4022 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
118 critiques spectateurs
5
28 critiques
4
26 critiques
3
28 critiques
2
18 critiques
1
13 critiques
0
5 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Peter Franckson
80 abonnés
1 361 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 2 août 2026
Bien que réduit par rapport à la version originelle, le film est trop long (124 mn) avec 2 parties principales inégales (même s’il y en 6 réellement, dont celle peu passionnante de l’arrivée des touristes américaines), n’en déplaise à David Lynch ou Aki Kaurismaki ! La première est la plus réussie avec sa critique de la modernité et de son absurdité (bureaux labyrinthiques et où, tel un rat, M. Hulot, est à la recherche de M. Giffard,), caractéristique des « Trente Glorieuses », et du verbiage anglo-saxon (le film s’appelle playtime et non récréation). Une fois encore, l’automobile est omniprésente et clôture, à l’image d’un manège, le film. La 2e, celle du restaurant « Royal Garden » est trop longue et met du temps à monter en puissance, donnant l’impression que Tati a imaginé des gags qu’il essaye d’insérer dans le film, et qu’il n’arrive pas terminer. Comme d’habitude, Hulot exerce, involontairement, son pouvoir destructeur. Même si cela a inspiré « The party » (1968) de Blake Edwards, l’original est moins bon. Même le début du « Grand restaurant » (1966) de Jacques Besnard, avec Louis de Funès, est plus drôle. Selon André Malraux, « Le cinéma est un art et, par ailleurs, une industrie », citation un peu oubliée par Jacques Tati, emporté par l’hubris, qui l’a poussé à un dépassement (2 millions prévus à 15 millions de F, soit 2,2 millions €) de budget (lié à la durée de tournage et au coût des décors). Sans oublier le format (70 mm) dont toutes les salles de cinéma n’étaient pas équipées pour le projeter. Péché d’orgueil ?
Échec commercial à sa sortie (1967 ) " Playtime" ( " la récréation" ?), fait l'objet d'une ressortie en salle.
Critique acerbe, reposant sur un humour subtil de la modernité ( le titre en anglais peut être vu comme une sorte de moue prononcée à l'égard de la standardisation et du mondialisme dont les signes annonciateurs étaient déjà perceptibles ).
Les personnages sont à l'image des décors, fonctionnels, mais froids, robotisés, sans humanité, sans saveur ayant été comme purgés de leur élan vital.
Les dialogues sont des borborygmes, symbolisant le peu d'importance que représentent les échanges.
Dans cet univers, puisque la langue ne sert pas à échanger émotionnellement, mais à se raconter des histoires sur qui l'ont est vraiment, autant les mettre au second plan.
Finalement ce sont les actes qui comptent pas les mots pour savoir à qui on a affaire. Autant dire que l'humour employé ici égratigne avec efficacité un modèle social ou les échanges valorisés sont les échanges commerciaux.
La deuxième partie qui fait penser à " La party " de Black Edwards, laisse entendre que la liberté, la connexion émotionnelle, la vie véritable surgit de la spontanéité et pas des faux semblants de la rigidité comptable, mathématique, ou du statut.
Hulot ne se pose pas ici en héros, il se fonde dans la foule, n' est pas supérieur aux autres personnages. Peut-être ? Façon de montrer que le statut n' est qu' une façon utilisée par la société afin d'imposer une hiérarchie artificielle.
Cet opus de Tati est aujourd'hui fréquemment considéré comme sa meilleure réussite ( David Lynch le considérait comme un classique du septième art ) .
La seconde partie me semble tout de même un peu longue ( selon la documentation, la réédition projetée en salle, fait moins de onze minutes - elles sont perdues - que la version originale ( 124 minutes ). Mais la première partie représente sans doute ce que Tati a fait de plus percutant.
Malgré ses échecs, Jacques Tati, réalisateur d'une grande créativité est entré aujourd'hui dans l'histoire du cinéma français et sans doute de celle du septième art.
