Après avoir signé des portraits de JFK et Richard Nixon, Oliver Stone s'intéresse cette fois à la destinée de George "W." Bush, 43ème président des Etats-Unis. Pour ma part, j'ai adoré ce biopic drôle et déjanté mais très bien documenté, centré sur l'entrée en guerre au Moyen-Orient et les mensonges de l'administration Bush qui l'ont accompagnée. Cette période "contemporaine" est entrecoupée de flashbacks dans le passé qui éclairent pertinemment le parcours de cet ancien alcoolique fan de baseball, qui connaît soudain une révélation et une renaissance, par la grâce de la religion et des préceptes presbytériens. Oliver Stone n'a jamais caché ses convictions démocrates, mais sa vision de Bush n'est pas uniquement à charge : il le présente certes comme un homme simple, un fils à papa, n'ayant pas les capacités pour occuper des fonctions aussi élevées, mais aussi comme quelqu'un qui voulait sincèrement faire le bien, abusé par un entourage malavisé voire malintentionné. Evidemment, je ne connais pas personnellement Georges W Bush, mais "W. : L'improbable président" (2008) m'a semblé un biopic juste et équilibré, dont l'auteur a parfaitement bien cerné les tenants et les aboutissants de la politique américaine des années 2000, via le portrait de son leader. La mise en scène est élégante et efficace la plupart du temps, magnifiée par une photographie superbe et une bande son ironique (Robin Hood!). Le film propose également un aspect ludique, les acteurs étant parfaitement grimés pour incarner toutes les célébrités de l'administration Bush. Ainsi, j'ai particulièrement apprécié Josh Brolin, incroyable de mimétisme dans le rôle titre, Richard Dreyfus (Dick Cheney), Toby Jones (Karl Rove), Thandie Newton (Condoleeza Rice) ou encore Ion Gruffudd (Tony Blair), sachant que la liste est loin d'être exhaustive et que les comédiens sont tous au niveau. Une bien belle réussite pour Oliver Stone, de retour à un haut niveau avec "W."
Un bon portrait du pire président de l'histoire des USA, Stone montre bien W. sous l'aspect de son humanité balourde. Néanmoins s'il y a bien une critique de son action et de son gouvernement elle n'est pas assez profonde en se cantonnant notamment beaucoup sur la guerre en Irak. Alors qu'il y a d'autres dossiers aussi très importants qui auraient pu être évoqués où s'exprime sa politique calamiteuse comme l'environnement(le rejet du traité de Kyoto par Bush). Aussi cette biograpie n'offre pas certaines explications attendues(comme s'il y avait de la retenue pour éviter de déclencher une grande polémique) en restant essentiellement sur son proche entourage politique alors qu'il y a des rouages d'arrière-plan qui l'ont très probablement influencé comme les lobbies industriels(texans) et religieux. Enfin, on peut se demander si W. est vraiment aussi "vif" et directif qu'il est montré car ce n'est pas l'image qu'il donne en public.
Difficile de cerner le bien fondé de la nouvelle entreprise patriotique de Stone, tant Bush Jr est un personnage anti-cinégénique et fondamentalement inintéressant de par sa normalité aigue. Son film n'en est que plus informe, et jamais n'en ressort nettement un quelconque boulon perdu dans l'engrenage ; il n'explique rien et tente même l'empathie avec son protagoniste. Ce n'est que la fin du générique (!), par un symbole furtif, qui nous présente la clé de voûte du projet (à savoir l'évocation d'un théologisme primaire inhérent aux coutumes outre-atlantiques). Tout ceci reste bien opaque... Note pour l'opus Obama (coming soon) : réduire le coefficient de dilution en s'affranchissent des considérations annexes.
Après avoir tant secoué le monde du cinéma avec des oeuvres polémiques telles que "Tueurs Nés" ou "JFK" et après avoir grandemment divisé les critiques avec "Alexandre" et "World Trade Center", Oliver Stone était attendu au tournant avec son biopic sur un président encore en poste au moment du tournage, "W.-L'improbable Président". Dans le rôle de George Bush Jr, Josh Brolin, une vraie gueule qui apporte spontanéité et naïveté à un personnage atypique dans la peau d'un président mais finalement tellement normal. Ici, pas de critique, Stone s'attarde juste sur la représentation la plus objective qui soit d'un président qui n'aura pas laissé que du bon. Décousu et anarchique, le montage déroute, mélangeant le passé de Bush et quelques dates de son mandat choisies arbitrairement ayant toutes un rapport avec la guerre en Irak. Avec cette histoire morcellée, Oliver Stone tente de nous montrer la vraie nature de Bush, sa sensibilité, ses espoirs déçus, ses relations avec ses proches, notamment sa femme, Laura et son père qui ne cesse de le rabaisser mais qui finalement n'aura pas réussi à établir le contact avec un fils qui ne lui ressemble pas tant que ça. L'image du président le plus impopulaire des Etats-Unis s'adoucit et c'est là que réside la grande force du film, rendre Bush normal et ne jamais le placer au rang de président, ses divers conseillers prenant véritablement les décisions à sa place. Comme dans tout ses films sur l'histoire des Etats-Unis, Oliver Stone réussit à apporter à "W." un dynamisme et une véritable passion pour les différents évènements qui ont jalloné l'Amérique d'après guerre ce qui rend l'exercice passionant. W devient humain au milieu de caricatures de conseillers (Thandie Newton est tout de même bluffante en Condoleezza Rice) et sa vie n'a finalement rien d'extraordinaire. Filmé la vie d'un homme ordinaire devenait alors exercice périlleux pour Stone qui s'en sort avec les honneurs malgré une histoire chaotique et un manque de jugement.
