Garde à vue
Note moyenne
4,2
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anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 9 août 2011
Très bon film de Claude Miller (j'indique tout de suite qu'il s'agit d'une adaptation de Brainwash de John Wainwright, et que non, bien sûr, je n'ai pas lu le bouquin - faut pas déconner, la vie est courte, horribilis... mais enfin l'initiative et les dialogues sont signés Michel Audiard, et pour le coup, on ne peut qu'applaudir à la force, la finesse, l'intelligence de tous les échanges (le film n'étant principalement composé que de ces échanges", cela laisse imaginer l'importance d'Audiard dans la réussite de cette Garde à vue)), dont l'objet principal est... la garde à vue, oui ma bonne dame, un soir de Saint-Sylvestre, 31 décembre donc, de Maître Jérôme Charles Emile Martinaud (Michel Serrault), notaire et notable dans cette localité de Cherbourg, interrogé par l'inspecteur Gallien (Lino Ventura) et son adjoint-greffier, Belmont (Guy Marchand). Le première séquence situe très bien les personnages selon leurs caractères respectifs ; Gallien rappelle l'objet de cette garde à vue : deux jeunes filles ont été violées et tuées, et Martinaud, qui a découvert le second corps, passe, comme en un glissendo, du statut de témoin à celui de suspect. Toute la première séquence tourne autour d'une histoire de chien, Tango, qui aurait du accompagner Martinaud selon sa déposition, chien dont pourtant plusieurs témoins nient l'éventuelle présence aux côtés de Martinaud. Ce dernier se moque de l'interrogatoire, indique courtoisement qu'il a autre chose à faire un 31 décembre que de parler "toutous" chez les flics, et suggère que la police veut le coincer pour la renommée et le statut qui sont les siens, autrement dit pour ce qu'il est, davantage que pour ce qu'il a fait (à l'horizon de tout ça, l'idée que la police préfère coincer un riche pour l'image de marque de la noble institution...). Martinaud s'enfonce alors dans une dualité dont il ne sortira jamais : d'une part il rit des flics, mais de manière détournée, fine, décalée, d'autre part il est bien obligé de reconnaître ses erreurs et d'expliquer les contradictions présentes dans sa déposition.
Si bien que tout le film penche tantôt vers l'une ou l'autre branche de l'alternative - c'est là assurément la grande force du film de ne jamais trancher définitivement sur la culpabilité de Martinaud, pas même après le surprenant renversement/bouleversement final : à certains moments, l'on est sûr que Martinaud est innocent, qu'il est victime d'acharnement moral et physique de la part de la police (garde à vue forcée le 31 décembre jusqu'à deux heures du matin que manifeste très bien le film d'une part, agression de la part de Belmont alors que Gallien s'est absenté, coups et blessures et passage à tabac d'autre part), à d'autres, à mesure que Martinaud revient sur ses déclarations contradictoires et avoue à plusieurs reprises s'être trompé, l'on est prêt à le condamner... En somme l'objet de Garde à vue est autant le couple innocence/culpabilité que l'institution policière elle-même, les mécanismes de pouvoir sur laquelle elle est fondée et l'institution judiciaire pour laquelle elle doit travailler. Ce que répète chercher Gallien à plusieurs reprises, c'est une preuve ; mais le fait, la preuve n'arrivent jamais, ils sont toujours fantomatiques, autant fantomatiques que les souvenirs erronés de Martinaud, et d'autant plus fantomatiques que Martinaud joue et se moque de toute cette grande comédie qu'est l'interrogatoire, la grande machine policière et la garde à vue elle-même ("- Antoine, j'sais pas ce qui me retient de lui foutre la bécane dans la gueule, déclare l'adjoint de Gallien, après une boutade de Martinaud sur la précision horaire des informations policières. - Le règlement Belmont, répond illico Gallien, tout simplement le règlement..."). Les dialogues de Garde à vue, brillants, ciselés, se multiplient donc sur cette absence de preuve, d'incontestable ; la recherche de la vérité glisse alors et devient guerre de langage, mots d'esprit, ruses, discours emphatiques, personnels, destinés à convaincre, à séduire, à toucher ; la vérité elle-même se dissout pour laisser place à une longue polémique, un enchevêtrement de blocs rhétoriques et tactiques entre Gallien et Martinaud. Garde à vue, de ce point de vue, constitue, avec Douze hommes en colère, un des plus grands huis clos créés sur le délicat et passionnant problème de la culpabilité d'un homme.
[...] Garde à vue est un film d'orfèvres, aux dialogues adamantins, à la réalisation sobre mais diablement efficace. Le charisme des quatre acteurs principaux est bluffant, et leur interprétation justement récompensée pour Marchand en salaud de flic un peu simplet, et Serrault en notaire ironique et désabusé, (bien que Ventura, "bredouille", me soit apparu encore plus impressionnant). Il n'y a peut-être que la musique (fort peu présente toutefois) qui abaisse le niveau de ce chef-d'oeuvre de huis clos. 17/20