Avec cet ovni cinématographique qu’est « Playtime », Jacques Tati, grand héritier du burlesque, a signé son chef d’œuvre. Son regard acerbe sur la « modernité » déshumanisée et la superficialité qui l’accompagne est portée à son plus haut degré d’expression, avec un style original et personnel. Le film a un caractère expérimental, audacieux, presque abstrait. Pas de scénario au sens habituel du terme, mais une succession de situations propices à l’éclosion de gags, parfois carrément géniaux (les mouvements du bus créés par son reflet dans la vitre nettoyée, accompagnés des exclamations d’un manège !). Pas de dialogues proprement dit, mais quelques mots, borborygmes, attrapés de ci de là, qui suffisent à une compréhension minimum, et prouvent que le cinéma peut encore se passer de la parole. Dans le même temps, le film est très « sonore », car la surutilisation des bruits ambiants génère un humour « auditif ». Il faut être très attentif lors du visionnement du film, car dans un même plan large, les gags peuvent apparaître à gauche, à droite, ou au second plan, parfois simultanément. On reste confondu devant tant de richesse et d’inventivité, qui, au-delà du comique, atteignent sur la fin une poésie et une émotion véritablement originales (Ah le brin de muguet et les lampadaires urbains…)
Je cherchais un film sur les boulevards, j'ai choisi Playtime,sans avoir aucune information. Le critère principal Tati qui m'a fait entrer dans la salle. J'avais vu Mon Oncle, mais la j'ai apprécié. Sans raconter le film, le maître d'hôtel qui prépare un loup aux fenouil, flambé au pastis....et plusieurs scènes plus loin, après de l'intervention du chef de rang, on voit plusieurs scènes plus tard un loup complètement carbonisé. Je m'arrête car j'ai encore plein de scènes en mémoire. A voir pour ceux qui ne l'on pas vu et à revoir pour les autres. J'ai pas compris le on succès de l'époque je travaillais dans l'hôtellerie, peut-être que j'étais plus ouvert à tous les gags. j'ai eu la chance de rencontré sa sœur dans mon activité, très bonne personne.
Chef-d’œuvre de précision visuelle, Playtime fascine par sa mise en scène millimétrée, son humour discret et son regard critique sur la modernité. Tati orchestre un ballet urbain hypnotique, plein de poésie et de dérision. Une expérience cinématographique unique.
L'architecture moderne, selon Tati, est transparente et grise, et pour peu qu'on lui ajoute des accessoires électroniques clignotant, cette modernité prend des airs et des accents futuristes. Perdu au milieu de baies vitrées trompeuses et dans un dédale d'alvéoles où s'affairent les abeilles administratives, Monsieur Hulot, toujours timide et mal engoncé, aura bien du mal à rencontrer un quelconque chef de service. La première partie de "Playtime" se déroule ici, dans ce centre d'affaires parisien où déambulent, outre Hulot, une floppée de personnages fugitifs plus ou moins rompus à la fonctionnalité de l'endroit. Tati les observe et tire de leur maladresse ou de leur confrontation avec des objets parfois récalcitrants des scènes singulièrement cocasses (ou non, selon que l'on est sensible ou pas à l'humour visuel distancié du cinéaste). Cette première partie du film est la plus caustique, la plus surprenante au regard de son décor singulier et factice. La partie qui suit est consacrée à l'effervescence qui règne dans un tout neuf restaurant de luxe et dans lequel Tati -trop longuement peut-être- s'intéresse tout autant aux comportements de la clientèle qu'aux petites contigences du service.
