En exergue, l'auteur à la bonne idée de donner quelques clés de la politique italienne. Car, si l'intrigue se déroule à l'époque pas si lointaine du début des années 90, au moment de la chute du dernier gouvernement de Giulio Andreotti, elle se réfère souvent au passé et à l'histoire de Démocratie Chrétienne dont Andreotti, figure incontournable de la vie politique italienne depuis l'après-guerre et sujet du film, est le dirigeant emblématique.
Sensuel et élégant, sous les ors des palais gouvernementaux, parfois facétieux, le film de Paolo Sorrentino, pour n'être pas de ce cinéma politique engagé des années 70, n'en demeure pas moins une oeuvre inspirée et intéressante? Où l'on découvre Andreotti, maintes fois ministres et président du Conseil, mains jointes et tête entrée dans les épaules, au terme de sa carrière et à l'aube de l'opération "Mains propres" dont il est un des principaux accusés. Sa longévité politique, sa grande culture et sa malice font de lui, pour ces seules raisons, le Mitterrand italien. Pour le reste, sous ses dehors de sage impénétrable, chétif et pieux (brillante composition de Toni Servillo), Andreotti est aussi cet homme trouble, suspect de traitrises et surtout de lien mafieux et de meurtres commandités!
Sorrentino ne fait pas un réquisitoire, il tente de percer le mystère et les secrets du plus omniprésent des hommes politiques italiens de la deuxième partie du siècle.