S. Frears réalise un film élégant. Les decors et les costumes sont beaux. Les personnages en demi teinte, une atmosphère ... mais on est loin des liaisons dangereuses !!! et puis Michele Pfeiffer a un visage figé .... à voir tout de même
J'ai bien aimé le film. La photo et les décors sont sublimes, la musique est envoûtante, et on sent les acteurs vraiment impliqués dans leurs rôles respectifs. Dommage que le film soit si bavard, ça m'a gâché un peu le plaisir. Mais au final, la conclusion de cette histoire nous donne une certaine leçon de vie, bien amenée. A voir.
Pas facile d'adapter Colette. Cette nouvelle version de "Cheri" (la première, française, n'était pas un chef d'oeuvre) n'emporte pas non plus l'adhésion. Pas facile de jouer en anglais avec des prénoms bien français! Frears se plante avec un film où manque totalement l'émotion...
On connaissait les affinités de Stephen Frears avec la littérature française depuis ses fameuses “Liaisons dangereuses”. On retrouve ici son talent intact au service de Colette. Au-delà des couleurs pastels, des costumes somptueux, des décors magnifiques pour évoquer le Paris et le Biarritz de la Belle Époque, il excelle dans l’expression de la volupté, du charme, mais aussi du cynisme d’une classe sociale à son crépuscule. Michelle Pfeiffer est éblouissante en femme mûre qui sent venir inexorablement l’heure du déclin de sa séduction. Le jeune Rupert Friend campe un Chéri crédible, avec ce qu’il faut de caprice d’enfant gâté et de vacuité de son destin. Seul léger regret : un rythme un peu plus enlevé dans la narration aurait porté ce film plus efficacement.
Frears s'attaque à nouveau à la littérature française, 20 ans après ses "Liaisons dangereuses". Après le "Siècle des Lumières" il aborde la Belle Epoque avec un égal bonheur en s'appuyant sur des décorateurs et costumiers de grand talent, qui réussissent une brillante reconstitution. Le reste de l'équipe technique est d'ailleurs au diapason : cadre, photo etc. Les premiers rôles - Kathy Bates (toujours parfaite), Rupert Friend (au charme vénéneux) et Michelle Pfeiffer (cocotte sur le retour très crédible, bien qu'un peu maigre pour les canons de l'époque) sont bien entourés par des seconds rôles fouillés (voir ainsi la réunion haute en couleurs du troisième âge des demi-mondaines chez Mme Peloux), sous une direction d'acteurs exemplaire. Quid alors de l'adaptation - même de l'oeuvre de Colette ? Evidemment l'histoire de "Chéri" et Léa est très "française" (il faut d'ailleurs s'habituer à suivre une intrigue servie par des acteurs s'exprimant dans la langue de Shakespeare), et l'on pourrait se poser la question de l'opportunité - même du passage à l'écran d'un récit aussi daté, sauf à vouloir ainsi s'offrir le prétexte d'une somptueuse mise en images. Mais Frears s'intéresse bien sûr, au-delà de l'anecdote, aux sentiments et à leur complexité. Une étude de ce genre est de toutes les époques, et le réalisateur anglais trouve avec Colette, comme avant avec Laclos, un riche support, idéal pour ses mises en scène si élégantes.
Les espoirs sont grands quand on annonce des retrouvailles cinématographiques. Frears-Hampton-Pfeiffer, voilà un trio qui a de quoi faire rêver, des années après les sublimes Liaisons dangereuses. Et pourtant, Chéri commence mal. Voix off narrative, structure maladroite : on veut nous faire entrer dans le vif du sujet mais on reste en dehors. Les premières scènes nous montrent l'amour naissant entre Léa et Chéri, puis on nous catapulte six ans après, au moment où il va se marier. Ainsi ne sommes-nous pas vraiment associés à cet amour passionné qui va nourrir ces deux êtres pendant tout le film. Du trio de rêve, Hampton est donc le premier à chuter, entraînant Frears dans un récit demeurant le plus souvent en surface. Et pourtant, la maîtrise du cinéaste est toujours là : mise en scène élégante, fulgurance de certains plans pour capter un regard, un sourire, un changement d'expression. On peut aussi s'extasier de la richesse des costumes et des décors, ou regretter que ces derniers soient un peu trop ostentatoires en comparaison de la simplicité stylistique de ceux des Liaisons dangereuses. Regrettons aussi, et c'est sans doute là que le film échoue, la fadeur du fameux Chéri, dont on se demande pourquoi Léa l'aime tant. MAIS il y a Michelle Pfeiffer. Du trio, elle est la seule qui ne faillit pas. Impériale, viscontienne, littéralement habitée par ce personnage de théâtre et de souffrance, jouant d'un regard, d'un sourire aussitôt masqué, combinant assurance et désarroi dans un même plan, d'une élégance folle et d'une beauté à pleurer, elle irradie tout le film : on ne voit qu'elle. On pourrait ainsi la regarder des heures durant, se perdre dans ses yeux bleus, caresser du regard ses robes somptueuses et tout imaginer... A ses côtés, n'oublions pas Kathy Bates, comme toujours merveilleuse en fausse amie et vraie mauvaise fée. Leurs joutes verbales miéleuses, hypocrites et cruelles, nous rappellent les Liaisons dangereuses. Un film à voir pour Michelle Pfeiffer.
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1,5
Publiée le 12 avril 2021
Ce film ne parvient pas à donner vie à une histoire malgré quelques décors attrayants. Une partie de la faute doit être imputée au réalisateur Stephen Frears. Comment est-il possible de suspendre l'incrédulité et croire une seule seconde que Kathy Bates ait jamais été une courtisane désirable et encore moins une Française. La plupart des costumes, des coiffures et des maquillages ne sont pas d'époque. La réutilisation de décors extérieurs en particulier les scènes récurrentes de la voiture arrivant au manoir donne au film un caractère bon marché. Mais la plus grande partie de la faute doit être attribuée à Michelle Pfeiffer dont les talents d'actrice sont rarement aussi mauvais que dans cette histoire. Presque toutes les répliques sont prononcées comme si elle lisait à haute voix un roman de Barbara Cartland à un public situé dans la pièce voisine. Sa voix est plate et déclamatoire et elle fait rarement preuve de profondeur ou de subtilité. Si elle lisait pour un livre audio cela pourrait être acceptable mais pour un film c'est une ligne sans fin de notes aigres. Cheri se veut principalement comme un film sexy soft des années 1970 comme l'une des séries de film Emmanuelle ou peut-être un film de David Hamilton. Le film aspire à l'élégance mais il a juste l'air posé. Il essaie d'être sophistiqué mais ne s'élève jamais au-dessus du soap opéra. Il tente de nous donner une relation crédible mais ce ne sont que des acteurs qui font semblant car je n'ai pas cru une seconde à tout ça...
Un film d'époque à la mise en scène et aux costumes élégants, une histoire intéressante mais plate lorsqu'on creuse un peu, des acteurs bons mais qui ne font que le stricte minimum, je ne sais que penser d'un film comme Chéri qui me laisse perpléxe.