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fabrice d.
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3,0
Publiée le 19 mai 2021
Ce film a du faire couler beaucoup d'encre déjà. Tati en quelques films seulement a su se faire connaître au monde entier et ce film est peut-être son projet le plus ambitieux. Il a duré 3 ans et a couté beaucoup plus cher que prévu. Les décors naturels en sont une des raisons. Il a fait construire une véritable petite cité moderne. Son film est ambitieux. Et ça se voit. Comme d'habitude on retrouve M. Hulot qui est trimballé de gauche à droite et de droite à gauche. Il suit le mouvement et ne semble pas pouvoir influer beaucoup dessus. Il passe de scènes en scènes. Tout est histoire de mouvement, d'effets visuels et sonores pour devenir une vraie machine à rythme. Ce film en rappelle d'autres sur le même thème, celui de la ville, la nouvelle ville moderne comme on l'imaginait dans les années 50 et 60. Il y a beaucoup d'anglicismes aussi, les dialogues, plus ou moins audibles sont en français mais aussi en anglais et parfois en allemand. C'est assez drôle.
Une chose est certaine : Tati a fait une œuvre 100% originale avec "Playtime". Imaginez un film presque sans histoire, presque sans dialogues, presque sans personnages (il y a des gens à l'écran mais pas de personnages au sens scénaristique), imaginez un monde absurde peuplé uniquement de gens décalés tous dignes de M. Hulot, et vous obtenez "Playtime". Alors c'est bien ? Pas trop... c'est à voir au moins une fois dans sa vie, mais c'est quand même un peu dur à ingurgiter. Et pourtant on ne peut être qu'admiratif devant le travail de Tati qui a fait de chaque scène une sorte de chorégraphie absurde. Il y a souvent beaucoup de personnages à l'écran et partout où on regarde, on les voit faire des choses souvent absurdes qu'on imagine demandées par Tati. C'est assez fantastique, mais le problème est que c'est rarement drôle et qu'on finit par trouver le temps long, très long, lors de scènes qui s'éternisent jusqu'à la saturation (en particulier toute la partie du restaurant).
On est obligé de mettre une bonne note pour le génie cinématographique qu'il y a derrière, accompagné de tous les moyens qu'ont du être mis en oeuvre pour tourner ce ... truc xD Ce truc ... de ouf :) Nan franchement c'est ouf, tant de scènes énormes : lieux people, et pourtant c'est si bien réglé, y devait être sous C pour réaliser ça le metteur en scène. kappa.
Derrière la critique (poussée à l'apogée (du paroxysme)) de l'automatisation et de la déshumanisation de la société de consommation (TIME IS MONEY .l..), c'est surtout la réalisation qui est grandiose, avec ses décors. Ça va très loin, tous ces buildings énormes, avec des plans de tous les côtés, intérieurs-extérieurs, c'est dingue, monsieur Tati a poussé son script et son tournage tellement loin, et c'est ça qui lui vaut une bonne note de ma part, un respect respectif. hmmm (^_o) Avec tellement de people O_O tellement de rôles, de sous-rôles et de figurants, c'est monumental ce film.
Ça tous les ptis gags et comique de situation, avant qu'on en soit vite barbé, c'est ce qui rend le film appréciable.
sinon,
Oh my god que ce film est une torture émotionnelle tant il est dépourvu de VIE. Il représente TOUT ce que je HAIS, en tant que plèbe moyen né dans les années 90, dans notre monde, en particulier professionnel. God ! J'habite en banlieue parisienne et j'ai travaillé dans un restaurant gastro de la capitale pendant 3 mois, c'est un truc de ouf à quel point la majorité des rôles du métier sont tous si bien caricaturés et à un degré totalement absolu. Ça m'en a donné la gerbe cognitive. Remarque je dis ça pour la scène du resto, mais ça s'applique à tout le film et la majorité de ses personnages. À la première scène où on voit les deux jeunes hommes habillés street et en couleurs, putain comment j'ai eu l'impression de prendre une dose de ventolin ... et je suis pas asthmatique mais c'est l'effet que j'imagine. C'est ça l'idée en fait, c'est gerbant le ressenti qu'on a en regardant ça. Et pour exacerber cette torture... TOUT EST GRIS !!! Où sont les couleurs man ????? Nan mais sérieusement, ça fait trop mal, en fait, ça va trop loin. C'est en écrivant que je me rend compte que Tati a poussé sa caricature au delà du réel. C'est mon point de vue mais il aurait pu faire passer le message CENT fois mieux avec plus de couleur et des scènes moins connes et moins étendues. Pour sa défense on est dans les années 60, mais tout de même, un peu plus de respect pour la chaleur du coeur humain et l'amour de la vie ça aurait fait du bien, ça existe pas un monde sans couleur et moi ça m'a fait super mal (je suis hyper-sensible évidemment).
sinon ça reste ouf, tellement de rôles, tellement de détails, tellement de caricatures, phew. Remarquable.
