« C’est toujours quand on s’y attend le moins…. ». C’est ce qu’a dit Cros nounours en sortant de la séance. Je trouve que c’est représentatif de ce que j’ai ressenti avec « Big Eyes ».
En effet, je n’avais pas d’attente derrière ce film qui semble, de prime abord, dénoter dans la filmographie de Tim Burton. Faut dire que j’ai lu beaucoup de critiques avant de voir le film. J’ai ainsi pu lire des tas d’immondices du genre : Tim Burton a réalisé un mauvais film…ou alors un film plaisant tout au plus. Un film sans surprise et mal monté. J’ai aussi lu que Big Eyes n’a de Burtonnien que le label. Christoph Waltz surjoue, nous avons perdu Burton etc etc…
J’avoue que j’avais une certaine appréhension. La peur d’être déçu et que ce qu’on pouvait en dire soit la vérité. Je crois en Burton, j’en suis fan et j’ai toujours eu l’impression de comprendre ses messages, son univers. Pouvait-il me décevoir ?
Après avoir vu le film, je me demande si c’est une blague ?!? Car Big Eyes est non seulement un TRES bon film mais en plus je trouve qu’il n’est pas si éloigné de sa filmographie.
Alors oui, il n’y a pas de Johnny Depp, d’Helena Bonham Carter, ni de monstres, de fantastique, d’effets spéciaux…Mais j’ai bel et bien retrouvé la patte du maître. Au moins dans les thématiques abordées. Ça fait pas mal de temps qu’on râle parce qu’il « tourne en rond », parce qu’il ne travaille qu’avec les mêmes personnes, qu’il ne sait pas se réinventer…Et maintenant qu’il prend le risque de raconter un conte ancré dans la réalité, qui s’éloigne des sentiers battus et qu’il fait quelque chose de nouveau…On dit qu’il est un imposteur ! Faut savoir quand même. Non mais oh !
Tim Burton décide de répondre à ces reproches de manière la plus convaincante qu’il soit avec un film de qualité et sincère.
J’ai été transporté par ce conte incroyable beaucoup moins léger qu’il n’y parait. Le film est fascinant sur bien des points. J’ai adoré ce couple haut en couleur, ces outsiders chers à notre Tim Burton.
D’un côté, la fragile Margaret Keane, interprétée par une somptueuse Amy Adams, qui se laisse dominer par l’escroc machiste, manipulateur, ringard, sans scrupule Walter Keane. Celui-ci, joué par le très en forme Christoph Waltz qui en fait trop en effet…Et tant mieux !!!! On est dans un film de Burton, ne l’oublions pas. J’ai adoré détester ce loser pathétique qui m’a bien fait rire autant qu’il m’a glacé d’effroi ou même agacé.
Un film que j’ai aimé découvrir, regarder qui m’a vraiment plu (j’insiste). Je trouve cette histoire incroyable et je comprends que Tim Burton ai eu envi de nous la raconter. Après tout, dans Sleepy Hollow, Charlie et la chocolaterie, Alice au pays des merveilles on y voit des Big eyes. On peut donc imaginer que ces tableaux l’ont influencé dans son travail. Fasciné par l’art depuis toujours, c’est quand même un bel hommage à la manière Burton qu’il fait là.
Tim Burton montre une fois de plus qu’il a du talent et dans tous les styles cinématographiques. Et j’espère que Big eyes sera mieux accueilli qu’aux Etats-Unis et qu’on reconnaisse le talent du réalisateur à sa juste valeur, tout comme on puisse reconnaitre son univers à travers cette œuvre. Ou pas…car qui sait ?!? Peut être qu’il s’est approprié le film d’un autre réalisateur à la manière de Walter Keane ?!? A méditer…