La critique complète sur le Tching's Ciné bien sûr :
http://tchingscine.over-blog.com/
halou
halou

153 abonnés 1 532 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 décembre 2012
Les acteurs nous plongent dans un film superbement maîtrisé. Un face-à-face légendaire dans un huis clos à jamais entré dans la belle histoire du cinéma français. Un désormais classique.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 4 janvier 2009
Le huis-clos est savoureux grace à la performance des acteurs.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 1 août 2009
Ah! on ne pouvait pas rêver mieux comme polar. C'est tout simplement parfait! Un suspence omniprésent, une tension croissant à chaque rebondissement, des dialogues percutants, un duo d'acteurs grandiose, un scénario béton et une fin géniale. Ce polar se construit à la manière d'un puzzle, rien n'est laissé au hazard, tout les éléments sont importants. Par ailleurs, on ne peut que saluer l'économie et la simplicité de ce film(courte durée, un minimum de lieux et d'acteurs) par rapport au très grand résultat que donne l'ensemble. Claude Miller signe donc là un coup de maître du fait de son efficacité redoutable.
EXCELLENT!!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 9 décembre 2008
Un polar noir, très noir... Claude Miller nous fait part d'un fait-d'hiver sombre où les dialogues incisifs d'Audiard se mélange à la qualité de l'interprétation où le face à face Lino Ventura/Michel Serrault est mémorable, deux gueules, deux comédiens d'un charisme et d'une présence difficilement égalable. En un mot comme en cent: un Classique!
SebD31
SebD31

102 abonnés 553 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2008
Le face-à-face Ventura/Serrault est explosif. Un film remarquablement mis en scène. Culte !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 27 août 2008
Miller signe son meilleur film avec ce superbe polar qui combine un scénario et une interprétation impeccable.
loulou451
loulou451

147 abonnés 1 503 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 août 2008
Une grande réussite du cinéma français, due en partie par la sobriété et la maîtrise de son réalisateur Claude Miller. S'appuyant sur un scénario impeccable dominé par les dialogues de Michel Audiard, Miller tisse la trame d'un huis-clos implacable et saisissant d'effroi et de vérité. Pour camper les personnages, le duo Ventura-Serrault fait mouche à chaque réplique. Du grand art.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 26 juin 2008
Immense face-à-face Ventura/Serrault devenu historique dans le cinéma français, un excellent film de Claude Miller avec des plans savamment orchestrés, une musique de Georges Delerue façon carrousel d'enfants, une apparition forte et fantômatique de Romy Schneider et des dialogues d'Audiard percutants. Revoir sur grand écran au cinéma ce huis-clos est un régal.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 18 juin 2008
Un chef d'oeuvre du huis-clos! Le face-à-face Lino Ventura/Michel Serrault crève littéralement l'écran, les dialogues de MIchel Audiard sont croustillants et le scénario nous tient en haleine tout le long, grâce à un Serrault au summum de l'ambiguïté. Garde à Vue se révèle jouissif, à consommer sans modération!
Une alchimie que ne reproduira pas son médiocre remake américain, Suspicion.
Incertitudes
Incertitudes