Oliver Stone s'est imposé comme un spécialiste des biopics de présidents américains aussi pouvait-on attendre beaucoup de W., portrait du président le plus contesté de l'histoire américaine. Si Josh Brolin est impressionant dans le rôle de Bush, la ressemblance physique étant bluffante, et que les autres acteurs, jouant les proches du président, sont tout aussi performants, on a la nette impression que Stone perd pied à essayer de dresser un portrait réaliste d'un personnage si complexe. Durant tout le film il n'arrive pas à se décider sur l'image qu'il veut donner de Bush et il navigue alors entre plusieurs stéréotypes vus et revus dans les médias. De plus le film présente pas mal de longueurs, toute la vie de Bush n'étant pas forcément d'un grand intérêt, Stone aurait pu nous épargner quelques épisodes au profit de scènes plus intéressantes qu'il ne traite pas assez en profondeur (la guerre en Irak et les réunions avec les conseillers en particulier). On ressort donc du film déçu, le portrait aurait pu être passionnant mais à trop s'éparpiller le résultat, sans être mauvais, manque cruellement de force et d'ambition.
Le réalisateur de "JFK", Oliver Stone, nous avait habitué à beaucoup mieux que ce portrait à charge de celui qui a été président des Etats-Unis pendant huit années. Je lis ici-et-là qu'il ne s'agit nullement d'une caricature. Si on prend les scènes indépendamment les unes des autres, alors effectivement le portrait est plutôt bien brossé. Mais le problème, c'est cet enchaînement des situations les plus "improbables" qui rend le tout caricatural. Oliver Stone ne nous donne pas une vision globale de la carrière de George W. Bush, mais un sentiment qui lui est propre à son égard, et qui ne reflète nullement un itinéraire politique. Cela dit, les performances de Josh Brolin et James Cromwell valent une étoile à elles seules.
Je m'attendais à une totale charge contre Bush, et en faite pas du tout, Stone ne fait que montrer l'homme qu'il est et c'est à nous de nous faire un avis, et on en demande pas mieux, c'est bien joué, c'est bien monté, juste un petit peu long, on se fait vite un avis au bout 1h30, pas besoin de plus.
Bon film, très constructif, qui ne se contente pas de dénoncer bêtement et méchamment. C'est d'ailleurs intéressant de voir des personnes comme Oliver Stone ou Karl Zero, a priori hostile à Bush, se montrer compréhensif et presque conciliant à son égard au moment de faire un film sur lui. Ainsi, on a l'occasion de se mettre dans le peau du 43eme président des USA durant sa jeunesse où son perd le traite avec dédain, puis sa quête de pouvoir pour égaliser son frère et son père et enfin son exercice du pouvoir suprême et sa décision majeure d'aller en Irak. Le film ne se focalise pas sur une idée (comme William Karel dans "Le Monde selon Bush") mais expose et explique les arguments en faveur de la guerre en Irak par exemple: une raison géopolitique avec la présence de pétrole, politiques avec la théorie des dominos à propos de la démocratie et le besoin de répondre au terrorisme, peut être idéologique avec ses convictions religieuses et le besoin d'achever le travail de son père. A voir.
Entreprise périlleuse que de sortir un biopic du président sortant à l'heure des élection présidentielles. Oliver Stone, en grand tacticien, évite soigneusement la polémique. Au point d'en faire un film sans interêt, dont l'absence de parti pris idéologique reste tout de même excusé par l'arrivée des nouvelles élections. Effectivement, assassiner Bush ou l'encenser, aussi intéressante fût la prise de parole, aurait donné lieu à une oeuvre formatée étant donnée sa date de sortie néanmoins très commerciale. Ainsi Stone justifie son silence dans ce film politique et bureaucratique très bien filmé et d'une incroyable dexterité narrative. "W." n'est jamais démagogique ; il n'est ni un film d'adieu à un président qui, même si detesté par une grande majorité d'américains, aura marqué le XXIème siècle vu la situation épineuse de son pays, ni un brulôt destructeur d'images et broyeur de personnalités. Il n'y a aucun patriotisme, juste un refus de réflexion formelle, une adaptation pure et paisible, qui n'adopte jamais de point de vue. Forcément, "W." , fatalement pris au piège de son propre rôle, n'a plus aucun interêt. A quoi bon suivre la vie d'un président que les médias nous ont rabâché pendant plus de 6 ans comme étant le grand méchant loup, la bête noire d'un pays sur-puissant? L'incapacité de Stone quant à la fourniture d'éléments informatifs dans le discours mi-fictif mi-réel (on dérivé parfois dans le fantasme comique) est une des raisons pour laquelle son biopic n'apporte aucune exaltation. En l'état, délicat et oscillant à mi-chemin entre le foutage de gueule (Bush jeune était vraiment un gros con) et le pardon (Bush adulte n'est plus vraiment un con, juste un politicien d'ombres enfoui derrière les remparts à un pétage de cable universel qu'il ne peut plus contrôler), "W." est un biopic ni gentil ni méchant, politiquement correct et incorrect, pamphlétaire et mielleux à la fois. La mise en scène brillante de Stone, enfin retrouvée après la mièvrerie décalée de so
Si elle n'atteind jamais la puissance des plus grands films de Stone, cette évocation du parcours de W. Bush se révèle étonnament juste et nuancée (là où on aurait pu craindre un brûlot haineu et facile), décrivant l'ex président des USA comme le looser magnifique d'une famille toute puissante plutôt que comme l'incarnation du mal capitaliste comme la presse l'a si souvent montré.
