Si le football n'était pas aussi important pour les anglais, et si Ken Loach n'aimait pas autant ce sport, on pourrait réduire ce film à une sympathique récréation de la part du social réalisateur. Et pourtant, Looking for Eric, tout en restant ancré dans une réalité tangible, n'en reprend-il pas moins les ingrédients d'une comédie dramatique américaine classique, happy-end comprise. Ce serait cependant trop simple de réduire cette originale entreprise à ce simple résumé, tout simplement parce que Loach fait ici preuve d'une maîtrise parfaite de son sujet et de son traitement. Mieux, ce film est une excellente leçon de scénario. Ainsi sommes-nous informés de la situation du héros en quelques phrases avant qu'un court flash-back nous en dise un peu plus. De même, la première apparition de Cantona ne s'embarrasse pas de tour de magie spectaculaire : il est là et puis c'est tout. La narration fluide nous permet donc d'osciller entre drame personnel et moments de pure comédie (délectable scène de thérapie de groupe entre collègues) sans jamais se couper d'un contexte social violent (terrifiante scène d'arrestation). De même, les démonstrations d'amitié, les manifestations solidaires, tout ce qui fait de l'homme un être humain, nous sont montrées sans ostentation. Le film de Loach fait chaud au cœur, même si l'espoir qu'il suscite ne cache en rien les contours d'une réalité plus sombre. Il souligne simplement que l'homme a besoin de l'homme pour survivre. Soulignons également une interprétation parfaite, des premiers aux plus petits rôles, Steve Evets formidable, et Eric Cantona totalement délicieux dans l'auto-dérision. Un film à hauteur d'homme(s), souvent très drôle, toujours juste, extrêmement plaisant.
Une comédie plaisante à regarder qui exploite bien les traits caractéristiques de la personnalité atypique de Eric Cantona en mettant bien en scène sa stature de star du football et son goût pour les proverbes qui sont une contribution importante à l'humour dans le film. Ne se reposant pas que là-dessus, le scénario est intéressant dans les relations humaines du personnage principal avec notamment l'histoire d'amour avec Lily qui est touchante.
Je me demandais à quoi m'attendre en allant voir ce film... trop de canto ?? trop de moi je moi je ?? finalement pas du tout... même si au début on relate un peu les exploits passés de cantona, il s'efface assez vite pour laisser toute la place aux acteurs anglais, surtout le role de eric bishop, tres touchant, humain, qui ressemble à tout le monde et qui relate bien l'ésprit et l'ambiance amglaise. Même si ce film fait souvent rire, surtout avec les interventions de canto, il est plus profond que ça et mets en valeur certains malaises de notre société.
Le film ne tourne pas du tout autour de cantona, mais bien de cet anglais qui cherche a trouver la paix avec son passé et ses ratés.
J'ai bien aimé ce film ! C'est rigolo, mignon avec tout de même une vraie trame qui peut facilement tourner au drame. Et ce canto... terrible avec tout ces proverbes! J'ai passé un très bon moment.
De terribles longueurs s'amoncellent dans la première partie du nouveau Ken Loach, avec un Cantona ultra caricaturé, même plus drôle. Heureusement, le drame qui se joue, conclu par une farce, est finalement assez bien mené.
Un film sympa tel Cantona. C'est parfois drôle avec des répliques qui sonnent juste mais c'est surtout très réaliste. Le milieu social visité ici est difficile et Ken Loach en restitue une image fidèle. La performance des comédiens est assez quelconque mais ce n'est pas véritablement une surprise. Canto a encore des progrès à accomplir mais il est touchant, sobre et il passe bien à l'écran.
J'avoue être rentré dans la salle sans savoir ce que j'allais voir... Non en tant que cinéphile (encore moins averti), plutôt en bon fan de foot s'attendant à ce que l'on parle de Cantona et des belles heures (passées) de Manchester United (qui avait perdu la veille). Aussi fus-je surpris en découvrant le pourquoi du film, moi qui pensais assister à un documentaire, à une confrontation ou que sais-je encore... Mais là n'est pas le problème, bien au contraire ; pour quelqu'un comme moi qui aime être sans cesse surpris et déteste connaître un long-métrage avant de le voir, cela aurait pu être un bon point. Ken Loach, certainement pas modéré idéologiquement par la crise actuelle a donc cru bon de commencer son travail comme une énième chronique sociale, chronique qui bascule petit à petit dans la comédie un brin fantasque avec le poster de son idole qui prend vie et s'immisce dans sa vie (ça me rappelle "La Rose Pourpre du Caire" de Woody Allen, vu récemment). Pourquoi pas, même si on aurait pu rentrer plus vite dans le vif du sujet. Le problème, c'est que Loach passe justement à côté du sujet en question, ou plutôt a préféré en traiter un autre sans réellement le revendiquer, à savoir le rapport des classes sociales défavorisées au football, sport par excellence de la classe ouvrière dans le passé (même si le foot-business a depuis bousculé les règles). On voit que les riches vont au stade alors que les pauvres restent dans le bar ; que les équipes n'ont plus rien à avoir avec ceux qu'elles sont censées représenter ; que les pauvres sont décidément très pauvres puisqu'il leur arrive tout un tas d'ennui ; que malgré tout, ils ont bon coeur. Un peu de misérabilisme, beaucoup de bonne conscience et de caricature, un fonds social pas franchement exploité (on reste beaucoup dans le superficiel), un Cantona qui n'apparaît au final que dans un quart du film et n'occupe pas plus notre attention... On ne sait pas trop où Loach veut en venir. Il m'est avis que lui non plus...
