Playtime
Note moyenne
3,8
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120 critiques spectateurs

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Septième Sens
Septième Sens

99 abonnés 762 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 juillet 2014
1967, ou bientôt la fin des Trente Glorieuses. Révolution industrielle, retour du plein emploi, reconstruction totale de nombreux édifices. Les villes reprennent vie, et Tati est au sommet de son art. Il met trois ans à préparer son nouveau film, Playtime, bijoux comique et ingénieux mettant en scène le légendaire personnage de Monsieur Hulot. Celui-ci a rendez-vous avec un homme important, qu'il ne verra jamais.

Très drôle, inventif et poétique, Playtime est un miracle d'inventivité. Une ville entière (Tativille) est construite près de Joinville pour créer un Paris futuriste, froid, impersonnel et sans âme. Une sorte de cousin éloigné du chef-d'œuvre Metropolis de Fritz Lang. Filmé en 70 mm pour embrasser le plus d'étendue possible, l'utilisation de l'espace est aussi ambitieuse qu'impressionnante. La précision obsessionnelle de l'artiste se retrouve dans chacun de ses cadrages, d'une symétrie parfaite et d'un souci du détail affolant. A côté de ces bâtisses imposantes, l'homme est ridiculement petit. Quant au spectateur, il est tout simplement perdu et sans repères à la vue de ces monstres de bétons ressemblant tous les uns aux autres.

La Comtesse de Hong-Kong (1967) et Le Forum en Folie (1966) sont les dernières œuvres respectives de Chaplin et Keaton. Ironie du sort ? Peut-être, mais Jacques Tati est là pour assurer la descendance. Son comique burlesque arrive à dénoncer cette société de consommation de l'époque. Moins de slapstick, mais beaucoup de jeux visuels et sonores recherchés permettent à Playtime de devenir un gigantesque terrain de jeu ou chaque objet est propice à avoir une utilité narrative. Monsieur Hulot est un parfait intrus à côté de toute cette masse suivant toujours le même chemin. Et à l'inverse de ses deux modèles, il n'est jamais seul à l'image car la centaine de figurants fait partie intégrante de son travail recherchant sans cesse le dynamisme le plus pur.

Avec le recul, nous savons tous qu'un chef-d'œuvre n'est pas forcément perçu comme tel à sa première sortie, et cela a malheureusement été le cas avec Playtime en 1967. Maison vendue, liquidation de sa société de production, vente aux enchères de ses films, Jacques Tati sort ruiné d'un film n'ayant pas marché malgré un coût considérable. Pourtant, il est aujourd'hui l'une des icônes du septième art et fait la fierté de la culture nationale. Les films plus forts que l'argent. L'art plus fort que la vie. Le cinéma plus fort que tout.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 30 juillet 2014
Sens subtil de la mise en scène, Cadrage particulier et propre, décor original et évocateur, Tati a une vision, déjà à cette époque, de l'américanisation rampante, non seulement dans nos rues, nos immeubles mais aussi dans notre culture, notre mode de vie. Nous sommes à Paris tout au long de ce film et pourtant Paris, ses monuments, ne sont qu’aperçus que dans le reflet des vitres, comme une présence évanescente, une âme déjà envolée. Attention pour ceux peu habitués à Tati : il atteint ici le sommet du langoureux avec un film qui prend son temps pour mieux le magnifier.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

146 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 août 2014
Jacques Tati nous raconte à la fois l'angoisse et la fascination qu'exercent sur lui les bouleversements technologiques et l'évolution des modes de vie de la France urbaine des Trente Glorieuses : automatisation galopante, organisation scientifique du travail, publicité envahissante, internationalisation des canons artistiques,... Au milieu des années 60, rien n'est laissé au hasard, chaque geste, chaque mot a son utilité. Il est interdit de perdre de temps, et qui ne consomme pas est rapidement considéré comme suspect... Seul Monsieur Hulot, affublé de sa pipe légendaire, déboussolé devant cet étrange spectacle – il l'était déjà dans la maison ultra-contemporaine de Mon Oncle – reste fidèle à lui-même : maladroit, timide, tendre, ayant même le toupet de faire la cour à une jeune femme ! Un film extraordinaire, à la mesure de l'ambition d'un Tati qui alla jusqu'à recréer une ville de toute pièce pour les besoins de son film, entraînant sa société de production dans un des plus célèbres naufrages financiers de l'histoire du cinéma. La scène centrale du film, dans le restaurant « où il faut voir et être vu » et qui organise sa soirée inaugurale sans que rien ne soit vraiment au point, nous offre des irrésistibles scènes de burlesque pur. Un régal.
Flore A.
Flore A.

