Curieusement, ce film est passé inaperçu à Cannes 2009 alors qu'il s'agissait, pour moi, d'un des trois meilleurs films présentés en compétition. Avant le palmarès, aucun journaliste ne le présentait parmi ses favoris; après, aucun journaliste ne s'est exprimé pour trouver injuste son absence au palmarès. Et pourtant ! Autant je n'avais pas particulièrement apprécié "Quand j'étais chanteur", le film précédent de Xavier Giannoli, autant je n'ai pas vu passer le temps pendant les 2 heures et demi que durait "A l'origine" à Cannes (il semble être plus court pour sa sortie, Allociné le créditant de 2 h 10 mn). Le scénario est tiré d'une histoire vraie : un escroc "professionnel" se prend au jeu d'une de ses arnaques et devient le héros d'une région plongée dans la crise et le chômage en reprenant réellement le chantier d'une autoroute alors, qu'au départ, c'était pour lui "prends l'oseille (des pots de vin) et tire toi" ! La mise en scène est une réussite totale, François Cluzet est absolument prodigieux et le reste de la distribution pas loin derrière. On notera aussi la musique de Cliff Martinez, ancien batteur de Captain Beefheart et des Red Hot Chili Peppers. Avec "Le prophète", le cinéma français avait vraiment, cette année, deux films de très haut niveau en compète à Cannes !
Il m'est difficile d'avoir un avis très tranché sur ce film. Si son scénario se perd surtout dans des digressions pas très heureuses (l'histoire d'amour, des histoires secondaires pas très accrocheuses) et qu'il étire le temps inutilement (comme si le faible point de départ, presque anecdotique, était un handicap trop lourd), on ne peut renier ses qualités plastiques évidentes, un casting réussi (dont un F. Cluzet hallucinant) et une ambiance hypnotique assez envoûtante. Bon, des fois, il se passe rien mais parfois, l'écran est habité de manière sidérante, le propos est assez fort et l'histoire de cet homme qui court après un but au départ fort peu recommandable va vite devenir dépassé par ses mensonges. Bon par contre, quand le film vire au cinéma de genre, il devient ridicule mais ça, il n'est pas le seul dans le genre. D'autres critiques sur
Malgré un sujet intéressant qui retrace un fait divers avec précision, de manière romanesque et spontané, qui met en avant les complexités d'un être humain, ses sentiments, ses décisions, A L'origine traîne le pied et finir par ennuyer.
Voilà comment j'aime le cinéma français, quand il fait vrai tout en étant plus héroïque que la nature même de nos vies, quand tout sonne juste sans pour autant donner l'impression d'avoir affaire à un documentaire. C'est pourtant une liste assez courte dans laquelle je peux désormais ranger A l'origine. L'histoire de ce film est d'autant plus déroutante qu'elle est tirée d'un fait réel, même si qu'on s'y entende, la vraie version est allée beaucoup moins loin dans le projet, cela conserve quand même bien les grandes lignes et cette idée impensable sort bien du cerveau d'un citoyen lambda. Qu'est ce qu'il incarne bien ce citoyen lambda mon François Cluzet. Autant je ne suis pas du tout fan de l'acteur, autant je pense que j'ai assisté ici à sa meilleure prestation. Il laisse sans voix. J'ai adoré sa façon d'hésiter, de mettre en relief un profil totalement atypique d'homme perdu qui n'a pas su trouvé sa place au sein de la société... C'est réussi. Les seconds rôles, surtout Emmanuelle Devos aussi vraie que nature, ne sont pas en reste. Bon, ça reste un film sur un gars qui construit une fausse autoroute? Avant tout le message, le symbole, et la beauté du geste. Comme quoi on peut bien retranscrire en magnifiant une histoire vraie même si celle ci aurait tendance à écœurer et susciter qu'un vague intérêt d'un premier abord.