"Le vent se lève" c'était un peu... froid non? Pas gai. Là Looking for Eric c'est plus drôle, plus joyeux. On reste dans le populo, l'ouvrier (enfin le facteur quoi), les quartier pauvres, la bière (ah ça!! ça picole chez eux!! Incroyable!) mais c'est plus rigolo. L'histoire est sympa, les comédiens sont bons et le foot est ball (ouais je sais... Bof hein?). J'ai eu quand même quelques petits soucis. Sur l'ensemble, je n'ai pas eu ni la larme à l'oeil ni le sourire en sortant. Je m'attendais à un film vrai qui nous portait sans en faire trop. Ca ne m'est pas arrivé. Et second soucis : j'ai vu le film en VF. Et voir Cantona parlait anglais se doubler lui-même en français, moi ça me fait sortir du film. A part un manque... on va dire d'épaisseur même si ce n'est pas le bon mot, Looking for Eric est très sympa.
Ouf, enfin un film vraiment réjouissant! Les personnages sont touchants, vrais...ils nous réconcilieraient presque avec le monde du foot (j'ai bien dit presque). Cantona, fidèle à lui même dans son propre rôle est bien...Steve Evets est formidable. Les héros ont du bide, il leur manque des dents, sont marqués par l'abus de tout, bref, ils nous ressemblent et on les aime...on ne peut fare que ça! Tout le génie de Loach dans ce film à ne rater sous aucun prétexte. Vive l'amitié, et vive la fraternité toute Loachienne.
Un vent de liberté souffle sur ce film ; c'est peut-être pour cela qu'il nous touche même si nous ne sommes ni footballeur ni facteur. Beaucoup de sensibilité ; et les proverbes de Eric Cantona sont à méditer : "s'ils viennent à gauche, passe à droite(bis) mais pas toujours, il faut aussi les surprendre..." ou le légendaire proverbe dit des mouettes et des sardines...Envie de le revoir...les acteurs sont excellents et c'est plein de rebondissements et de chaleur humaine.
Voilà donc Cantonna dans l'univers de Ken Loach: celui des cabossés de la vie –et de l'amitié entre ces cabossés là. Eric Bishop (l'excellent Steve Evets), postier dépressif, ne se remet pas d'avoir planté là sa première épouse, épousée trop jeune, avec sa petite fille. Il se trimballe deux abominables beaux-fils, qui encombrent la maison de matériel volé et de copains douteux. Il a complètement baissé les bras; il lui reste la légende du Manchester United, le pub -et les copains de la poste qui tentent de le remettre sur pieds, de le faire rire -rien n'y fait. Jusqu'à ce qu’apparaisse dans sa chambre son Jiminy Cricket sous la forme de son idole: Eric Cantonna. Qui va lui redonner, à grand renfort d'aphorismes à la mords-moi-le-noeud (qu'il traduit en anglais approximatif avec un accent à couper au couteau!) le goût de se battre, de se reprendre en main... et de faire confiance aux autres. Quand il s'agira de sauver la famille et l'aîné des fils, tombé dans les pattes d'une menaçante crapule, c'est toute la poste de Manchester, affublée de masques de Cantonna, qui va débarquer de bus de supporters où les battes de base-ball ont remplacé les trompettes, pour aller donner à la petite crapule une leçon qu'il n'est pas prêt d'oublier. Inattendu chez Loach, il y a une happy end digne d'une comédie américaine mais qu'on ne s'y trompe pas: c'est un film largement aussi politique que les précédents. La leçon c'est que, pour s'en sortir, il faut faire du beau jeu: il faut faire collectif. Vous vous souvenez, dans son précédent film, it's a free world, l'héroïne avait décidé de jouer complètement perso, égoïste. Elle s'en sortait -dans quel état. Après ce contre-exemple, après cette dénonciation amère du monde libéral où nous vivons, c'est une sorte de conte de Noël que Loach réalise avec la complicité d'un Cantonna épatant. A voir, bien sûr, et si vous n'aimez pas le foot, ce ne sont pas les quelques images d'archive des meilleurs buts du grand Eric pour vous faire peur!