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Cadreum
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3,0
Publiée le 16 juillet 2026
Il y a une équation risquée que Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud ont choisi de résoudre en 2011, quatre ans après le triomphe de Persepolis : comment adapter une deuxième bande dessinée sans refaire deux fois le même film ? Leur réponse, aussi courageuse qu'un peu casse-gueule, consiste à tout changer (même si la recette de remplacement, on va le voir, se révèle nettement plus difficile à tenir en équilibre) — abandonner l'animation qui avait fait leurs preuves pour la prise de vues réelle, avec un casting français de luxe (Mathieu Amalric, Maria de Medeiros, Isabella Rossellini, Golshifteh Farahani) qui sent bon le film d'auteur ambitieux. Poulet aux prunes raconte les huit derniers jours de Nasser Ali Khan, grand violoniste téhéranais des années 1950 qui, l'instrument brisé par sa femme et l'élan vital envolé avec lui, décide de se laisser mourir plutôt que de continuer à vivre sans musique ni amour.
La richesse graphique trouve ici son prolongement dans la logique de surenchère qu'adopte le film. Satrapi et Paronnaud ouvrent en grand leur boîte à idées pour raconter les souvenirs de Nasser Ali : une parodie de sitcom américaine filmée en caméra fixe avec ses rires enregistrés, une succession de morts cartoonesques aussitôt envisagées qu'écartées, une rencontre surréaliste avec l'Ange de la Mort, une citation fellinienne assumée au milieu des seins géants de Sophia Loren ou encore une parenthèse d'expressionnisme allemand pour mettre en scène une humiliation scolaire. Cette profusion témoigne de la liberté créative du duo, suffisamment décomplexé pour explorer toutes les possibilités qu'offre le cinéma plutôt que de s'enfermer dans un registre unique.
Pourtant, cette accumulation peut aussi laisser une impression de saturation. À force de multiplier les idées, le film finit par diluer sa colonne vertébrale émotionnelle, comme un feu d'artifice si généreux en couleurs qu'il devient difficile de distinguer le ciel qu'il était censé illuminer. Malgré cette abondance parfois difficile à contenir, certaines trouvailles résistent à l'ensemble et méritent d'être isolées en tant que belles réussites.
La structure des huit jours, l'agonie de Nasser Ali, offre une colonne vertébrale temporelle stable, à l'intérieur de laquelle souvenirs, projections futures et digressions fantasmées peuvent circuler librement sans jamais faire perdre complètement le fil au spectateur. C'est un dispositif narratif intelligent en théorie, hérité de la tradition du conte persan et porté par la voix surplombante d'Azraël plutôt que par celle de Nasser Ali lui-même — un choix qui installe d'emblée un régime de fatalité assumée, puisqu'on sait dès le départ que l'homme va mourir, et que la vraie question n'est jamais s'il va mourir mais ce que ce trajet va nous révéler de sa vie.
Parfois, la tentation du trop-plein sentimental finit par basculer, par endroits, du bon côté de la ligne mais trop souvent, pas. Cependant, il faut avoir un peu de tendresse pour les œuvres qui préfèrent risquer la maladresse par excès de générosité plutôt que de se réfugier dans la prudence formelle — et c'est cette générosité débordante qui rend le film attachant malgré ses évidents déséquilibres. On sort de la séance moins bouleversé, moins impressionné qu'on ne l'avait espéré, mais avec la certitude d'avoir assisté à l'œuvre d'un duo qui préfère se tromper en visant trop large plutôt que de viser juste par simple prudence — ce qui, à l'heure actuelle, mérite qu'on lui pardonne volontiers ses assiettes trop chargées.
Un film loufoque et poétique. Très jolie bande son. Le caricatural est parfois poussé trop loin. Mais le résultat global est touchant, très atypique aussi.
Le duo Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud concocte un film au doux mélange de tristesse et d’humour, d’art et d’amour, d’exotisme et de mélancolie qui laisse au spectateur un goût inoubliable pour peu qu’il se laisse emporter dans cet univers si particulier à la langueur délectable. Le tout est interprété avec douceur et passion par un excellent casting.