J'avais adoré Les vacances de M. HULOT et j'ai acheté le DVD de Playtime sans réfléchir. Quelle déception, mais quelle déception ! Déjà ce n'est pas un film, au mieux un une œuvre d'art et essai... de plus de 2h ! Je m'attendais à retrouver le personnage lunaire perdu au milieu de la démesure des bâtiments modernes des 60's voire une critique de cette ère post-moderne, il n'en est rien. Il s'agit de séquences qui s'enchaînent, comme une caméra posée au milieu d'un lieu, jusqu'à l'ennui. Évidemment, je vais revendre le DVD.
Je ne vais pas vous cacher qu'après avoir vu ce film, je ne vais pas vous parler du scénario qui se résume à très peu de chose. Donc, le reste ne sera qu'interprétation de ma part. Dans ce film Jacque Tati tourne en dérision la ville moderne, celle de la fin des années 60, ou pour lui, tout s'uniformise, tout le monde est identique ou veut être identique à son voisin. Tout se déshumanise. Néanmoins, la scène du restaurant chic est mémorable, est vaut, à elle toute seule de perdre un peu de son temps pour la voir. Hélas, malgré cela, le temps parait un peu long jusqu'à la fin, le film perd de son rythme de temps à autre, tant Tati veut nous persuader de sa vision des choses. c'est dommage mais on ne peut pas être parfait à tout les coups. A voir pour le côté historique du témoignage de Paris à la fin des années 60, de son environnement, de ces gens, de son trafic routier etc...Et bien sûr, la scène du restaurant!
Un film foisonnant qu'il est impératif de visionner plusieurs fois tant les gags se nichent dans les plus petites anfractuosités du scénario de Jacques Tati qui a l'intelligence de se faire discret par moments nous rendant ainsi spectateurs d'un monde déshumanisé fait de verre,de béton et d'acier.La quintessence de la geste burlesque qui n'est pas sans rappeler les planches du dessinateur Albert Dubout avec ses multiples personnages.Une satire également de la société de consommation naissante des années 50 et 60 dans laquelle furette la silhouette dégingandée de l'immense scrutateur que fut Tati.
Un film poétique qui par son travail sur l'architecture et les couleurs montre comment le passage virevoltant de touristes américaines donne de l'éclat à une ville coupée de son histoire, monochrome et uniformisée, tout en offrant une douce parenthèse au rêveur solitaire Mr Hulot dans un style à la fois burlesque et satirique dont les trouvailles visuelles n'annihilent pas la justesse du questionnement. Ou comment atteindre un bout de ciel bleu au travers de la grisaille quotidienne.
