Après ses excellents Memories of Murder (2004) & The Host (2006), Joon-ho Bong revient dans un tout autre registre (une fois de plus), avec l’histoire de cette femme, veuve et mère de famille, qui va tout tenter pour faire innocenter son fils. Ce dernier étant à moitié demeuré, il ne va pas faciliter les choses, tant aux policiers qu’à sa mère. Mise en scène avec beaucoup de soin, très stylisée, le scénario en pâtit et se retrouve au final atrophié de consistance, si bien que plus d’une fois, le film prend des longueurs disgracieuses négligeables. C’est d’autant plus regrettable qu’au niveau de l’interprétation, c’est un sans faute. Joon-ho Bong nous avait habitué à mieux, beaucoup mieux, en espérant qu’il se rattrape la prochaine fois . . .
Compte tenu du talent prometteur montré par Bong Joon-Ho lors de la sortie de ses deux très grands films : Memories of murder et The host, on ne peut que ressortir déçu de Mother. Une structure narrative discontinue avec de brusques ruptures de ton et une histoire pas toujours palpitante amoindrissent un film qui reste quand même parfois empli de fulgurance telles les scènes d'introduction et de conclusion qui restent les plus belles et les plus mystérieuses du film. Mother est une charge sociale portée avec ironie contre le pays avec une attaque non feinte de certaines institutions coréennes telles la police et la famille. Le soutien d'une mère à sa famille semble ne se faire qu'à l'aide d'une transaction quasi incestueuse (beaux plans entre la mère et son fils au lit qu'ils partagent). Comble du clin d'oeil, un nouveau coupable est trouvé : un autre débile léger. Mais la mère courage a du tuer un innocent pour sauver son fils. Il faut saluer la très grande interprétation de la mère, Kim Hye-Ja à la limite de l'organique.
Bong Joon-Ho s'impose de film en film comme un des cinéastes les plus prometteurs du cinéma mondial. Mother en impose par sa maîtrise dans tous les domaines : une scène d'ouverture mémorable, un scénario millimétré, une mise en scène discrète mais puissante et une direction d'acteurs époustouflante. Le sujet est le suivant : un simple d'esprit est accusé d'avoir assassiné une écolière. Une balle de golf découvert près du cadavre l'accuse. C'est donc une sorte de version en mode mineur du premier film de Bong, Memories of Murder, qui présentait l'enquête menée contre un tueur en série de jeunes filles, dans un coin de campagne coréenne.
Sa mère va le défendre, se battre comme une chienne, en menant une enquête parallèle, et l'intrigue va connaître pas mal de rebondissements. Jusqu'où une mère qui aime peut-elle aller pour sauver son fils ?
Le film au-delà de sa parfaite maîtrise formelle, réussit comme d'habitude dans le cinéma coréen à juxtaposer les genres (comédie, film à énigme, film gore, polar, drame) avec brio. Une certaine ambiguité malsaine est présente tout au long du film, liée aux relations psychologiques compliquées entre la mère et son fils.
Je ne sais pourquoi, mais j'ai souvent pensé à Almodovar, durant le film, peut-être à cause de la manipulation du spectateur, de l'excellence de la bande son, ou des traits psychologiques déviants.
A voir, même si on a un peu de mal à entrer dans le film au début, pour une deuxième partie absolument brillante.
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film assez lourd, voire balourd, plutôt m'as-tu-vu. Je n'ai pas réussi à croire à la réalité de l'amour de cette "mère" pour son fils ? Ou alors faut considérer qu'elle est foldingue. De toutes façons le film est trop long, encombré d'un excès de rebondissements qui font qu'on s'en désintéresse petit à petit, malgré de bonnes choses, évidemment. Ne donne vraiment pas envie de visiter la Corée, climat glauque, ambiances sordides, lycéennes surprenantes!
Tout d'abord je tiens à saluer la performance de l'actrice qui est absolument troublante. L'intrigue nous porte du début à la fin dans un suspense haletant, nous fait suivre cette mère prête à tout pour sauver son fils (et peut-être aussi se sauver elle-même...), à tout prix, portée par une force sans limites. On découvre une mère à la fois touchante par sa tendresse débordante, et terrifiante par sa démesure, son amour sans limites. Cette mère qui peut-être a voulu se prouver que l'amour peut tout effacer, tout reconstruire, même après le souhait de mort, de mort commune. Et un fils étrange, rêveur et perdu, calme mais impulsif, qui ne comprend rien mais comprend tout...
Voici un film dont je suis sortie chamboulée : la tête qui tourne et les mots qui manquent... On ne regarde pas passivement ce personnage de mère, on le vit jusqu'à la fin ! Les plans sont parfois d'une ingéniosité rare et l'actrice coréenne Kim Hye-ja est pour moi une véritable découverte tant elle est juste. A voir absolument !