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Un visiteur
5,0
Publiée le 18 mars 2010
Ce n’est pas une énième biographie, un énième film chanté, le énième regard voyeur posé sur un personnage haut en couleurs…Gainsbourg – vie héroïque j’aurais plutôt penché pour vie artistique, tant de la part de l’interprété, de l’interprète que de celui qui dirige.
Guidé dans un Paris d’après guerre insouciant et « gouailleux », électrisé par l’art contemporain naissant, et frappé par la créativité à tout rompre : Gainsbourg trace, pose son empreinte, et suscite des envies de collaboration. Joann SFAR a travaillé la matière brute avec une désinvolture que seul un dessinateur lunaire pouvait s’autoriser. Electriser VIAN, redorer GRECO, raviver Bardot…et même donner forme à la conscience Gainsbarre dans une criminelle volute bleue. Le petit Lucien bercé dés sa naissance au son du piano aux accents russes, s’épanouit et s’émancipe devant une toile blanche où tout reste à inventer…mais que d’imagination germe sous ce crâne de génie devenu musicien par passion. Saupoudré de rares moments de vie privée, cet itinéraire artistique nous conte une vie héroïquement foisonnante, et peuplée de rencontres imposantes.
Le casting ? Du sur choix, du pas dégueu. Eric ELMOSNINO : réincarnation juste de l’homme à la tête de chou, ni trop, ni pas assez, attachant à Suehait, performance remarquable et remarquée, quelle belle trouvaille. Les vamps : MOREAU, MOUGLALIS, CASTA, JAMPANOI fières d’un sexisme débridé et suranné devenu éternel. Les effarouchées : GORDON, FORESTIER naïves et pures, tombées sous la coupe d’un bandit suceur de fragilité.
Tourbillon d’une époque, d’une œuvre…il faut rentrer dans cette vie pas ordinaire peuplée de fantasmes et de doutes, d’explosion de talent et d’inconscience, de facilité et de travail. Belle œuvre à voir sans retenue, et sans pudeur…pour le plaisir.
Il n’est jamais facile de faire un film portrait, encore moins quand le personnage central est un contemporain que tout le monde connaît ou croit connaître et d’éviter de surcroît le piège habituel de l’hagiographie. Force est de constater que Joann, Sfar, auteur de bandes dessinées de son premier métier, s’en sort plus qu’honorablement. Comme l’indique le titre, Gainsbourg est dépeint en héros par la grâce d’un scénario original, suivant avec rigueur le parti pris de départ, très psychanalytique, de raconter l’histoire chronologiquement en justifiant sa vie par ses traumatismes d’enfance. Et ça marche ! Le personnage du double (le frère mort) notamment, est particulièrement ingénieux. Les acteurs collent à leur rôle avec une vérité stupéfiante. La reconstitution d’une époque pourtant proche mais révolue est parfaite et notre imaginaire se met en marche avec facilité pour suivre les péripéties d’une histoire joliment racontée et très correctement filmée. En conclusion, si l’on est un admirateur de Gainsbourg, on sort de ce film enchanté, si on ne l’est pas, on peut le devenir. Si l’on veut être complet, il faut ajouter que ce genre de film, de par sa portée limitée et si original soit-il est bien évidemment appelé à rester dans la catégorie de « l’art mineur »… ça tombe bien, non ?
Evitant le piège du simple biopic traitant la vie de A à Z, Joann Sfar livre un conte, un poème à la réalisation très stylée, très artistique qui fait honneur au talent de Gainsbourg. Le personnage, parfaitement campé par le très ressemblant Eric Elmosnino, est très plaisant à suivre: provocateur, imprévisible, attachant ou bien encore fou, Serge Gainsbourg aura marqué une génération et ce film permet à ceux connaissant un minimum de son histoire de découvrir ce qu'il était et comment il vivait. La mise en scène est soignée: costumes, couleurs, plans, tout est parfaitement mis au point pour coller au mieux aux années 70-80-90. Un hommage à un grand monsieur de la musique qui a su, malgré un physique peu accrocheur, conquérir les plus belles femmes grâce à son talent et sa passion pour la musique.
Avec Joann Sfar cela ne risquait pas de tomber dans le style "film commercial" ce dont j'avais eu peur à son annonce... Néanmoins le jeu de l'acteur interprétant magnifiquement bien Gainsbourg du reste, aurait dû être plus "travailler" dans les nuances de ton car cela "dénotte" souvent lorsqu'il parle... Je m'attendais à un film plus passionné, moins édulcoré, il reste très sage et ceci pour toute les interprétations d'acteurs cela en fait quelques longueurs. Par contre le côté poétique imaginaire et coloré de la mise en scène est superbe.
Assez décu par ce film qui est plus un conte qu'un biopic. Pas assez musical à mon gout. Au final un peu d'ennui, de frustration et pas vraiment l'impression de comprendre la vie de Gainsbourg.
Je suis allé le voir un peu par défaut, mais quelle bonne surprise ! Elmosnino est extrêment fidèle à l'original, dans sa ressemblance physique comme dans son jeu.
Le film en lui meme retrace avec fidèlité la vie d'une icône, sans en faire plus qu'il en faut. Vraiment, un bon moment en salle.