HUGO CABRET, Scorsese dans la lune
Martin Scorsese s’essaie à la 3D pour les vacances de Noel avec son adaptation du conte de Brian Selznick sur les origines du cinéma.
Dès le départ, l’idée de Scorsese réalisant un film pour enfant donne un avant-goût assez partagé sur le résultat final : « Scorsese ne serait-il pas trop intellectuel pour les enfants ? », « Un divertissement de Noel ne serait-il pas trop réducteur pour les admirateurs de Scorsese ? »
Finalement, il réussit avec brio le pari du conte pour enfant, un peu trop dailleurs. En effet car si le film est censé être un hommage au cinéma de Méliès, il est alourdit par les tonnes de bons sentiments inhérentes aux grosses productions de Noel: Ici, un orphelin aux yeux larmoyant (Asa Butterfield) ,horloger et habitant clandestin de la gare Montparnasse, cherche par tous les moyens à réparer un vieil automate car il s’attend à recevoir un dernier message de son papa décédé, il est recueilli par un oncle tant alcoolique que tyrannique, persécuté par un cruel gardien de gare (Sasha Baron Cohen) et maltraité par un Georges Méliès désenchanté (Ben Kingsley).Evidement tout est bien qui finit bien et Méliès finit par adopter l’enfant après que celui-ci lui est permis de passer à la postérité. On est loin de la subtilité du travail d’orfèvre.
Cependant, au-delà de l’intrigue imposée par l’œuvre choisit, il faut reconnaitre que la maîtrise du réalisateur se fait ressentir. Tous d’abord l’utilisation de la 3D, qui aurait pu apparaitre comme accessoire, prend tout son sens lorsqu’il s’agit de rendre hommage à Méliès, magicien et fondateur des effets spéciaux au cinéma. Ici, le procédé fait honneur à son travail et à ce qu’il a essayé de transmettre au travers de son cinéma (on se souviendra avec enchantement de la scène ou ses ébauches volent dans la pièce et viennent pratiquement nous sauter au visage). La technique fait également hommage au cinéma des origines en général, les spectateurs d’aujourd’hui ressentent alors la même sensation que ceux d’antan lorsque le train arrive en gare de la sciotta, nous donnant alors l’impression de découvrir le cinéma en même temps que les tous premiers spectateurs.
Au final, donc, s’il y bien une chose qui réussira à émerveiller petits et grands, cinéphiles comme amateurs de divertissements, c’est bel et bien la 3D. Elle possède une double fonction, à la fois narrative et divertissante, profonde et spectaculaire comme le film aurait dû l’être avec d’un côté une intrigue pour enfant et de l’autre Scorsese à la direction. La 3D devient alors le personnage principal du film car il est le procédé qui résume le mieux le travail de Méliès : la recherche de l’émerveillement, du grandiose au travers des effets spéciaux. Si l’on s’en tient cependant à la version en deux dimensions, Il en résultera un pseudo-hommage à Georges Méliès mais qui, malgré une distribution parfaite, ressemblera bien plus à un hommage aux clichés Hollywoodiens.
La grande idée de Scorsese est donc d’y avoir inclut ce procédé technique grâce auquel les pendules sont remises à l’heure.