Un bon film, réalisé avec savoir-faire par Stone. Certes le scénario est assez convenu mais certaines scènes apportent des renseignements intéressants sur George W. Bush. Stone a aussi voulu montré "le côté humain" du président américain. L'entourage politique de ce dernier l'a d'ailleurs beaucoup influencé dans ses choix. Enfin, Josh Brolin a un charisme fou. La justesse de sa prestation est à souligner. Il campe un Bush plus naïf que vraiment méchant. Est-ce vraiment lui ? Personne ne peut y répondre et le spectateur s'interroge. Un film qui fait réfléchir. A voir !
C’est décevant mais ce film n’a strictement rien à nous apprendre de ce crétin de président. Le système narratif n'étant pas chronologique, on attend vainement tout du long que soient traitées certaines parties du bilan présidentiel de Bush tel que son économie désastreuse ou le rejet de l'accord de Kyoto mais surtout les campagnes de 2000 et 2004, le film passant directement de sa décision de succéder à son père en 1998 à ses décisions militaires en 2002 (et en reprenant la version officielle: qu'elle est basée sur une erreur et non pas à une manipulation politique), à croire que son élection fut simple et évidente. Finalement, W n'apparait pas un être aussi machiavélique qu’autoritaire mais comme un pauvre naïf qui n'arrive au plus haut niveau que pour se faire aimer de son père. Qu'il parait loin le temps où Oliver Stone se servait de ses films pour faire du militantisme et non pas pour faire de l'argent!
Même si le film aurait gagné a être plus complet, certains aspects important de W étant laissé de côté comme son élection controversée, le rôle de la société Enron ... Le choix de raconter la vie de l "improbable président de manière déstructurée " me paraît peu intéressant. En revanche le film offre un excellent portrait de la famille Bush et des relations entre les George père et fils . Le rôle important de ses conseillers en tant que président est également bien accentué . L interprétation est vraiment impeccable dans son ensemble. Au final plutôt une réussite même si au vu de ce sujet on aurait pu avoir encore mieux .
Après JFK et Nixon, Oliver Stone revient au biopic présidentiel avec cette fois-ci une grosse différence : le film narre la vie d'un Président américain alors encore en activité. C'est donc sur George W. Bush, au parcours tant décrié, que ce nouveau biopic s'intéresse. Découpé judicieusement en plusieurs segments plus ou moins importants de sa vie, W. - L'improbable président suit le parcours chaotique d'un fêtard alcoolique, d'un rebelle faible dans le fond et d'un homme vivant sous l'ombre de son illustre père. Un homme déchiré entre la volonté de s'identifier par ses propres moyens et celle de vivre paisiblement dans la facilité que lui apporte son nom de famille. Stone nous dévoile donc les passages importants des 37 dernières années de ce natif du Connecticut, allant de ses beuveries d'adolescent tardif à ses décisions téléguidées sur la Guerre en Irak et sa recherche active d'armes de destruction massives imaginaires voire fantasmées. On s'attache donc à ce loser téméraire de façon terriblement humaine, passant de la haine que l'on pouvait avoir pour cet irresponsable à de la compassion pour un homme finalement très faible. Incarné avec conviction par un Josh Brolin habité, le personnage ne nous est jamais autant apparu comme proche, simple, humain. Entrecoupé de passages plus récents à sa présidence, le film joue la carte du biopic non-engagé ne dévoilant seulement que les faits (apparemment) concrets et comment certains discours sont devenus tels qu'ils sont. Et si l'on peut amèrement regretter une dernière partie longuement centrée sur la situation en Irak, on regrettera surtout le passage à la présidence vague et bâclé à l'écran. Toutefois, W. reste un biopic fort, déroutant, ne sombrant jamais dans le sentimentalisme ou l'exagération inutile, les séquences étant toutes judicieusement choisies pour étayer le portrait de cet homme voué à l'échec dont personne n'aurait parié un penny sur la réussite. Le réalisateur livre donc un excellent biopic à sa manière, avec ce qu'il faut de poésie Stonienne (bien qu'ici très soft) et de vivacité pour passer un moment de découverte tout aussi passionnément qu'un simple documentaire.