N’est pas Jean-Pierre Jeunet qui veut…. Très inspiré par « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain » - on y retrouve même Jamel Debbouze - le film, s’il évolue dans un univers onirique, ne démontre pas la même maîtrise. Surtout, il manque à ce film un sens plus profond qui se dégagerait de ce récit. Pour un premier film cela reste, tout de même, une réussite très honorable.
La pensée de revivre les moments charnières de sa vie est joliment faite. Si l’on excepte les bribes de carton pâte à la Gondry. On ne peut s’empêcher de penser à Amélie Poulain. L’héritage est tout à fait évident. Un regret cependant. Il est violoniste et on n’apprend rien de l’émotion musicale qu’il peut transmettre.
On est loin du festin offert par Marjane dans Persepolis avec ce Poulet aux saveurs tres inégales. Une belle histoire, une poésie certaine mais aussi des passages un peu longs ou plutôt un peu lourds que lon croirait maladroitement imités de Jeunet dans Amélie Poulain. Après ce film à moitié reussi, j'ai néanmoins envie de lire la BD dont il est l’adaptation pour en avoir le coeur net. Je risque de la préférer à cette realisation qui peut-être ne met pas en valeur le récit original.
16 215 abonnés
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2,0
Publiée le 25 septembre 2023
Que de regrets pour cette passion dèvorante du grand oncle de Marjane Satrapi pour une femme et son instrument de musique! Contrairement à "Persepolis" (2007), les acteurs sont rèels avec une rèalisatrice qui puise dans ses souvenirs de jeunesse! On s'ennuie souvent dans la première heure où tout se mèlange beaucoup trop avant la dernière partie, bouleversante! Lorsque ce « Poulet aux prunes » finit plus ou moins par se concentrer sur la relation entre Nasser Ali Khan et Irâne, cette dernière ètant promu comme le catalyseur de ce conte, c'est trop tard, l'histoire (triste) touche à sa fin! Eh oui quel dommage que cette rèflexion sur la vie et sur l'amour soit aussi dècousue, d'autant plus que Mathieu Amalric arrivait à rendre palpable ce patchwork cinèmatographique d'homme qui perd tous ses espoirs face à une Golshifteh Farahani magique à chaque plan! On peut toujours dècouvrir la BD qui, paraît-elle, est meilleure que le film...
Wow wow wow wow wow... Mme Satrapi, je vous hai(me)s d'affection ! Je n'ai jamais été autant bouleversé après avoir vu un film !
Le non-5 étoiles repose spoiler: sur le fait qu'il y a une cassure en plein milieu de la scène la plus émouvante du film : pourquoi, lorsque nous est exposée la tristesse de la rupture entre Nasser et Irâne, voit-on ce dernier songeur, en compagnie d'une groupie ? Ce qui est chaleureux et attrayant... une relation charnelle lors d'une tournée triomphante ! Ce n'est pas dans le ton du mariage forcé d'Irâne et ses conséquences, qui ne peuvent qu'évoquer directement la mélancolie...
Et puis aussi, ce qui m'apparait comme spoiler: une légère perte de rythme lors des moments qui précédent le décès de la maman de Nasser, ainsi que le moment de l'intervention du vendeur autour de la tombe. Une petite sensation de ralentissement... mais je n'ai vu le film qu'une fois !
En dehors de ça, je reste chamboulé, chamboulé, chamboulé... il s'agit d'un film magnifique, mais ô combien triste... et dans une si puissante description de nos mélancolies...
Merci à toutes les personnes impliquées dans sa réalisation ! Aucun acteur ne fait de manqué, tout est bien filmé. Ce qui m'y déplait est mineur. La musique, au top ! Bravo !
En Iran, l'histoire d'un musicien dans les années 50/60.
J'avais beaucoup apprécié Persepolis. Poulet aux prunes est une autre adaptation de Marjane Satrapi. Elle nous parle de l'Iran des années 50/60 et d'un musicien. C'est un joli conte mais je n'ai pas vraiment d'avis. je ne l'ai trouvé ni mauvais ni bon.