Tati ne raconte pas une histoire; il s'attache à exposer des personnes du quotidien dans des situations communes, à les exposer à notre regard amusé par des détails et embarras auxquels on ne prête habituellement pas attention mais avec lesquels tle cinéaste compose un spectacle drôle et surprenant. Des bribes de phrases et beacoup d'onomatopées accompagnent une aventure statique qui, sans le moindre gros plan ou plan rapproché, oblige le spectateur à repérer instantanément sur la scène des gags, des mouvements, dans leur profusion. Et pour ce qui est de l'épisode du restaurant, c'en est même fatigant! Le film se clôt joyeusement sur une poétique vision de Paris et de son activité que Tati apparente à une fête foraine.
Bien que je puisse comprendre la satire et l'analyse évidente du film et les nombreux détails qu'on peut y trouver, il ne pas oublier qu'un film doit rester un film quand même. L'expérimentation n'est pas interdite bien au contraire, mais un truc est interdit : ennuyer le spectateur. Et je crois que je ne me suis jamais autant ennuyé devant un film, il y a peu de dialogue, et ils sont inutile et quasiment pas audible, c'est du franglais en plus. Alors oui la Da est bonne et comme dit c'est très intéressant à analyser, mais le truc cest qu'on se perd dedans, et ducoup on ne fait justement plus attention à tout ces détails et c'est élément d'analyse. Le concentration s'efface et le tout ne deviens qune bouillie visuelle à laquelle on a envie de s'échapper, que ça ce finisse. Un film extrêmement intéressant pour ses pistes d'analyse, mais juste nul à regarder. C'est toujours de plans fixes, ça ne bouge pas d'un poil, on attend que quelque chose se passe, que l'histoire démarre, mais il n'y en as pas. On assiste à ce qu'est la vie dans un monde moderne, assez avant gardiste pour le coup, ou le spectateur doit faire tout le boulot : trouver un sens et tout regarder, analyser tout ce qu'ils vois. Un concept sympa, mais qui le mérite pas une bonne note pour moi. Il faut tout de même ne pas perdre le spectateur, et lui donner envie de s'engager, mais en même temps je comprend, à vouloir faire des films pour tout le monde, on en fait pour personne, et dans ce cas la, je suis personne. Un film que je comprend, mais que je n'apprécie pas pour autant, je ne vais pas mentir, j'ai détesté mon visionnage, mais j'ai adoré me renseigner sur les pistes d'analyse.
Excellent film. Tout l'univers merveilleux de Jacques Tati. Des situations, des bruits, des couleurs, beaucoup d'humour, de détails à observer. Un régal.
Playtime c est un peu les temps modernes version Jacques Tati. Avec sa poésie il nous décrit ce Paris ultra urbain qui se standardise et ressemble à n importe quelle autre capitale. Les décors et la photo sont absolument bluffants, les tons sont bleus gris et illustrent parfaitement l impression de froideur que donne la ville et ses différents aspects. C est aussi la manière dont il nous montre les personnages qui l habitent. Ces citadins sont presque décrits comme des automates dont le moindre geste semble être le résultat d un calcul ou d un programme et que monsieur Hulot va par moment dérégler. Un film audacieux et en avance sur son temps, seulement gâché par quelques longueurs.
Encore une fois un total chef d'oeuvre de la part du grand (dans tous les sens du terme, c'était une vraie perche !) Jacques Tati. Sorti près de 10 ans après son précédent opus "Mon Oncle" qui avait très bien marché et est clairement une oeuvre monumentale, "Playtime" (1967), lui, hélas, n'aura pas le même succès. On peut parler d'échec commercial (mais clairement pas artistique : le film est aussi réussi que le précédent), pour ce film qui sera cependant totalement réhabilité dans les années 2000, et ressortira en salles en version restaurée. Une critique drôlatique de la société moderne, avec décors futuristes, situations rocambolesques et son personnage principal, Monsieur Hulot (Tati himself), qui s'y trouve totalement paumé, en décalage total, et pas seulement vestimentaire. Une réussite totalement majeure non seulement de la comédie, mais du cinéma français. Voire du cinéma, tout court.
