Un film d’épouvante britannique, ça ne court pas les rues ! Ayant raflé plusieurs récompenses, «Eden Lake » avait de quoi attirer l’attention du plus névrosé des films gore. Et pour être gore, ça il l’est ! James Watkins signe avec son premier film une véritable ode à l’horreur, à travers une intrigue trash et sordide à souhait. Le film n’a pas volé son -16 ans, ça c’est clair, et certaines scènes auront de quoi vous retourner l’estomac, même si l’autocensure prime souvent (heureusement). L’horreur que va vivre ce jeune couple, en proie à une jeunesse britannique en perdition totale, est moralement très douloureuse aussi ; certaines séquences du film soulignent avec pertinence la souffrance psychologique qui naît d’une telle situation, de tels supplices. Techniquement, le travail fourni est sans bavures et contribue parfaitement à rendre l’ensemble poisseux et stressant. Le décor forestier est un peu kitch mais plutôt joli (même si dans ce genre de film, on ne prête pas une grande attention aux arbres environnants, n’est-ce-pas ?!). Les interprètes sont convaincants. Kelly Reilly, l’héroïne du film, est douée dans le rôle de la victime en mode « survie », tandis que Michael Fassbender, excellent acteur à l’époque quasi-inconnu du grand public, est tout à fait crédible. Les jeunes mettent mal à l’aise par tant d’hésitations, d’entêtements et d’irresponsabilité, et le chef de la bande, tyrannique est archi-fêlé, fait froid dans le dos autant qu’il n’irrite par tant de stupidité et de brutalité. Le final secoue autant que les ¾ de ce concentré d’angoisse et de férocité malsaine. « Eden Lake », c’est avant tout une œuvre puissante, sans concessions ni grande compassion, parfois déplaisante tellement elle parait Trash … mais redoutablement efficace ! 14/20