En gros, c'est un film agréable avec de bons acteurs. Si vous avez le temps
Très déçu, ce n’est pas un grand film contrairement à The voices, ou même simplement un bon par rapport à Persepolis. Une mise en scène et un style particulier. Je le déconseille aux moins de 10 ans. 2/5
Visuellement, c'est étonnant, poétique et un brin intimiste mais cette belle histoire d'un amour contrarié ne m’a pas empêché de trouver le temps long. La voix off se sent obligée d'expliquer toutes les trois minutes ce que ressentent les personnages et ce qui leur arrive et n’apporte pas grand-chose si ce n’est qu’un sentiment de longueur qui dessert le film déjà quelque peu contemplatif. Le scénario part dans tous les sens au risque de perdre le spectateur. J’ai du mal à comprendre que ce film ait reçu d'aussi bonnes critiques.
Beau, poétique, juste. Ce film est, pour moi, une référence en matière d'art. Il joue avec un large panel d'émotions du début à la fin. Il ne faut pas le regarder comme un divertissement mais vraiment comme une oeuvre au sens premier du terme. Je comprend complément qu'il ne plaise pas à un grand nombre de gens car il y a une vrai prise de risque derrière cette oeuvre, il ne s'agit pas d'une réalisation 'facile". Le simple fait qu'il puisse séduire et se faire détesté par les spectateurs est à mes yeux, un argument à ce que j'avance. Tout les goûts sont dans la nature mais si vous voulez regarder ce film, une chose est sur, ne le regarder pas d'un œil!
Je vais être un peu dur avec ce film. J'aime beaucoup Marjane Satrapi et ses bandes dessinées. Son humour est à l'image de son coup de crayon : simple, enfantin, malicieux, drôle, sensible. « Persépolis » est une très grande bande dessinée et une réussite cinématographique, un véritable et excellent dessin animé. Et « Poulet aux prunes » a les qualités de « l'univers Satrapi » : c'est une très belle histoire d'amour contrarié dans les meilleurs moments du long métrage, doublée d'une peinture sociale de l'Iran de la deuxième moitié du XXème siècle fort convaincante. Mais c'est bien là le problème : ce film est inégal, malgré d'indéniables sommets. Il faut bien le dire, on s'ennuie poliment la majeure partie du temps, et l'on a du mal à trouver Mathieu Amalric sympathique... Tout droit sorti des films d'auteurs franchouillards chiants à mourir (pardonnez-moi l'expression), il plombe le long métrage par son humeur dépressive et suicidaire. Je ne me souviens plus trop de la bande dessinée originale, mais je l'avais plutôt bien appréciée dans mon souvenir. Prendre Amalric pour jouer le rôle principal était osé, mais un acteur inconnu aurait été sans doute préférable tant il en fait trop. Le film ne tourne plus qu'autour de lui, et les personnages secondaires peinent à ressortir. Le résultat est que l'on a de la peine à ressentir quoique ce soit pour les personnages et ce qui se trame à l'écran. « Poulet aux prunes » devient alors un long métrage tout à fait artificiel, aussi factice que son éclairage à la Jean-Pierre Jeunet. Bref, et ça me fait mal de le dire : sans âme. C'est vraiment dommage. Car quelques passages valent le détour : l'irruption inattendue d'Azraël, l'ange de la mort, incarné par un Edouard Baer méconnaissable, et surtout les moments avec Golshifteh Farahani, qui crève l'écran. Quelques éclats de lumière d'un diamant brut, malheureusement bien terne...
Un film envoûtant où on se laisse aller à la douce mélodie qu il nous chantonne, entre le conte et le film l enchantement s opéré. L histoire est un mélange humour et de tragédie , triste mais qui amuse pour autant., un hymne à la vie aux saveurs différentes tels un poulet aux prunes, ode au temps et a l amour et l art la musique qui font vivre le cœur de notre héros .. Un coup de chapeau à la réalisation , l esthétisme du film de l image.nostalgie d un Téhéran d'une autre époque tel le génial Persepolis, celui-là est dans la même veine mais un cran en dessous.moins intelligent et dénonciateur mais pour autant celui-là est plus inventif et soigne flirtant avec la bd. Amalric est très bon dans son robert il est très bien seconde. Il apparaît quand même certaines lourdeur sur la longueur et certains dialogues et passages ne servent pas à grand chose. N empêche le film vaut vraiment le coup d'œil.