L’ambition mise par Jacques Tati dans la mise en scène et la production de Playtime est à la mesure de l’insuccès que rencontra le film auprès du public. Film ultra-graphique jusqu’à l’étrange et probablement trop en avance sur son temps, Playtime parachève en 1967 la forme cinématographique des aventures de Monsieur Hulot. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
L'une des composantes du cinéma de Jacques Tati, c'est ce regard critique et pointu sur la société et son évolution permanente, sur le modernisme urbain et technologique et la place de l'Homme au milieu de tous ces changements. On peut légitimement se dire que "Playtime" représente le point d'orgue de cette composante. Que dire d'un tel film ? Pendant près de deux heures, Paris est transformée en une mégalopole américaine complètement impersonnelle. Tout n'est que béton, verre et uniformisé. En plein coeur, les gens se croisent, se parlent, mais sans vraiment se voir et sans vraiment s'écouter. Malgré ce grouillement de population, on a comme une impression de déshumanisation. D'ailleurs, un peu plus tard, l'impression laisse la place à la confirmation lorsque sont filmés ces espèces de box dans lesquels bossent des salariés répondant au téléphone. Ils sont à quelques mètres, mais complètement cloisonnés. L'évolution technologique, quant à elle, se caractérise par cette console à l'entrée du building. Si Hulot n'y touche pas, il en observe attentivement le fonctionnement. Un tel passage, même si le personnage principal n'agit pas, renvoie de suite à la "Party" de Blake Edwards ainsi qu'à "Mon oncle" du même Tati. Le titre du film laisse entrevoir l'exaspération de Tati face à la vieille Europe se laissant gagner par l'américanisation. Tout du long, on peut relever bon nombre d'anglicismes : "Drugstore", "Pharmacy", "Cheese", la marque Marlboro et bien d'autres encore. Comme on est chez Tati, la réalisation est impeccable. La maîtrise du cinéaste n'a jamais été aussi flagrante. En témoigne la scène des appartements vitrines, filmée en plan-séquence et de l'extérieur. Telle qu'elle nous est montrée, on dirait que les occupants s'observent mutuellement. Alors qu'ils ne font qu'en fait que regarder la TV, encastrée dans le mur. De par cette réalisation au top, la dernière séquence, montrant un embouteillage monstre, prend des allures de carrousel. Et bien sûr, chaque plan recèle de trouvailles, de petits trucs que l'on ne voit pas de suite. Malheureusement, il y a deux tendons d'Achille. Déjà, il y a beaucoup de dialogues en langue étrangère (italien, allemand, anglais) et aucun sous-titres. C'est voulu, cela apporte un côté cosmopolite et renforce cette non-communication, mais c'est assez chiant aussi. Et ensuite, tout ce qui se passe au Royal Garden est long, beaucoup trop long. La rupture de ton est telle que l'on a limite l'impression de regarder un autre film. Et, à titre personnel, je ne vois pas clairement la finalité. Ce qui m'empêche de mettre une note supérieure, et par supérieure, je veux dire la note maximale, c'est ce passage. "Playtime", c'est le film à voir de Tati, mais, à titre personnel, je lui préfère ses deux prédécesseurs.
Parfois, on se décide à visionner un film sans savoir ce qu’il en est. Alors on appuie sur la touche « Play », et adviendra ce qu’il adviendra en ayant tout le loisir de découvrir le sujet in time ! Eh bien je dirai que le sentiment que j’ai vis-à-vis de "Playtime", c’est que Jacques Tati s’est lancé dans un projet pharaonique sans trop savoir où il allait. Nous voici donc embarqués aux côtés de Monsieur Hulot, lequel semble errer au gré des événements tel un gamin qui suit sans réfléchir ce qui attire son attention tout en échappant à la surveillance de ses parents. Le problème est que le spectateur lui-même ignore où veut en venir le cinéaste : on dirait que le scénario n’a pas vraiment de fil conducteur ! Pendant longtemps, on croit se diriger vers une grande caricature de la Haute, dans un Paris en perpétuelle mutation en courant frénétiquement vers la modernité, véritable tapis rouge déroulé vers le luxe. La conséquence est que Hulot devient anonyme, et le spectateur le confondra à plusieurs reprises avec d’autres personnes ayant une tenue similaire. Hulot se perd dans le monde fiévreux du business, où chacun semble y perdre son identité par des démarches formatées selon leur fonction. Ainsi personne n’y échappe, comme par exemple les hôtesses et leurs manières très chaloupées, que ce soit dans leur élocution ou dans leur gestuelle. Et puis il y a l’arrivée des technologies modernes que personne ne maîtrise. Le