John Carter, production Disney au budget faramineux (250 millions de dollars, excusez du peu), n'est pas plus qu'un divertissement niais et recyclé. S'il rappelle Avatar par sa créativité artistique, il emprunte également à Gladiator par certains aspects de son scénario, comme le rappelle Yann Lebecque, journaliste un peu fou de L'écran fantastique puisque le monsieur a quand même l'impudence de qualifier ce qui n'est qu'une réalisation périssable du "mariage irrésistible de Gladiator et du Seigneur des Anneaux". John Carter a tout de même pour lui, je l'ai déjà dit, une créativité plaisante bien que pas toujours à mon goût. Pour l'aspect visuel et l'animation, le film n'a pas à rougir, loin de là, et certaines séquences valent même clairement le détour. Mais pour la bouillie de scénario qu'on nous sert, la pilule est plus difficile à avaler. Si son épilogue est plutôt habile, les péripéties qui y mènent sont bien souvent incohérentes, et Andrew Stanton n'a pas lésiné sur des anachronismes qui peuvent paraître anodins mais m'ont pourtant gênés. Et puis qu'est ce que c'est prévisible ... Là ou le bât blesse également, c'est du côté de l'acting, d'un très mauvais niveau, ou encore de l'humour un peu gentillet. Rien de catastrophique mais je ne peux m'empêcher d'être sévère, mes réticences à l'égard de ce genre de productions augmentant au fur et à mesure que j'en vois, et que l'impression de déjà vu me taraude de manière continuellement plus handicapante. Il faut dire que pour que la pilule du gentil héros qui finit par se battre pour sauver la belle princesse et son monde passe encore et toujours, il faudrait que le tout soit parfaitement bien emballé. Je ne saurai le déconseiller aux plus jeunes, aux éternellement jeunes, ou à tous ceux qui se satisfont de peu en matière de cinéma, mais ce John Carter n'était, c'est sur, pas fait pour moi.