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Un visiteur
4,0
Publiée le 25 août 2009
Adapté de la célèbre pièce de Gorki, "Les bas fonds"est entièrement fidèle à l'esprit de l'auteur. Akira Kurosawa fait partie de mes réalisateurs favoris car il arrive a nous faire la différence entre la vie et la mort et sa technique immense de reprendre des pièces de théâtre connus et de les faire a sa petite sauce Japonaise car il y a souvent du théâtre dan ses oeuvres. ce qui était très nouveau a l'époque. Ce n'est pas son meilleur film car il y a peu d'action et pas vraiment d'histoire. c'est plus une façon que Kurosawa nous montre la société a travers un asile et comment ils se supportent les uns les autres entre : un voleur, une prostituée, un samouraï, un acteur râté, un artisan, un policier. L'ambiance entre les personnages est parfaite. Transporté dan le Japon féodal, le récit permet a kurosawa une remarquable peinture du petit peuple de l'ancienne Tokyo. mais ce genre de film cela va bien une heure et demi mais deux heures...
Gorki ilustré par Kurosawa : une transposition juste, filmée comme un théâtre, sauf qu'on a vite l'impression de se retrouver au milieu d'un groupe de refaiseurs du monde en train de radoter, à peine conscients de l'endroit où ils sont, comme les ivrognes en fin de soirée... Des fulgurances pourtant, quelques grandes vérités : dommage que les femmes qui pourraient apporter la variante espérée font de si courtes apparitions. Un seul personnage vraiment attachant, celui habillé de clair débarquant avec sa face de clown, le brave type... Le numéro final, ce délire dansé, tombe comme un couperet. Ensemble un peu trop "féodal" à mon goût...
Peintre de sa société et des mutations qui l’habitent, Akira Kurosawa tente avec «Donzoko» (Japon, 1957) de dresser le portrait des marginaux, de ceux qui ne s’emboîtent pas dans la matrice capitaliste. Adapté d’un roman de Gorky par Kurosawa et Hideo Oguni, le film se situe dans les bas-fonds d’Edo. Si l’atmosphère que Kurosawa donne à ces bas-fonds n’est pas aussi terrifiante que celle dans «Tengoku to jigoku», les rires goguenards qui échappent de chacun des personnages ne se chargent pas moins d’une désillusion terrible, seule remède dans un lieu où rôde sans cesse une mort purulente. Situé en grande partie dans un foyer miteux où s’entassent femme folle, samouraï déchu, veille agonisante et quelques ivrognes invétérés, «Donzoko» prend partie pour cette caste délaissée. Jouxtant ce foyer, la maison du propriétaire, qui soutire à chacun des locataires une forte somme, n’est montrée de l’intérieur que lorsque s’insurgent les pauvres habitants. Lutte des classes sur fond de satire morbide, «Donzoko» peine à trouver la maestria esthétique qui régit les plus grandes œuvres kurosawaïenne. Certes, chacun des personnages occupe un temps, tient une place précise et digne dans la mécanique du récit mais l’emploi de nœuds dramatiques, comme l’adultère au sein d’une intrigue bien plus grave, est maladroit. Les hystéries que déclenchent les tromperies et les abus semblent peu enclins à s’approprier la gravité d’un tel sujet. Les situations paraissent parfois guignolesques. Kurosawa entend dépeindre une marge rendue absurde, délirante par une surexploitation des castes supérieures. La mort qui parcourt l’endroit principal où se déroule le récit, devient dérisoire, presque un faire-valoir pour légitimer la teneur guignolesque des personnages. Les échanges entre chacun mêlent cordialité et ardeur. «Donzoko» situe son action dans un gouffre, au creux d’un cratère que la société aurait creusait pour y domicilier ses rebus. S’y joue un théâtre satirique de la mort.
On retrouve dans cette adaptation de la pièce de Gorki, transposée ici au coeur du Japon, l'étonnante ambiance pesante de la pièce. A voir sans hésitation.