problème est que Tati s’est attardé beaucoup trop longtemps sur chaque personnage et sur chaque situation. Et ça en devient lourd et ennuyeux, le bouton « Stop » apparaissant de plus en plus comme une intime évidence alors que paradoxalement, on ne peut pas dire qu’il y ait un problème de rythme. Ce qui me fait dire qu’il y a clairement 30 à 40 mn de trop. Ces mêmes minutes qui ont provoqué la ruine de Jacques ? En partie, sans doute. Heureusement, celui-ci saura tout de même garder une partie de son auditoire par une accumulation de gags dans un restaurant qui, en dépit de ses ambitions, a la mauvaise idée d’ouvrir trop tôt. On a beau avoir droit à une kyrielle de situations et de sous situations, il n’y a pas de quoi faire rire aux éclats, malgré tous les efforts consentis par un Billy Kearns en grande forme pour interpréter un riche homme d’affaires américain quelque peu grisé par l’alcool et son esprit festif libéré. C’est d’ailleurs lui qui sera le plus convaincant. Et puis arrivé en fin de film, je m’interroge sur le message précis qu’a voulu distiller Tati. Alors bien sûr, le final tout en poésie trahit une certaine nostalgie envers une époque en passe d’être révolue, en témoignent les lampadaires vus comme des brins de muguet, les embouteillages parisiens orchestrés en ballets, une romance qui naît une fois de plus dans les rues parisiennes… Oui Jacques Tati maîtrise son art, mais il a oublié d’être plus clair, plus direct. Malgré tout, au fil des années qui passent depuis le tournage de ce film, Tati passe de plus en plus pour un visionnaire : entre les architectures froides et impersonnelles dans lesquelles on déambule sans vraiment prêter attention au reste et dans lesquelles on perd toute intimité, entre les nouvelles technologies que personne ne maîtrise vraiment, entre des aménagements mal réfléchis, l’usage de matériaux inadaptés, et enfin la télé encastrée dans les murs (comme quoi les écrans plats accrochés directement au mur n’est pas un concept d’aménagement si nouveau que ça en fin de compte), force est de constater qu’aujourd’hui nous en sommes là. Nous n’inventons plus grand-chose, en tout cas pas pour nous faciliter la vie, mais bien pour nous apporter des contraintes de plus en plus grandes. Paradoxalement, Tati a choisi de tourner ce film en 70 mm alors que seules quelques rares salles étaient dans la capacité d’exploiter ce film dans ce format. Quoiqu’il en soit, "Playtime" se distingue par la précision chirurgicale de la mise en scène et du positionnement de la caméra. Tout a été étudié dans les moindres détails, et ça se voit dans la gestuelle. Il en ressort un film pessimiste, à la conclusion qu’on pourrait qualifier de tragique car on voit bien que Tati/Hulot, tel quelqu’un qui ne comprend plus le monde tel qu’il devient au point de ne plus y trouver sa place, s’évanouit anonymement dans la masse parisienne dans l’indifférence générale. D’ailleurs, ce personnage ne fera plus qu’une seule pige à travers "Trafic". Après coup, ça fait drôle de penser que finalement, "Playtime" signait en quelque sorte l’arrêt de mort d’un personnage les plus populaires du cinéma français…
« Playtime »: un film traumatisant ! Je n’avais pas vingt ans. Un mauvais souvenir. A chaque diffusion, je l’évitais pour ne pas dire je l’ignorais. A la mort de Tati, on me vantait son cinéma quand je revendiquais Charles Chaplin, les Marx Brothers, Laurel et Hardy, Buster Keaton, Jerry Lewis, Louis de Funès bien plus amusants à mes yeux. En tout cas bien plus faciles d’accès ! Je ne comprenais pas Tati me disait-on. Pourtant dans mon entourage, je n’étais pas seul à être hermétique à son humour. Bref, me voilà à regarder ce « Playtime ». Et avec l’âge et sa cohorte de bienveillance, de sagesse, de réflexion, force est de constater que j’en suis ressorti détendu. Plus de traumatisme. Qui l’eut cru ?! Cependant, j’ai comme l’impression que c’est la dernière fois que je le revoie. Il ne faut jurer de rien. Ou alors tous les 40 ans ! Autant dire, plus jamais sauf si j’atteins l’âge canonique de 100 ans ! Tiens, si j’atteins cet âge, je fais le serment de revoir « Playtime » qui sera pour le coup synonyme de longévité, de bonne santé. Si j’avoue lui reconnaître des points très positifs - qui l’eut cru ? - l’ennui malheureusement demeure. Cela semble immuablement irrécupérable ! Tati a ce défaut de trop insister sur ces plans ou séquences. L’introduction passe encore mais il s’enracine dans la scène du restaurant, par exemple. C’était plaisant jusqu’à l’effondrement d’un décor avec plafond sur les jazzmen. Plaisant de voir tous ces