La Maman et la Putain
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Guillaume836076
Guillaume836076

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4,0
Publiée le 30 juillet 2013
e viens de voir le film et je le note à chaud. Tout comme j'écris cette critique à chaud ! Considéré comme un chef d’œuvre absolu par la majorité des amoureux du cinéma (sauf rares exceptions), j'avoue que noté ce film est une vraie gageure. Il faudrait que je le revoie peut-être une fois, deux fois, trois fois, comme je l'ai fait en son temps pour "2001, l'odyssée de l'espace" de Stanley Kubrick.
Je vous l'avoue franchement je me suis ennuyé dans la première partie du film, c'est long et chiant, très verbeux. Un sommet d'ennui. Puis mon attention c'est focalisé sur autre chose pendant de longues minutes. Bizarrement c'est la mélodie monocorde de la diction particulière de Jean-Pierre Léaud, qui joue totalement faux, qui a attiré de nouveau mon attention. Juste une question d'habitude. En fait il faut se mettre dans de bonnes conditions pour ne pas làcher du tout en cours de route. C'est tellement faux, que ça en devient de la poésie et là il s'agit d'un compliment ! Car les expressions et les attitudes de l'acteur, elles sont criantes de vérité.
Rien de transcendant dans la mise en scène d'Eustache, mais un je ne sais quoi qui vous électrise devant votre écran. Au bout du compte, la simplicité des champs contre champs et plans fixes servent peu à peu le sujet et lui donne une force hors norme. Sa direction d'acteur est tout bonnement exceptionnelle, même si on a l'impression d'un je je-m’en-foutisme généralisé. En fait tout semble très intelligemment pensé pour mettre en valeur des dialogues et des monologues d'une beauté exceptionnelle. Superbe écrins pour les trois acteurs principaux, surtout Françoise Lebrun (Véronika, "la putain") confondante de naturel et de talent quand elle crie son amour pour Alexandre (Léaud) et Marie (Bernadette Lafont). Sa lucidité fait mouche et vous touche au cœur. Profondément. Son monologue a lui seul vaut tous les louanges.
Puis Bernadette Lafont (Marie, "la maman"), belle, sensuelle, naturelle, a milles lieux de ce que j'imaginais d'elle dans ce film. Touchante et émouvante dans ce rôle de femme tellement amoureuse d'Alexandre qu'elle accepte d'abord ce couple à trois, puis se révèle bien plus jalouse et moins ouverte qu'elle ne le laissait suggérer.
Mais ce film c'est avant tout un film qui se déroule au travers du regard narcissique d'Alexandre (Léaud, dans la continuité de son rôle de séducteur à la Antoine Doinel) qui considère les femmes comme un moyen de refléter sa haute idée de lui-même. Avec ce personnage central, Jean Eustache ne livre pas du tout un pensum libertaire sur la sexualité libéré de l'après-mai 68, comme certains pourraient le croire. C'est tout à fait le contraire. Ce film n'est pas du tout tendre avec les hommes (que représente Alexandre) et porte à leur égard un regard très critique vis à vis de leur attitude souvent légère et irresponsable, ne pensant qu'à séduire et à "baiser" comme si c'était la seule chose "importante" comme le fait comprendre Véronika.
Au travers, des deux personnages féminins, l'amour est exalté, plus maternel et possessif pour Marie et plus, libertaire sexuellement, pour Véronika. Au final, la forme qu'il prend n'est pas si important. C'est ce qui est éprouvé pour l'autre qui est important et pas ses petites questions d'ego ridicule au final. Une question universelle. C'est peut-être pour cela que ce film est, aujourd'hui, toujours d'une telle résonance émotionnelle. Un grand film.
Cthulhu Mantis
Cthulhu Mantis

38 abonnés 84 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 juillet 2015
La consécration de la nouvelle vague se termine en beauté avec le chef-d'oeuvre et premier long-métrage de Jean Eustache.

Aujourd'hui si la maman et la putain sortirais, jamais il n'aurait été récompenser, encore moins que lorsqu'il est sorti en 1973. C'est un miracle que le film de Jean Eustache qui été un échec commerciale réussi à parvenir à certains cinéphiles aussi avertis, qu'aventureux et exigeant. Un autre miracle que d'avoir également d'avoir traversé plus de 40 ans alors qu'il aurait eu des chances de tomber bien plus bas dans les oubliettes des mémoires.

