Chia-Liang Liu alias Lau Kar Leung est à la fois le metteur en scène, le scénariste et l'un des acteurs principaux de Lady Kung-fu. Sur la base d'un scénario simplet, il nous convie à une grosse farce comique, imitant ainsi quelques films de Jacky Chan. Derrière un kung-fu qu'on pourrait qualifier de bouffon, se cache en réalité de vrais talents de jouteurs alternant phases cocasses, souplesse, duels au sabre et autres armes diverses, donnant lieu à des combats de qualité, notamment à la fin de l'histoire. Les acteurs ne se prennent pas au sérieux et nous livrent un ballet guignolesque. Cependant, Il ne faut pas s'attendre à un grand film. Cela reste au niveau du spectacle basique mais divertissant.
Cheung Booi célèbre le métissage culturel en s’attachant au parcours émancipatoire d’une jeune femme dont l’éducation rigoureuse se heurte à l’insolence d’un jeune héritier à peine revenu des États-Unis et de sa bande d’amis marmonnant quelques mots d’anglais intégrés artificiellement à leurs discours : elle est issue de la campagne, porte vêtements et traditions qui détonent dans un univers urbain influencé par la mode américaine, la littérature européenne, la musique d’ailleurs, maîtrise cependant l’art du kung-fu nécessaire à sa défense et au respect de ses valeurs. Le film juxtapose des séquences parodiques dont l’intérêt est de représenter autant de tentatives d’intégration d’une matière extérieure au territoire national : les jeux de spoiler: séduction chorégraphiés rappellent ceux du musical West Side Story (1957), l’évocation d’un amour à la Roméo et Juliette est redoublée par le thème musical de Nino Rota, les affrontements en déguisements de mousquetaires empruntent au film de cape et d’épée avec son immanquable combat dans l’escalier, la fanfare militaire résonne çà et là avant d’accompagner les stratégies militaires adoptées spoiler: dans un petit Vietnam recréé à l’aide de tenues de soldat et d’épouvantails en osier , l’interruption du spectacle par un inspecteur et ses associés fait glisser l’ensemble, durant quelques instants, dans le polar… Bref, le long métrage est une « foreign-style party », selon les mots dudit inspecteur – traduits ici en anglais – et fait feu de tout bois ; tout en s’attachant à des stéréotypes, il laisse libre cours à la puissance de la femme, physique et séductrice, s’amuse des artifices déployés pour la transformer (rouge à lèvre, perruques, longue robe…) et atteste une maîtrise tant tonale – le comique de situation entre Dai-nan et Jing-chuen est délicieux – que visuelle. Malgré des longueurs, une belle réussite.