Le film Limitless présente une drogue fictive, la NZT, qui donne l’illusion d’être une solution miracle : intelligence augmentée, confiance totale, réussite sociale et professionnelle. Au premier visionnage, le film peut être très attirant, car il met en scène le fantasme humain de devenir meilleur sans effort, avec des “super-pouvoirs”.
Cependant, en y réfléchissant davantage, il apparaît clairement que la NZT est une métaphore des drogues dures que l’on connaît déjà. Le fonctionnement est le même : au début, la drogue donne une sensation de toute-puissance, l’impression de tout contrôler et d’être invincible. C’est exactement ce que ressentent beaucoup de consommateurs dans la réalité lors des premières prises.
Le film montre bien certains effets négatifs comme la dépendance, les trous de mémoire, la paranoïa et les risques physiques. Mais malgré cela, l’œuvre reste ambiguë, car elle continue de rendre la drogue séduisante visuellement et scénaristiquement. Le spectateur est tenté de retenir surtout les bénéfices, plus que les conséquences.
Le plus problématique est la fin du film, où le personnage principal parvient à éliminer les effets secondaires et à garder uniquement les avantages. Cette conclusion est irréaliste et dangereuse dans son message implicite, car dans la vraie vie, il n’existe pas de drogue sans conséquences. On ne peut pas simplement “corriger” une addiction ou supprimer ses effets négatifs tout en conservant les bénéfices.
Ainsi, Limitless peut être vu comme un film qui, malgré une intention possible de mise en garde, banalise et romantise en partie la consommation de drogues en la déguisant sous une forme de science-fiction. Le film vend un fantasme de contrôle et de réussite qui ne correspond pas à la réalité, où la prise de drogues mène le plus souvent à une perte de contrôle plutôt qu’à une amélioration durable.