Ma découverte de ce film aura été un choc, je ne cache pas qu'il ma fallu un certain courage pour me le faire en entier jusqu'au bout. Il faut dire qu'il y'a plus facile à aborder comme film et demande une grande concentration. Celui qui n'avoue pas qu'il s'ennuie devant le visionnage de ce film lève la main. Je ne cache pas non plus également que cette oeuvre cinématographique peut euthanasier le spectateur. Il ma donner l'impression d'assister à un morceau de vie.

Je me disais j'arriverai jamais à complètement rentré dedans et à passer le cap. Mais enfin de compte les tourments d'Alexandre, de sa situation, sa façon d'aborder les filles m'ont donnée envie d'en voir plu comme si j'avais envie de devenir son ombre. Si on passe le cap de la première demi heure, cela devient intéressant. Les personnages notamment Françoise Lebrun et Jean-Pierre Léaud en particulier aux multiples facettes. Ça parle philosophie, sexe, amour et liberté. L'image en noir et blanc est superbe et la réalisation est faite de long plan fixe. Jean-Pierre Léaud qui incarne le personnage d'Alexandre vient du personnage qu'il incarner dans Masculin-Féminin de Godard inconsciemment après que mai 1968 soit passer ou Antoine Doinel chez François Truffaut qui se serait radicaliser.

Ce film c'est avant tout un texte plus qu'un film comme une pièce de théâtre, d’ailleurs j'ai appris qu'il est adapté. On peut trouver les textes de la maman et le putain en librairie spécialiser et se remettre en boucle les dialogues et ou on en fait très difficilement et lentement le tour. Les dialogues sont très crus, bien écrit et très littéraire.

Une mise en scène à la fois simpliste, radical, épuré au maximum, si vous voulez des mouvements de caméra qui donne le tournis faudra repasser. Ici, c'est champs contre champs et plans fixe, tout pour le personnage ce qui est assez beau. Un petit détail "On pouvait fumer dans les cafés" impensable aujourd'hui. Deux femmes aiment Alexandre, cependant, chacune au fond le veut pour elle seule, avec des rapports qui deviennent paroxystique. Alors certes il est long ce film qu'on envoie pas la fin mais qu'on peut oublier tant le sujet est traité avec profondeur : plus court nous aurait fait passez à coté de la psychologie pénétrante de ce triangle amoureux explosif.

Eustache avait écrit ce film pour une femme(Françoise Lebrun) qu'il aimait et l'avait quitté mais voulait la faire jouer dans un de ses films. Il a aussi demander aux acteurs si il voulait faire un film avec lui et que si ils auraient dis non il aurait abandonner. Exigeant avec les interprètes, le texte devait être su au point et à la virgule prés. Aucune improvisation, le cinéaste avait d'ailleurs appris les textes par cœur, c'est pour dire à quel point cette écorché vif tenait à bras le corps son investissement dans son film.

Ce long-métrage tourné en 16 mm est un cinéma direct qui donne l’impression entre film documentaire et étude sociologique."Ne pas filmer l'action du récit mais le récit de l'action". Le budget du film est ridicule vus qu'il était de 700 000 francs à l'époque qui vaut aujourd'hui 5500 euros environs.

J'ai découvert Jean Eustache par hasard sur you tube en regardant un extrait du film de Gainsbourg Charlotte for ever et sur les autres fenêtres il y'avait un extrait du film mes petites amoureuse avec une scène superbe avec Martin Loeb. J'ai appris que le metteur en scène du film c’était suicider ce qui m'a piqué a ma curiosité sur cette rupture brutale avec la vie surtout avec un métier aussi prestigieux. Cette homme par la radicalité de ses films et des sujets qu'elles abordent l'ont hélas fait régulièrement refréner par les grandes filiales cinématographique.

Si des garçons et des filles, avant de faire la Fémis, d'écrire des articles ou de se lancer dans une histoire de cœur, relisaient les entretiens que Jean Eustache donnait aux Cahiers du cinéma, le cinéma irait mieux et les rapports amoureux seraient moins merdiques.