37 abonnés 518 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 juillet 2014
Cette comédie burlesque sur la modernité urbaine en marche raconte le voyage d'un groupe d'américaines de villes en villes, toutes identiques, modernes mais impersonnelles et plus précisément, leur escale à Paris. Les plans sont parfaitement cadrés, la photographie est splendide, de nombreux gags sont assez réussis mais le tout est un peu long, un peu trop répétitif.
Bruno75010
Bruno75010

4 abonnés 66 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 juillet 2014
Finalement, Tati n'a pas tellement changé depuis notre époque...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 26 février 2015
Il ne faut se méprendre: "Playtime" n'a rien d'un film léger. La standardisation, la mort, l'isolement, l'alcoolisme et la guerre demeurent des thèmes centraux dans l'oeuvre de Jacques Tati. Pourtant c'est ici plus qu'ailleurs que les vieux démons sont vaincus, non par une démonstration convaincante et bien ficelée mais par un rire, un rire savant qui se joue des formes, des sons, de la banalité, de lui-même; un rire qui n'a rien du rire des dieux, mais est au contraire un rire doux et attendri, un rire complaisant. C'est d'abord ce rire là qui nous libère d'une société qui nous détruit. Le film va cependant encore plus loin, installant son décor, telle "l'image cristal" (Deleuze) pratiquée par Visconti, dans un restaurant clairement bourgeois, et recréant tout, le décor se détruisant peu à peu pour donner place à la véritable image, celle qui naît de la joie diffuse, des fins de soirée où l'humanité oublie tous les rôles qu'elle a eu à jouer. C'est cette pulsion vitale, qui explose à la fin de Playtime, qui nous transforme, en faisant subitement réapparaître la vie, le bonheur (à travers ce merveilleux embouteillage), l'amour. C'est un émerveillement, rarement égalé. Comme le voulait Tati, le "le film commence après le film".
WutheringHeights
WutheringHeights

133 abonnés 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 juillet 2014
(...

En revoyant le film en 2014, on comprend à quel Tati était visionnaire. Sa critique acerbe du monde moderne est enveloppée dans un comique de situation et une mise en scène à la mécanique parfaitement huilée, dont la maîtrise impressionne à chaque plan, incroyablement composé.

LA SUITE :
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 20 juillet 2014
Ce film, comme les autres de Jacques Tati, est passionnant comme témoignage d'une époque fascinante où la modernité commence réellement à peser sur le cours de la vie et où chacun tente plus ou moins de s'adapter à cette nouvelle réalité.
Il est certain que certains moments du film semblent assez longs, en particulier la séquence au restaurant. Néanmoins ces longueurs illustrent à leur façon une modernité qui se referme immanquablement sur les hommes et qui semble sans issue.
Charles-Henri R.
Charles-Henri R.

1 abonné 8 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 juillet 2014
Marre des blocs busters de l'été aux dialogues désespérants... Optez pour un classic , simplement parfait ! *****
Daniel C.
Daniel C.

