Il fallait bien ce titre, rappelant à un grand film qu’il me reste d’ailleurs à voir, pour pimenter la catastrophe qu’est Solomon Kane. On la sent venir de loin : l’amorce à la Indiana Jones introduit un assoiffé de sang qui déjoue les pièges juste parce que le scénariste le veut bien et on se fiche de la continuité du moment qu’on arrive à placer les jolis monstres. Voilà les symptômes de tares tartes.
Le titre arrive après cinq minutes mais on le sent déjà beaucoup trop confiant dans sa gloriole pour ce que cette bande-annonce intégrée nous promet. Ça ne rate pas, encore que la classe forcée de James Purefoy se délite de manière relativement intéressante pour s’allier aux vingt minutes que Postlethwaite occupe à l’écran : ce passage empreint de paix et de modestie est le ”meilleur”, même s’il est grossièrement détouré et soigné dans le seul but de mieux exploser sous l’effet de la grosse injustice qui fait jaillir le sang et couper des têtes. Ah, il faut aussi en profiter parce qu’on ne connaîtra d’autre attachement aux personnages que dans ces courts moments.
C’est de là que part la débandade totale : des rafales de clichés visuels (épée de feu, démon – très moche –, urukais recyclés, miroirs qui servent de passages), textuels (”personne ne se révoltait contre le mal”, ”je paierai le prix de l’Enfer”, ”seul Dieu peut m’aider”, ”elle est mon âme”, ”aaah”, ”urrghhh” sont parmi les meilleures lignes), sonores (des gros splortchs avec les lames qui pénètrent les corps, et plusieurs cris Wilhelm parce que why not) et situationnels (plein de sauvetages de dernière minute, quelques frustrations pour faire monter la mayonnaise, le frère disparu qui est devenu le méchant pas beau, un tas de cas déséspérés dont on se sort avec héroïsme, quitte à copier-coller des scènes). La musique, c’est ce qu’on devait passer dans les ascenseurs de Versailles au XVIIème siècle.
Tout est jeté en vrac pour propulser les protagonistes vers une fin qu’on pourrait qualifier d’attendue si elle avait le moindre intérêt (j’ai failli ne pas réaliser le moment où Kane remporte son ”épique” combat final), à se demander si tout le monde ne s’ennuyait pas déjà de tourner ce machin. Ou alors l’équipe pensait déjà aux deux suites qui, Dieu merci, n’ont jamais vu le jour. Mais ce qui est épatant, c’est que malgré le n’importe quoi apparemment touffu qui est la matière première de l’œuvre, elle est lente ! Sûrement parce qu’elle surjoue le suspense et a de la peine à prendre son temps à l’idée qu’il va falloir placer un massacre tous les quarts d’heure. Von Sydow a vraiment eu une carrière bizarre.
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