Un fait divers réaliste et impressionnant!!! Aprés l'excellent "Quand j'étais chanteur" tourné dans mon département du Puy de Dome, Xavier Giannoli pose ses caméras pour un drame social dans le Nord. L'histoire vraie d'un escroc solitaire se faisant passer pour un chef de chantier qui arrive comme un messie dans un village touché par le chomage et la pauvretée pour finir une autoroute. Comme le slogan du film l'indique, "Un escroc ou un héros", pourquoi se sacrifie t'il pour cela? Tout le film se repose sur l'interprétation de François Cluzet, remarquable, auquel on lit sur son visage la gravité, le gène, l'inquiétude devant une municiplalité d'abord réjouissante mais plus ça avance, plus ça pèse jusqu'à avoir une histoire d'amour avec madame le maire. Un film trés sombre magnifiquement filmé par le réalisateur, notamment les plans sur le chantier (surtout la nuit) et d'excellents acteurs plus ou moins connus comme Emmanuelle Devos, Vincent Rottiers ou Gérard Depardieu. Rendez vous aux Césars!!!
Je n’avais pas été convaincu par « Quand J’étais Chanteur », le précédent film du réalisateur Xavier Giannoli mais, là, j’ai vraiment été conquis : je suis sous le charme de cette histoire si singulière et de la façon dont le réalisateur a choisi de la retranscrire. Ainsi, le film retranscrit bien la vie associative dans les communes rurales, la proximité du maire envers la population - ce qui est moins vrai dans les grandes communes - et le problème du chômage, préoccupation principale des personnes qui sont attachées à leur vie dans une région et qui ne veulent pas la quitter pour suivre le marché du travail (sinon, comme on le dit très justement dans le film, tout le monde irait travailler en Chine !). La distribution est vraiment épatante : François Cluzet retranscrit bien les attitudes de cet homme si peu habitué à vivre en société et donc à échanger avec les autres, et les seconds rôles sont parfaits - Stéphanie Sokolinski (Soko) et Brice Fournier en particulier -. A voir ce film, le travail sur un chantier passerait presque comme le travail idéal pour qui est attaché aux relations humaines (l’entraide, les repas en commun). En tout cas, les relations y semblent plus naturelles et sincères que celles de la vie dans les bureaux. Ce film fait immanquablement penser à « l’Adversaire » pour cette vision d’un homme embarqué malgré lui dans les conséquences de ses mensonges mais le plus intéressant, ici, est tout ce que cet homme change dans la vie des gens qu’il côtoie. On perçoit tellement bien les émotions qui habitent chaque personnage. D’habitude, j’ai tendance à trouver que les films de plus de 2 heures mériteraient d’être raccourcis mais, pour celui-ci dont la version que j’ai vue au Cinéma fait déjà 2h10, j’ai paradoxalement très envie aujourd’hui de voir la version longue de 2h35 projetée en compétition à Cannes cette année et repartie bredouille à ma grande surprise.
Dire que ce drame est tiré d'un vrai fait divers, ça fait vraiment bizarre. Se dire que toute cette histoire n'est qu'une escroquerie d'un seul homme et qu'en plus tout est dans les règles. Chose peu commune de jour qui est portée à l'écran par un sublime François Cluzet, qui pour moi, est l'acteur français le plus talentueux avec Vincent Cassel. D'ailleurs, tous les autres acteurs, réels ou amateurs sont tout aussi convaincants. La bande son est douce et nous transporte dans ce chemin qui n'en fini plus d'évoluer autant au sens propre que figuré. Parfois, je regrette de voir que certains passages soient aussi longs mais bon c'est le choix du réalisateur. L'ambiance est sombre mais nous prend au plus profond de nos tripes. La fin a peut-être été un peu romancée, vous comprendrez quand vous l'aurez vu mais rien de bien important. A vrai dire, je ne m'attendais pas à ce genre de long métrage et j'ai été agréablement surpris. 13/20.
Un bon film français, sans que ce terme puisse être entendu comme dévalorisant ou ironique… Une histoire incroyable (mais presque vraie) qui conduit un homme à se lancer dans ce qui est au départ une arnaque et qui devient peu à peu une aventure folle dont il va devenir prisonnier et qu’il va vivre jusqu’au bout de l’absurde. Dans le rôle principal, Fançois Cluzet est magistral (comme souvent) et, à ses côtés, Emmanuelle Devos est très bien, toute de retenue et de pudeur. Xavier Giannoli nous a déjà donné des œuvres intéressantes et toujours originales (Une aventure, Quand j’étais chanteur…) mais il signe là (à mon avis) pour son quatrième long métrage sa plus belle réussite à ce jour. Sa caméra est pertinente, discrète mais précise, sa direction d’acteurs est sans faille et ses images approfondissent au mieux son propos. Propos crucial, à savoir la manière dont on peut faire espérer son prochain au-delà du vraisemblable… mystère fascinant de l’histoire de l’humanité qui s’est souvent laissée conduire par des meneurs habiles et charismatiques, un petit peu escrocs sur les bords mais assez fous pour croire eux-mêmes en leur parole. Bref, c’est du très bon cinéma et ne boudons surtout pas notre plaisir devant un authentique talent qui se confirme dans notre pays.
