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Peter Franckson
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3,0
Publiée le 7 août 2023
Le point de départ est intéressant : 2 employés de la Police Cantonale de Zurich, Max Bodmer, inspecteur xénophobe et psychorigide, et Moritz Fischer, sont chargés de surveiller (de façon très intrusive) les étrangers qui demandent la nationalité suisse (« Devenir Suisse est un honneur et non un droit »). Le film s’intéresse à 3 candidatures : un couple aisé de médecins français, une famille ouvrière (femme de Locarno et mari des Pouilles) et une danseuse de ballet célibataire yougoslave qui, selon sa voisine, ne met pas de rideaux à ses fenêtres et utilise un sac poubelle marron au lieu d’un noir. Un téléfilm gentillet des années 1970’, manquant de rythme [n’est pas Blake Edwards qui veut avec l’inspecteur Clouzot dans la série de « La panthère rose » (1963 à 1978)], mais qui représente probablement l’état d’esprit de la Suisse en 1978 vis-à-vis des étrangers.
Le faiseur de Suisse, peut – être un des meilleurs films suisses. Car il y en a très peu, de film, de Suisse. Le film reste néanmoins moyen, car effectivement les réalisateurs qui proviennent de l’école de Zurich restent tous formaté à la publicité suisse atypique.
Un des films suisse alémaniques très rares d'une qualité superieure. Malheureusement ce film contient beaucoup des scènes et des détails qui impliquent un très bon savoir de la suisse alémanique à cette époque: - la réalité de la politique suisse alémanique (après plusieurs référendums xenophobes contre l'immigration réfusés d'un souffle) - la pratique ubuesque de la police des étrangers (aujourd'hui même ) - les relations entre la langue suisse alémanque (dialect, langage courant) et l'allemand standard - l'atmosphère étouffante dans une ville comme Zurich à l'époque. La visualisation du film est d'une supérieure qualité, les plaisanteries et blagues sont délicats, jamais ordinaires. L'ésprit du film se démontre au mieux dans sa version originale (en dialect suisse alémanique), il disparait un peu dans le doublage (version en allemand standard). Probablement les subtilités ne fonctionnent pas dans la versions française. Le casting: Walo Lüond (Bodmer, le fonctionnaire tatillon, méfiant et venimeux) et Emil Steinberger (son pendant en peu plus décontracté) sont parfait. Les demandeurs de naturalisation représentent conformement les differents groupes sociaux (le travailleur (sous-classe, gauchiste, syndicaliste), le couple allemand (bourgeois, privilégié) et la danceuse (représentante du grand groupe des étrangers nés et grandit en Suisse). Beaucoup des spectateurs ont mal compris le réalisme de ce film: la pratique réel lede la police n'est pas du tout surjoué, donc son humeur n'est pas peu pesant mais âcre, très amer.