16 219 abonnés
13 170 critiques
Suivre son activité
2,5
Publiée le 25 avril 2010
S'inspirant de l'affaire du RER D en 2004 (une femme avait prètendu avoir ètè agressèe parce qu'elle ètait juive, puis s'ètait rètractèe), Andrè Tèchinè imagine la vie de cette "victime" avant et après les faits, pour un projet qui secoue, tant sur la forme que sur le fond! Dans "La fille du RER", le cinèaste regroupe un casting prestigieux, et rèveille leurs dèmons! Un vrai travail artistique avant toute chose (la touche de Tèchinè est partout, dans les paysages, les personnages, la lumière) pour un portrait troublant entre fiction et rèalitè! Le film fait rèflèchir sur bien des sujets et joue sur la corde de la compassion ou non du spectateur en vers l'hèroïne, campèe avec beaucoup d'ambiguïtè par Emilie Dequenne...
Un sujet banal mais admirablement maîtrisé et impeccablement interprété, tellement bien qu'on en oublie les petites maladresses comme un essoufflement au milieu du film et un certain manque de tonus.
André Téchiné a quand même une sacrée plume.Ses scénarios sont toujours nikels.Celui-ci,bien que brumeux,n'en est pas moins intriguant,et pose de nombreuses questions."La fille du RER" reprend ce fait-divers de 2004,lorqu'une jeune femme invente une agression antisémite.Quelles sont ses motivations?Pourquoi un tel mensonge?Les interprétations sont multiples.Pour manifester sa révolte contre une injustice(son copain poignardé).Pour regagner l'intérêt de ses proches,et d'une mère avec qui elle est fusionnelle(Catherine Deneuve,toujours inspirée chez Téchiné).Pour rendre tangible sa quête d'identité juive.C'est fort possible.Son témoignage déclenche une vague de fond à l'échelle des médias comme à l'Elysée,qui prouve à la fois le pouvoir des mots,et le besoin politique de pointer du doigt l'obsession sécuritaire dans un racisme à peine voilé.La famille Bleinstein,avec à sa tête,le grand-père,avocat de renom vertueux(Michel Blanc,dont la vaine recherche d'affection touche),vient en aide à cette fille paumée,lors d'un week-end à la campagne.Emilie Dequenne,dans le rôle-titre,rollergirl intrépide et trouble,magnifie sa prestation.On déplore le chapitrage du film,ainsi que la distance mise par rapport aux émotions,mais Téchiné se tire parfaitement d'un exercice de funambule entre affaire sociale et intimiste.
André Téchiné nous livre ici une vision discrète et personnelle d'un exemple d'emballement politico-médiatique. La première question qui me vient à l'esprit est : pourquoi avoir choisi la certes talentueuse mais aussi trop belle Emilie Duquenne pour incarner l'héroïne?! De mémoire je n'avais pas retenu que la cible des média avait autant de charme ! C'est du cinéma me direz-vous... mais tout de meme ! Catherine Deneuve en veuve de militaire dans un pavillon de banlieue, papier peint et robe à fleur ! C'est du cinéma me direz-vous... Mais tout de même ! On aurait peut être préféré une autre façon de présenter les choses. De l'intimisme grand public : on n'a rien contre .
Formidable film sur le mensonge, le cinéma, la fragilité des êtres.
Formidable film sur le cinéma, pourquoi ? Parce que La Fille du RER est un commentaire sur le pouvoir du septième art, sa capacité à développer son sujet et à faire réfléchir, semblant ainsi s'opposer au traitement des médias par exemple, à leur irrémédiable besoin de tout traiter sans véritablement creuser, à faire de la fast-news. Mais le cinéma, lui, a du temps et de l'attention à consacrer aux personnages qu'il filme, quand un JT ne sait qu'enchaîner ses sujets. Et là réside - entre autres - son intelligence. Comment comprendre une fille comme Jeanne/Marie-Léonie et son acte en matant 3 minutes de JT ? C'est difficile, et le cinéma est à l'opposé de cela car il a cette possibilité de s'intéresser aux gens, à leur manifester de l'attention. La Fille du RER établit donc en permanence deux discours qui finissent par se croiser et qui sont dépendants l'un de l'autre, l'un sur l'irresponsabilité des médias en totale harmonie avec une société de consommation, l'autre sur le média qui sert à raconter cette histoire et qui discourt donc sur lui-même. Le film - quel dommage - tombe parfois dans l'excès explicatif, surligne un peu trop certains traits qui ne sont pas loin d'insulter la démarche intellectuelle d'un spectateur qui pourrait très bien réfléchir tout seul. Mais dans son ensemble La Fille Du RER est plutôt subtil et délicat, surtout qu'il ne cherche pas à expliquer ce qui n'est pas explicable. Film adulte. Soit tout le contraire de son personnage principal.