L’austère réseau autoroutier français n’a pas le charme du Far West : y faire un film n’a rien de glamour. Cependant, on a une fascination pour ce pan syndicaliste & prolétaire du cinéma auquel collent si bien Cluzet dans le rôle d’un directeur des travaux & Emmanuelle Devos dans celui d’une humble maire. Ce naturalisme goudronné nous fait nous demander : woké, mais alors quoi d’autre ?
Le directeur des travaux est un escroc. Mais Giannoli ne s’arrête pas à titiller notre curiosité malsaine : ce qui l’intéresse lui, c’est tout ce qu’il y a derrière la route, dans tous les contresens du terme : des décors constants aux pré-requis très spécifiques, énormément de bureaucratie, du jargon, bref : on se croirait aux portes ouvertes chez Eiffage. L’ultra-réalisme ouvrier & hiérarchique s’impose alors comme s’il n’avait déjà plus aucun secret pour nous, & Cluzet apporte juste la froideur nécessaire pour faire fonctionner son rôle avec pas grand chose.
Car l’escroc est pris à son propre jeu : sauveur de quelques communes avec 25% de chômage, son baratin suffit à amadouer les déséspérés & la machine démarre d’elle-même. Il est en train de construire une autoroute. Pour où ? Sa richesse personnelle d’abord, puis nulle part – joli parallèle au titre.
Le brassage moral est une porte ouverte à une dramatisation que le scénario ne bâcle pas : initié par l’escroc qui découvre ce que c’est d’obtenir du pouvoir quand on est au bon endroit au bon moment (& que cela peut consister à ne rien faire, ce qui l’étonne jusqu’à ce qu’il doive se heurter aux limites de sa propre passivité), il débouche sur une histoire vraie totalement “surnaturalisée”.
Entre l’énigmatique tronçon d’autoroute, les jeux de paperasse dont on éprouve l’élasticité & la confiance d’une foule qui peut faire s’élever puis tomber un homme, À l’Origine donne vraiment envie de faire un roadtrip sur les autoroutes (françaises) & pose une question qui dépasse sa propre fiction : comment en arrive-t-on à une histoire vraie pareille ? La réponse : “pas”. Attention aux lignes épilogales qui réécrivent l’histoire & ne laissent pas grand chose de son cœur authentique. Indépendamment de sa qualité, l’œuvre est une escroc à sa manière.
Un film d'une force inouï porté de bout en bout par un François Cluzet qui trouve là certainement son meilleur rôle depuis "les Apprentis". Grâce à sa conviction, Cluzet donne presque un souffle épique à cette fable moderne et désenchantée livrée par un Xavier Giannoli qui trouve ici un scénario en or massif. Un très beau film magnifié par la présence de seconds rôles tous plus réussis les uns que les autres.
Incroyable histoire que celle-ci. Si elle n'était pas réelle, elle semblerait improbable. François Cluzet y est absolument bluffant, accompagné par la toujours parfaite Emmanuelle Devos dans un second rôle convaincant. Un très bon film.
"A l'origine" est un excellent drame français. Une escroquerie qui se transforme en un effort humaniste, rempli de solidarité et de conviction. François Cluzet est, comme à son habitude, excellent. L'atmosphère grise et pesante du film nous montre bien à quel point ce mensonge a été lourd de conséquence pour ce "Philippe Miller".
Une prestation magistrale, comme souvent, de Cluzet et des seconds rôles de très grande qualité et densité (Soko notamment). Un film bouillant, foisonnant, habité.
Tout en dressant le portrait d'une société en constante indécision, "A l'Origine" délivre un message de solidarité et de collectivité malgré l'ambiguïté de l'anti-héros autour duquel elles s'organisent. Il a beau être un peu longuet, le film de Giannoli fait tout de même froid dans le dos...