personnages évoluer, clients, serveurs, maîtres de rang, ouvriers et l’architecte. Le pauvre relevait tous les défauts et les serveurs se substituaient aux ouvriers non autorisés à intervenir pour réparer ou bricoler une réparation. Trop longue la scène aérienne des box (celle de l’affiche) ; trop longue la scène des appartements. Et surtout, aucun sourire ne m’est arraché. Ce qui me décrispe c’est l’implication remarquable des figurants. Il faut fouiller la séquence du restaurant tant ça grouille de personnages aux mille comportements. Je reconnais à Tati sa mise en scène. Cela demande une organisation d’une précision chirurgicale. Comme je lui reconnais l’importance de son projet gigantesque : Tativille-Paris, une ville construite pour les besoins de son film. Je lui reconnais sa griffe, des dialogues marmonnés, un mix d’inaudibles audibles. Dialogues du quotidien bien interprétés, naturels, vrais. Je lui reconnais quelques bonnes trouvailles comme ces véhicules qui tournent autour d’un rond point lentement. L’illusion d’optique d’un manège. Qui tourne ? La plaque circulaire qui supporte les véhicules ou les véhicules eux-mêmes ? Quand tout s’arrête, des personnages se ruent vers une voiture pour y prendre place. Un autre personnage traverse et y glisse une pièce dans un parcmètre et le manège reprend. Je lui reconnais son travail sur le son. Essentiel chez le réalisateur. Dernièrement j’ai vu « Trafic », et m’en étais fait la réflexion. Il ne me reste plus qu’à remonter le temps et voir les trois premiers films de Tati. J’ai un vague souvenir pour un… Et tout ça, grâce à « Playtime » - qui l’eut cru ? ou à ma sagesse liée à mon âge ?
A la base très peu encline au "style Tati", j'ai éprouvé quelques moment de somnolence devant des scènes longues ou répétitives (l'ascenseur que découvre notre cher personnage dans la Lune qui s'éternise, la découverte des bureaux en véritables cages à poules qui est volontairement terne et morne mais a tendance à nous assoupir si on n'aime pas trop ce genre de film contemplatif). Néanmoins, la beauté du personnage et sa tendresse candide nous touche à chaque instant du film, on s'identifie à ce pauvre homme terre-à-terre qui est perdu dans une société en mutation qui nous dépasse parfois dans sa logique (les appareils numériques qui prennent finalement beaucoup plus de temps à fonctionner que si l'on avait fait nous-même l'action, un gag répété à l'envi dans Playtime). D'ailleurs, on croise un peu trop souvent ce gag moqueur de la nouvelle technologie, cela lasse rapidement car il n'y a pas de renouvellement (lorsque le technicien appuie sur tous les boutons pour obtenir le rendez-vous du "héros", cela fait déjà de trop nombreuses fois que ce gag ne fonctionne plus, d'autant plus qu'il dure à l'excès...). Mais la musique est impeccable, la mise en images est superbe, et l'on s'attache vraiment au rôle principal. Malgré des longueurs (voire de l'ennui), on applaudi tout le génie, souvent visionnaire, de ce beau Jacques Tati.
Qu'il est bon de se faire moquer par Jacques Tati !! Certains sur ce site déplorent une coté hermétique à ce film mais en 1967, Tati avait déjà repéré les travers de nos sociétés qui n'iraient qu'en s'accentuant. Normativité des vies, absurdités des taches et des comportements, attrait inconsidéré pour la modernité, agressivité du marketing, royuame des apparences, incommunication. Et ces travers, il le montre dans une mise en scène ciselé qui a un coté Edward Hooper par moment. Sens du burlesque et des silhouettes, travail sur les couleurs, ce film c'est vraiment 50 nuances de gris tant personnages, batiments, meubles arborent cette couleur, langage peu compréhensible. Une ville entière a été recrée pour cela et ce film se tourna sur 3 années mettant la santé et les finances de Tati en péril. Boudé par la critique et le public à sa sortie mais c'est le lot des films en avance sur leurs temps...
Playtime est l'un des dernier films du réalisateur Jacques Tati et aussi l’un de ses films qui ruina sa carrière. Particulièrement difficile à comprendre et à voir ce film particulier et un film expérimental pour le spectateur dans lequel il se plonge dans un monde décalé, moderne et très cubique. Les images, plans, cadrages et la mise en scène font toute la différence et à sa grande importance ici dans le film apportant un touche sympathique et attirante pour le spectateur avec cette touche humoristique en plus. Le film reste très intéressant et montre la touche de modernité et le talent de Tati cela dit les scènes restent malgré tout un peu trop répétitif et parfois ennuyeux