Le grand Woody Allen est enfin de retour. Rentré à la maison, il revient aux bonnes vieilles recettes abandonnant son goût soudain pour les actrices et acteurs tendance... Du coup, il retrouve ça verve et nous offre un Whatever Works on ne peut plus bavard, cynique et drôle. L'ensemble du casting est tenu par des comédiens excellents. Le rôle qu'il se serait d'habitude octroyé, Woody Allen l'a cédé à Larry David. Et ça fonctionne parfaitement. On croit voir Woody lui-même tant chaque réplique porte sa marque - ce qui n'est sans doute pas un compliment pour Larry David mais ce qui réjouis les fans inconditionnels de Woody acteur. Evan Rachel Wood est excellente en ingénue conquise. Les seconds rôles sont à la hauteur de la qualité du film. Une bouffée d'air frais après les fadasses Vicky Barcelona et autres Cassandre.
Ohlalala, ça donne envie d'aller vivre à New York. Les petites échoppes, les rues, l'ambiance, les vieux, les chiens, les décors, la musique, tout y est. Et l'histoire est hilarante, merci Woody, merci les acteurs, ça doit être quelque chose en VO. J'adhère complètement.
Woody Allen revient à New York …et c’est tant mieux. On évite ainsi les clichés de ses films précédents (excepté « Match point ») pour retrouver son efficacité comique et la brillance de ses dialogues qui nous avaient un peu échappé depuis « Meurtre mystérieux à Manhattan » ou « Maris et femmes » soit presque 15 ans ! Servis par des comédiens au jeu d’une totale maitrise (mention spéciale à Patricia Clarkson tout aussi convaincante en rombière catholique intégriste qu’en hippie échangiste), Woody Allen, tout en donnant l’impression de ne rien dire de plus que ce qu’il a déjà exprimé, invente un nouveau rythme, de nouvelles idées de mise en scène qui nous réconcilient avec son talent de narrateur et son sens des réparties.
Whatever Works transcende, à travers le récit d'une connection amoureuse insoupçonnable, une génération de principes entêtés, proprement dualistes. Whatever Works est une représentation picturale riche de symboles et jouant sur la confrontation et le contradictoire. Larry David incarne un théoricien parfumé à la misanthropie, héritier indirect d'un passé marqué par le sceau du romantisme, le plus pur; et est profondèment influencé par un formalisme, vieux-jeu; ingénieusement personnifié par sa qualité de "prix nobel"; expression qu'il ne manque d'ailleurs pas de réitèrer tout au long des scènes. Evan rachel Woods, bohême et candide, représente le stéréoptype d'une génération ado- très "prince charmant" et prête à s'abandonner à l'amour véritable. Whatever Works présente un arc de vie attendrissant et réverbère avec maîtrise la quintessence d'une relation que l'on s'imagine impossible. Woody Allen propose un récit de qualité s'écartant du décorum trop nian-nian, malheureusement accoudé au genre. Une réussite.
Je suis loin d'être un inconditionnel de Woody Allen, toutefois les films qui suscitent la réflexion tout en étant ancrés dans l'humour et la satire.. il n'en sort pas toutes les semaines. Le résultat que produit ce film est fantastique, on parvient à s'attacher à ce personnage de Boris qui est tout simplement aigri et en veut à la terre entière de ne pas avoir eu la carrière qui lui était destinée. Le contraste entre le génie déchu et l'ingénue est probant, on en vient meme à oublier la différence d'age pourtant conséquente. C'est un des films qui m'a fait le plus rire ces derniers temps et je le conseille à tout un chacun. Entre cynisme, sarcasme et naïveté à vous de choisir...
Etrange période que celle-ci dans le cinéma de Woody Allen, alternant entre le drame grandiose ("Match Point", peut-être son meilleur film à ce jour), le drame raté ("Le rêve de Cassandre", peut-être son plus décevant), et la comédie légère, chaleureuse, existentielle, joli retour aux bases de son langage ("Vicky Cristina Barcelona"). L'Europe abandonnée, le voici de retour à New York, terre de prédilection, dans cette comédie pamphlétaire à demi-teinte. Les dialogues, petites merveilles truffées de candeur intellectuelle, assistent jusqu'au bout le scénario à tiroirs. "Whatever Works" n'est pas du grand Woody Allen car il ne s'agit pas d'un film de mise en scène comme l'était discrètement "Accords et désaccords" ou "Scoop" ; les plans simples, neutres, ont ici valeur d'efficacité mais jamais Allen ne concocte une âme de cinéaste. Cet exercice réjouissant tient plus du one-man show, du spectacle de tirades sur sujets libres et philosophiques, que d'une réalisation magique qui incarne les traits du dialogue. La confrontation hilarante entre ce 'presque Prix Nobel' et une petite blonde idiote forme un couple d'une formidable photogénie, lié par l'art du bon mot et le goût admirable qu'a Allen pour la répartie franche. Son personnage (Larry David dans une citation de Woody Allen avec tout ce qu'il faut de gênes et de misanthropie) devient alors quelqu'un de familier, un personnage qui n'en est presque pas un tant il titille nos idées reçues dans un échange avec le public de la salle (gentiment attaqué par la verve séduisante de ce vieux fou à lunettes). C'est seulement là que la magie du cinéma naît, dans l'interaction qu'il fait avec le public (barrière aussi, qui le ramène à l'idée d'un spectacle continu), tel les allers-retours cinématographiques de Mia Farrow dans "La rose pourpre du Caire". Jamais prétentieux pour un sou, Woody Allen a l'astucieuse idée de taire son savoir-faire dans une marmite d'auto-dérision jouissive. Son ego mis de côté, ressort un petit tour
Enfin on retrouve du grand Woody allen. De là à dire que c'est du jamais vu, peut être pas. Un autre aurait dit "peu importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse." Ben pourquoi pas, tiens ! Des remarques très justes sur les préjugés, l'absurde recherche de relation stable et l'éternel quête d'épanouissement (en tout genre...)
Comment cacher son enthousiasme face à un tel début ? Introduction incisive et directe, à la narration inventive qui plus est, et de retour dans ce bon vieux New-York dans lequel maître Allen nous a pondu ses plus belles oeuvres. Mais du coup, comment cacher aussi la déception qui nous attend par la suite ? Alors qu’on jubilait déjà, qu’on trépignait de voir le film qui allait s’offrir à nos yeux, on se retrouve très vite confronté à un premier dilemme : quitte-t-on tout de suite la salle face à l’agression que représente le jeu tout en hurlements de Larry David ou bien prend-on sur soi pour bénéficier du reste du film ? Malheureusement, ce ne sont pas les spectateurs qui auront fait le choix le plus courageux qui seront récompensés. Car après tout, derrière toutes ces sarabandes d’acteurs très tape à l’œil et assez grotesques, il ne se cache finalement pas grand-chose. L’histoire est linéaire, sans relief, et se déroule comme un simple prétexte à de multiples situations creuses et toujours prévisibles. On s’ennuie, on ne rit même plus aux pitreries propres au maître Allen tant elles se révèlent finalement usées jusqu’à la corde, et – pire que tout – on s’afflige presque face à la lourdeur des caricatures et des clichés auxquels on nous expose. C’est bien simple, ici le petit zest qui faisait la magie de ses films n’est plus, et c’est tous les artifices du grand Woody qui s’assèchent et s’écroulent. On a peine à le dire, mais ce "Whatever Works" fera partie des films d’Allen à oublier au plus vite…