Le film parle beaucoup de ça, du passage à l'âge adulte. Jeanne n'a jamais véritablement travaillé, vit toujours avec sa mère et a besoin de cette dernière pour lui faire son CV. A l'évidence, elle n'est pas encore très mature. C'est une gosse totalement irresponsable qui ne maîtrise absolument pas l'acte odieux qu'elle invente. Et Emilie Dequenne sait apporter à ce personnage une certaine innocence, un côté paumé, pas à sa place, qui confèrent à Jeanne une véritable tristesse. Le summum étant la séquence très symbolique de la cabane - lieu propre à l'enfance - où elle partage une nuit avec un jeune garçon à qui elle confie toute sa désolation : " Je voulais qu'on m'aime et puis tu vois, c'est tout le contraire qui s'passe " ( j'ai chialé à mort ). Cette phrase résume bien le personnage : elle ne commet cet acte que pour qu'on s'intéresse à elle, pour qu'on la regarde, elle veut juste attirer l'attention. Mais la nature de l'acte ne saurait s'accorder à un tel désir, et on ne peut aimer la personne qui s'y est adonnée. Seulement, faut-il la blâmer ? Quelques séquences du film - à la campagne - montrent les adultes la juger et la prendre de haut plutôt que de chercher à la comprendre et à la réconforter. Et c'est assez effrayant de constater que finalement l'immaturité n'est pas une exclusivité de l'enfance. Dans sa détresse, Jeanne n'a pas besoin d'un pied qui l'enfonce, sinon d'une main tendue vers elle. Jusqu'à la fin son personnage sera exclue, et le montage parallèle final entre la cellule dans laquelle elle est enfermée et la bar-mitzva le dit bien, montre parfaitement sa déchéance et ne fait que renforcer l'empathie que l'on ressent pour elle. Du JT au cinéma, Jeanne/Marie-Léonie passe donc de l'indifférence à l'attention, d'une affabulatrice qui prend les gens pour des idiots à une jeune fille aux failles multiples. C'est donc ça que fait le cinéma, il regarde les gens et parvient à leur rendre toute leur humanité. Son pouvoir est donc immense.
Inspiré de faits réels, le film retrace la dérive psychologique d' une jeune fille, qui suite a un évènement déstabilisant sombre dans le mensonge...Ce qui frappe de prime abord, c' est le rythme très lent du film qui prend tout son temps pour nous faire découvrir les personnages. Le gros problème ne vient pas du casting (très bon) mais bel et bien des acteurs en eux-meme qui n' ont pas l' air convaincues, voir meme qui jouent carrément mal la moitié du temps (mention spéciale a Blanc franchement nul dans ce film). Heureusement qu' Emilie Dusquennes est très jolie pour rattraper son jeu monotone. L' histoire ne sert que de prétexte a de longs dialogues ininterressants, et des plans séquence franchement dispensables. Bref un film qui ne repose sur pas grand chose finalement, heureusement que les images sont belles et que certains acteurs relèvent un peu le niveau (Catherine Deneuve en tete)...
Voilà, une petite demi-étoile, c'est tout ce que vaut ce film et encore, je suis gentille, peut-être à cause de la présence de Michel Blanc qui vient un peu relever le niveau de narration de ce fait divers qui a tant fait parler, et qui ici est réduit à sa fin, en s'attardant sur les 2/3 du film à tenter d'expliquer d'expliquer subtilement "pourquoi", seulement voilà, les évènements arrivent, et on a toujours pas compris ce pourquoi. Ca reste terne et sans intérêt.
Un tantinet interessant. On a tout de même du mal à croire au jeu d'acteur d'Emilie Duquenne. Peut etre était-ce voulu, ce manque de profusion en sentiments. Cette indifférence aux conséquences. En tout cas, ce film donne surtout l'impression d'avoir voulu mettre en exergue un défaut de notre société du tout média, sans vraiment avoir creusé l'histoire des personnages en elle meme, et bien qu'on puisse avoir l'impression du contraire à premiere vue, en particulier avec la répartition du temps qui laisse peu de place à la véritable intrigue de l'histoire.