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Un visiteur
4,5
Publiée le 18 décembre 2009
Superbe traitement de Xavier Gianolli qui réussit à faire vibrer une histoire qui au départ n'avait pas l'étoffe pour faire un film. François Cluzet est tout bonnement époustouflant et montre qu'il fait parti des grands acteurs français. A voir 3.5/4
Remarquable, jusqu'à la dernière minute on se demande jusqu'où va aller cette duperie monumentale. Chapeau à François Cluzet qui mérite le césar du meilleur acteur.
L'histoire de ce film est d'abord complètement hallucinante, hallucinante parce qu'elle est vraie. Si elle avait été fictive, personne n'y aurait cru, ce film aurait fait un bide. Mais non ! Et donc la première chose qu'on a envie de dire en sortant de la salle c'est "Mais c'est fou, c'est complètement hallucinant qu'une chose pareille ait pu se produire !", mais dans le bon sens du terme bien sûr. Ensuite, au niveau du film en lui-même, il n'y a vraiment rien à dire. La réalisation est excellente, l'interprétation de François Cluzet est admirable (comme toujours)... Ce film est bien plus qu'un film sur une escroquerie, c'est une quête identitaire, il tourne autour de la notion de morale, de responsabilité... Donc vraiment, allez voir ce film ! Pour l'histoire et pour le film en lui-même, le fond et la forme !
Les acteurs de ce film sont remarquables : François Cluzet se montre particulièrement convaincant en incarnant une petite frappe, plus en quête de sa propre personnalité, que du gros coup. Il finit par se trouver auprès d'une population aussi inquiète de son devenir qu'en attente du salvateur... Mais aucun salvateur n'existe ni n'existera jamais ! Alors, malgré le désir ardant de poursuivre l'oeuvre d'une vie, le château de carte s'écroule. Bref j'ai passé un bon moment avec ce film !
Tout simplement excellent, même si il ne peut echapper à des plans séquences parfois un peu long.Mais l'histoire de ce petit escroc qui réussi à entourlouper tout le monde et à construire un bout d'autoroute est formidablement bien interprété par DE CLUZET, un petit bijoux
Après avoir fait vibrer avec sensibilité les failles d’une icône (Gérard Depardieu en chanteur musette dans «Quand j’étais chanteur»), Xavier Giannoli conserve le même cadre provincial et déploie l’envergure de son récit, jusqu’à atteindre le champ des grandes entreprises. «A l’origine» (France, 2009) se situe. Il sème les indices pour présenter son cadre et les éléments de son récit. Bien qu’extrait d’un fait divers, et donc construit sur une «information immanente», «A l’origine» ne dispose pas moins un hic et nunc. Dans la France provinciale du début XXIème, Giannoli suit les larcins d’un arnaqueur filou qui traverse différentes villes. Le film s’ouvre sur un rythme tenu qui vient contrarier la lenteur certaine de «Quand j’étais chanteur». Si «A l’origine» suit donc un rythme soutenu, c’est aussi pour formuler l’urgence qui menace son personnage. Le protagoniste, qui prend le nom de Philippe Miller (mémorablement interprété par François Cluzet, au jeu retenu mais puissant), arrive dans une ville où le chantier d’une autoroute a été interrompu pour préserver la survivance de quelques scarabées. Pris pour celui qu’il n’est pas, Miller va entrer dans le jeu de la communauté rurale jusqu’à se confondre avec l’identité qu’on lui invente et qu’il se construit, au point de risquer sa place sociale pour l’accomplissement de son projet d’autoroute. Et la place sociale, c’est en fin d’analyse ce à quoi aspire le plus profondément Miller. Pour l’ordonner, il accomplit ce que le tournage d’un film produit : la mise en scène d’une communauté. Sans aller jusqu’à voir dans Miller la figure de Giannoli, il est troublant et réjouissant de saisir à quel point le personnage de Cluzet est un artiste de la cause sociale, un auteur metteur en scène d’une condition économique. Les jeux de rythme sur lequel repose le montage du film participe à l’exaltation de l’œuvre, jusqu’à ce que les musiques viennent souligner trop intensément les volontés d’empathie.
