour bouffon et moqueur, la pensée critique et destructive. Pour tout dire, on a mal pour les politicards qui sont décrits dans son film tant leurs airs de porcs sautent aux yeux. Pourtant, une chose ne convainc pas dans "Il Divo", c'est sa construction chaotique et imprévisible, pour ne pas dire incompréhensible. A la fois les termes du milieu utilisés paraissent anecdotiques pour qui ne les connaît pas, alors qu'ils sont essentiels pour comprendre la continuité du film. Le manque de glossaire (fausse accusation me direz-vous puisque le cinéaste prend bien soin, avant le film, de nous expliquer quelques termes complexes), ou du moins le manque de glossaire dans leur ancrage historique, laisse le spectateur à terre, d'autant que l'inutile compl