263 abonnés 2 337 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 juin 2008
Garde à vue a pour origine Michel Audiard qui avait acquis les droits du roman de John Wainwright intitulé A table. Suite à la mort tragique de son fils en 1975, on le vit alors aller vers plus de noirceur et de désespérance. Exit donc les grands films populaires qui ont fait sa renommée. Claude Miller est chargé de la mise en scène. La nuit de la Saint-Sylvestre, Gallien (Lino Ventura) en compagnie de Belmont (Guy Marchand) asticotent Martinaud (Michel Serrault) un notaire fortement suspecté d'avoir violé et étranglé deux fillettes. Le film se déroule uniquement, comme on pouvait le prévoir au vu du titre, dans un bureau au sein d'un commissariat. Ce n'est pas pour autant qu'il en est ennuyeux. Bien au contraire. Dès les premiers instants, on est littéralement happé par cette histoire sordide, ce huis-clos étouffant entre trois immenses comédiens : Lino Ventura, Michel Serrault (qui glanera un second césar du meilleur acteur après celui pour La cage aux folles), Guy Marchand + la grande Romy Schneider qui traverse l'écran comme un fantôme. Les dialogues du maître se passent de commentaire. "Les médiocres se résignent à la réussite des êtres d'exception. Ils applaudissent les surdoués et les champions. Mais la réussite de l'un des leurs, ça les exaspère. Elle les frappe comme une injustice" ou "Tango, ça s'écrit comment ? Bah, comment voulez-vous que ça s'écrive? Comme Paso Doble ?" Et ainsi de suite. Incisifs mais surtout incroyablement réalistes. Parlons aussi de la photo du plus talentueux directeur de la photographie des années 80 Bruno Nuytten (Tchao Pantin) qui renforce le côté poisseux du film ainsi que la musique très fête foraine de Georges Delerue. Un grand film des années 80, un affrontement psychologique de toute beauté, écrit par un dialoguiste de génie entre des acteurs, aujourd'hui disparus, comme on en fait plus.
Julien D

1 338 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 juillet 2013
Avec sa structure en huis-clos et l’ambiance méchamment oppressante, Garde à vue de Claude Miller avait largement de quoi révolutionner le genre du polar. Ce schéma narratif uniquent basé sur un face à face entre un notaire et un commissaire de police persuadé de sa culpabilité dans une sombre affaire va, grâce aux interprétations magistrales de Michel Serrault et Lino Ventura et aux dialogues signés par Michel Audiard, devenir l’une des joute verbale les plus cultes que nous ait offert le cinéma de genre français. Cette opposition réussit effectivement à faire peu à peu remonter les côtés les plus sombres des deux personnages tout au long de cet interrogatoire éreintant. Les personnages secondaires, interprétés par Romy Schneider et Guy Marchand, ainsi que la mise en scène étouffante aident pleinement à rendre captivante ce film prenant jusqu’à son twist final habilement mis en place.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 21 mai 2008
La magie du cinéma tout simplement.
calamarboiteux
calamarboiteux

48 abonnés 440 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 mai 2008
Un notaire, soupçonné d’avoir violé et tué deux fillettes, est mis en garde à vue. Il préfère parler du naufrage de son mariage plutôt que des circonstances des crimes.
Le film de huis clos est délicat à construire, car seuls les dialogues vont soutenir l’intérêt. Il faut donc qu’il y ait des rebondissements. Ici la première partie, exposition par le notaire (Michel Serrault) de son échec matrimonial et présentation des circonstances des meurtres parvient difficilement à maintenir l’attention : trop long, sans cesse les trois mêmes personnages, ton humoristique inapproprié, inintérêt des vues extérieures (phare, plage avec corps de l’enfant, etc.). Le basculement se produit à l’apparition de la femme du notaire (Romy Schneider). Le prévenu prend de nouvelles dimensions, de nouvelles ambigüités apparaissent, et cela va crescendo jusqu’à un final étonnant. Miller sait alors nous faire partager le drame qu’il représente.
La prestation de Ventura et de Serrault est excellente, Schneider sonne juste dans un rôle assez différents de ceux habituellement tenus, Guy Marchand cabotine comme souvent. Mise en scène, décors et musique sont sans surprise ; les dialogues d’Audiard ont de l’agrément.
Une réussite malgré une première partie ennuyeuse, qui fait croire qu’il s’agit d’un long film, alors qu’il ne dure qu’une heure et demie.
Gonnard
Gonnard

288 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 mai 2008
Un chef d'oeuvre, tout simplement. L'intrigue est pourtant minimaliste, de même que le cadre puisqu'il s'agit d'un huis clos. Mais la joute verbale est passionnante. Les personnages se rendent coup pour coup. Le film est par ailleurs porteur d'un message fort, ce qui lui donne encore plus de valeur.
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