Un bon téléfilm avec dans le rôle d'un minable au brushing impeccable venu de nulle part pour escroquer une entreprise de BTP, Un F.Cluzet au jeu approximatif de celui qui a l'air de s'en être jeté "un dernier pour la route" ; facile OK ! Les autres rôles, tous très justes et bien distribués rendent sa crédibilité au fait-divers," à l'origine "de cette fiction . Une imposture rendue possible par la conjugaison d'un groupes d'individus aveuglés par leur détermination à retrouver leur dignité.
Je me suis totalement ennuyée devant ce film long et lent. Je n'ai pas été touchée. J'imagine que ce film touche une catégorie de personnes très précise mais personnellement il ne m'a pas atteinte du tout. J'ai trouvé les acteurs mauvais, la trame inintéressante et le rythme du film est si lent qu'on voit trop bien les 2h passer. Je déconseille.
Contrairement au personnage d'escroc joué par Gérard Depardieu qui lance exaspéré une réplique d'anthologie hilarante, "A l'origine" semble dessiner un rêve à poursuivre autour de la valeur travail telle que jamais elle n'a été adorée : un moyen de survie collectif et trait d'union entre des êtres où chacun trouve sa place et sa dignité en dépit de son passé...
Le travail comme création à laquelle tous vouent une réelle reconnaissance ainsi qu'à celui qui l'a engendré... Un monde parfait, en quelque sorte (hommage soit dit en passant à M. Clint, comme un cheveu sur la soupe, je le reconnais, mais il le mérite bien).
La vie du personnage joué par François Cluzet se transforme lorsqu'il prend conscience qu'il peut rendre aux habitants de cette commune tout simplement l'espoir d'exister dans une société où l'homme landa s'est vu volé sa place et le rôle qu'il y tenait.
Le film poignant de Xavier Giannoli s'avère d'une actualité criante, profondément social et politique : il semble esquisser un portrait, de toutes ses forces, qu'on espère avec lui, pour l'avenir.
Les films ont-ils le pouvoir de changer le monde ? Après celui-ci, on ne peut que l'espérer encore davantage - un autre hommage, mais celui-ci à Wim Wenders, qui de mémoire, déclarait que les films sont des images sur le monde qui peuvent en retour changer celles du monde (c'était certainement autrement mieux dit, mais l'idée y est).
Je vous invite donc instamment à découvrir ce très beau film qui mériterait bien le césar en 2010 du meilleur de l'année...
Ce film m'a réellement bouleversé, tout comme Un Prophète avait pu le faire. Ces deux films me font dire que le cinéma français se porte merveilleusement bien et qu'il a un bel avenir grâce à de fabuleux auteurs. A l'origine est un drame moderne qui explore le genre humain et le décortique. On assiste à deux heures d'un grand moment de cinéma. La première force de ce film est évidemment son intrigue, elle est sidérante, on ne veut pas croire à ce qu'il se passe car les conséquences en sont trop terribles. Personnellement je me suis dit tout au long du film: mais non il ne va pas faire ça, c'est terrible! C'est une tragédie humaine comme on ne peux les inventer tant elles paraissent impropables et pourtant ce film est tirée d'une histoire vrai. A quoi tient le peu de regain d'espoir chez des gens qui ont tout perdu: ils suivent celui qui leur donne ce mince espoir sans savoir qui il est vraiment. La relation entre l'escroc et cette jeune femme qui cumule les petits jobs, qui galère dans sa vie est d'une incroyable justesse et tragiquement forte. Le film s'invite dans l'actualité, il donne un discours terriblement réaliste sur le chômage, la recherche d'un travail comme moyen de survie, son exemple s'applique ailleurs que cette petite commune du nord de la France. La réalisation de Xavier Giannoli sert admirablement cette sublime histoire, il dirige ses acteurs de façon remarquable, les liens se font et se défont dans le tourbillon des échéances, de l'argent, des conflits sociaux. Allez voir ce film, c'est prodigieux!