Une grosse mise en scène et de gros moyens pour un film – trop long - parodiant un monde vitré, automatisé, déshumanisé, uniformisé à l’extrême (les voitures). Décors travaillés, inspirés du quartier de la Défense, et photo impeccable, un style indéniable. Une (trop ?) longue scène délirante et hilarante sur un resto pas fini qui ouvre ses portes trop tôt (l’artisanat fout le camp…), puis tout y passe, de la bouffe moderne industrialisée voisinant avec une pharmacie, au racisme (les noirs n’y sont admis qu’en tant que joueurs de jazz), snobisme, en passant par la caricature d’un américain friqué et beaucoup de sous-entendus. La fin s’entoure d’une nostalgie à la Prévert… Un vrai film d’auteur qui, avec un montage serré, aurait côtoyé le chef-d’œuvre.
Un chef-d’œuvre ! Une lenteur qui ne rebute pas car tout est détail. Tati compte sur l'intelligence du spectateur pour découvrir l'extrait comique de chaque situation dans ce monde moderne, glaçant mais pas morose.
On peut reconnaître à Tati un soin maniaque dans la composition de sa mise en scène, une démarche esthétique qui fait réellement sens. Seulement, il n'y a au-delà de ces points aucun développement scénaristique (aucun scénario en fait), juste une accumulation d'éléments certes pertinents à plus d'un égard, un style "documentaire" mais sans commentaire ni effet "choc" qui n'en font pas une fiction de cinéma traditionnel. Ce régime est difficilement supportable plus d'une demi-heure (j'avais déjà eu la même sensation avec Les Vacances de Mr Hulot) surtout que l'exposé est effectué avec une lenteur pesante propre à son réalisateur. On attend le rire ou l'émotion mais ça tarde à venir. C'est un peu comme si Chaplin (dans sa critique sociale vivifiante) s'était enfilé une boîte de Prozac avant le tournage.
Ce film a du faire couler beaucoup d'encre déjà. Tati en quelques films seulement a su se faire connaître au monde entier et ce film est peut-être son projet le plus ambitieux. Il a duré 3 ans et a couté beaucoup plus cher que prévu. Les décors naturels en sont une des raisons. Il a fait construire une véritable petite cité moderne. Son film est ambitieux. Et ça se voit. Comme d'habitude on retrouve M. Hulot qui est trimballé de gauche à droite et de droite à gauche. Il suit le mouvement et ne semble pas pouvoir influer beaucoup dessus. Il passe de scènes en scènes. Tout est histoire de mouvement, d'effets visuels et sonores pour devenir une vraie machine à rythme. Ce film en rappelle d'autres sur le même thème, celui de la ville, la nouvelle ville moderne comme on l'imaginait dans les années 50 et 60. Il y a beaucoup d'anglicismes aussi, les dialogues, plus ou moins audibles sont en français mais aussi en anglais et parfois en allemand. C'est assez drôle.
Une chose est certaine : Tati a fait une œuvre 100% originale avec "Playtime". Imaginez un film presque sans histoire, presque sans dialogues, presque sans personnages (il y a des gens à l'écran mais pas de personnages au sens scénaristique), imaginez un monde absurde peuplé uniquement de gens décalés tous dignes de M. Hulot, et vous obtenez "Playtime". Alors c'est bien ? Pas trop... c'est à voir au moins une fois dans sa vie, mais c'est quand même un peu dur à ingurgiter. Et pourtant on ne peut être qu'admiratif devant le travail de Tati qui a fait de chaque scène une sorte de chorégraphie absurde. Il y a souvent beaucoup de personnages à l'écran et partout où on regarde, on les voit faire des choses souvent absurdes qu'on imagine demandées par Tati. C'est assez fantastique, mais le problème est que c'est rarement drôle et qu'on finit par trouver le temps long, très long, lors de scènes qui s'éternisent jusqu'à la saturation (en particulier toute la partie du restaurant).