173 abonnés 734 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 juillet 2014
Voir Playtime rue de Rennes, à l'Arlequin, ancien cinéma Le Lux Rennes, puis Le Cosmos, mais rebaptisé l'Arlequin par Jacques Tati, lorsqu'il en était le propriétaire. Donc, voir l'univers de Plattime, où tout paysage est soumis à la relativité de l'angle de vue. un monument surgit d'un reflet capté dans l'ouverture d'une porte ou du fait de l'inclinaison d'une baie vitrée. Le verre est transparent, il peut aussi refléter, on peut s'y mirer ou y apercevoir l'autre inaccessible. La rencontre n'est jamais gagnée chez Tati, on se cherche beaucoup, on arpente l'espace à la recherche d'une possible rencontre. Le temps défie l'espace. Dans Playtime, les clones de Mr Hulot prolifèrent. Au Royal Garden, qui ouvre alors que les travaux sont inachevés, ce sera "jour de fête", une atmosphère débridée, due au génie d'un richissime américain, qui transforme les catastrophes, en délimitant un nouvel usage de l'espace. Mr Hulot rencontre une femme, ils vont danser ensemble, s'amuser, mais le cadeau, qu'il lui destine ne pourra lui parvenir qu'au travers d'un messager, tandis que Mr Hulot reste prisonnier des obstacles matériels. Sa poésie créatrice de tourniquets reste impuissante face au service d'ordre incarné par le vigile de la caisse. Il y a aussi les copains de régiment, qui le hèlent lorsqu'ils le reconnaissent, car Mr Hulot est reconnaissable, mais ce n'est jamais lui, qui reconnait l'autre. Mr Hulot est reconnu, lui se perd, erre, circule toujours à la recherche, toujours prêt à s'étonner de l'usage du monde et des objets, qui le constituent. La lumière joue aussi un grand rôle dans ce film, les lampadaires d'Orly, l'enseigne lumineuse du Royal Garden, le O, qui s'éclairant, illumine la tête du prêtre... On rit aussi beaucoup, les gags empruntent au burlesque, mais le détournement contextuel est aussi nourri de poésie. Courrons voir Tati, c'est un ovni dans l'univers cinématographique!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 16 juillet 2014
Visuellement époustouflant, encore aujourd'hui, cette rematerisation nous apporte une luminosité et un détail incroyable dans chaque (magnifique) plan de ce très grand film. Parfois hilarant, souvent grandiose, le film n'a pas pris une seule ride et nous emporte et nous emportera toujours dans son grand et génial délire !
NeoLain

5 907 abonnés 4 745 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 2 août 2014
Ce que je trouve de réussi, ce sont les décors qui se confondent. Ca donne une complexité visuelle. Ensuite, les arrivées et sorties des personnages tout comme les nombreux figurants se passe au millimètre près , du gros travail. Après, Playtime est le film le plus incompris de Tati, et je suis de la partie, encore un cinéma de Tati qui me convient absolument pas. Sur quatre oeuvres du bonhomme, trois m'ont fait cet effet. Déplaisant je dois dire.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 8 mai 2014
Un film très maitrisé et inventif , pas le meilleur de Jacques Tati mais qui vaut quand même le coup d œil, mais pas toujours facile d' accès ..... Le film qui plongea Tati et son studio dans la faillite .
AMCHI

6 969 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 juin 2014
Playtime est certainement le film le plus ambitieux de Tati, c'est un projet ruineux qui débutera avec un budget de 3 millions de Francs pour finir à hauteur de 15 millions de plus le tournage de Playtime a pris plusieurs années et certaines journées pouvaient voir 150 techniciens et figurants sur le plateau. Tati reprend son personnage de Hulot qui se rend dans une ville moderne aux gadgets derniers cris, on ne sera jamais pour quelle raison il doit s'y rendre mais peu importe Tati nous montre une ville assez froide qui sera le prétexte de nombreux quiproquos burlesques (les sièges bruyants, la porte en verre du restaurant qui se brise dont le portier fera semblant de tenir la poignée) mais aussi une certaine tendresse. La séquence du restaurant est peut-être le meilleur moment de Playtime, je craignais que les 2 heures soient trop longues mais on ne voit pas le temps passer.
Yetcha

1 095 abonnés 4 772 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 avril 2014
Particulier dans l'univers de Tati, Playtime a été très mal reçu à son époque et a plongé le réalisateur dans un marasme financier terrible dont il ne se relèvera jamais. Aujourd'hui ce qui nous saute au visage, c'est son extraordinaire modernité. Une vision du futur tellement vraie aujourd'hui. On saisie mieux l'incompréhension des contemporains de Tati face à cette œuvre, si particulière, si lisse et si profonde à la fois. Une œuvre iconoclaste de la part d'un iconoclaste du cinéma mondial et français. À découvrir pour tous...
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