Un chef d'oeuvre de Jean Eustache que beaucoup de ses détracteur le qualifier comme cinéaste de l'ennuie et de la désillusion. Un film fleuve qui a changer mon rapport au cinéma et à la vie. Quel dommage qu'il ne soit pas éditer en DVD.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 28 janvier 2007
Ca fait tout drôle, quand on est étudiant en cinéma (vaste programme !) : on en a entendu parlé, porté par des admirateurs emphatiques chez qui on sent une vibration inhabutelle lorsqu'ils évoquent le "monologue" ! C'est donc curieux et intrigué que l'on pénètre dans la salle... un mois plus tard j'en ai encore les larmes aux yeux. Les mots sont inutiles devant une oeuvre pareille. Proust a découragé plus d'un écrivain du dimanche à se lancer, aussi, comment faire des films après une telle merveille. C'est d'une beauté inouïe, un des plus beaux films du monde... ça y'est, c'est malin... je suis toute emoustillée !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 14 juillet 2008
La découverte de Truffaut et de son Jean Pierre Léaud ( qui lui était si cher ) m'a donné l'occasion de glisser vers cet exceptionnel film de la fin de la nouvelle vague.

Des dialogues délicieux, dans un film que je reverrais à plusieurs reprises, c'est sûr. Des scènes et des répliques qui sont pour moi devenues cultes, depuis que j'ai vu ce chef d'œuvre de 3 heures.

Dommage que Jean Eustache n'ai pas fait davantage de films, cela donne cependant encore plus de charme à son œuvre.

Ce film très osé et avant gardiste est vraiment drôle et intelligent, je le conseille à tous.
Antonin T.
Antonin T.

38 abonnés 48 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 novembre 2012
Un chef-d'œuvre, écrit comme un livre, avec de superbe dialogue, magnifiquement bien interpréter, le monologue de Jean-Pierre Léaud où il fini les larme aux yeux, derrière des lunette noir, transparaît d'une sensibilité époustouflante. Sublime et passionnant, le film raconte les déchirement amoureux d'un jeunes intellectuel désœuvré, qui promène les idées qu'il ce fait sur la vie, à travers un saint-germain-des-près qui n'existe plus, l'amour jusqu'à en crever. Un film unique dont on ne sort pas indifférent.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juillet 2022
Il ne faut pas avoir peur de la crudité d’un certain langage, d’une certaine perversion des sentiments (je t’aime, je te hais) mais on ressent une liberté sexuelle totale.
Le film est assez surprenant quand même. Et je dirai que sa durée joue pour lui.
Le temps avance et les incertitudes du début, la lassitude même, deviennent une façon d’appréhender le trio et de l’aimer.
Au final, j’ai trouvé la philosophie des échanges passionnante.
Leaud, souvent drôle et très pertinent dans ses remarques, est au centre d’un duo qui ne laisse pas indifférent.
J’ai aimé cette façon qu’ils ont se se vouvoyer et de laisser l’amour et le sexe comme un moyen d’avancer dans la vie, une chose naturelle.
Ça valait le coup d’attendre un paquet d’années pour le voir.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 1 septembre 2022
Alexandre (Jean-Pierre Léaud) est un dandy parisien. Il vit aux crochets de Marie (Bernadette Laffont) qui l’héberge et l’entretient. Tandis qu’il essaie sans succès de reconquérir Gilberte (Nathalie Weingarten), une jeune enseignante qui l’a quitté pour se marier, il fait la rencontre de Veronika (Françoise Lebrun), une infirmière qui ne se cache pas de mener une vie sexuelle libérée. S’ébauche entre Alexandre, Marie et Veronika un ménage à trois.

"La Maman et la Putain" est sans doute possible un film-culte qui a marqué l’histoire du cinéma. Sa projection à Cannes en 1973 fit scandale. Le suicide de son réalisateur, Jean Eustache, en 1981, renforça la sombre aura de « diamant noir » (l’expression est de Mathieu Macheret). Aujourd’hui, "La Maman et la Putain" figure dans nombre d’anthologies et est régulièrement cité parmi les meilleurs films du cinéma français.

"La Maman et la Putain" utilise les recettes de la Nouvelle vague. C’est un film tourné en noir et blanc et en son direct – si bien que les conversations y sont parfois coupées par le tohu-bohu de la circulation automobile et que le son diégétique des disques qu’on y entend est si mauvais. Il lui emprunte aussi son acteur fétiche : Jean-Pierre Léaud.

Dans l’histoire du cinéma français, "La Maman et la Putain" est souvent présenté comme un film de l’Après-68. Ses personnages sont désenchantés. La révolution prolétarienne a échoué et ne les intéresse plus. Alexandre se moque de Sartre. Surtout, la révolution sexuelle s’est avérée un leurre. Le long monologue de Veronika qui clôt le film en fait l’aveu émouvant : « baiser » est « merdique » et rien n’est plus beau que « faire ‘amour » avec l’homme qu’on aime et porter son enfant. Une morale terriblement rétrograde d’un film pourtant volontiers libertaire….

"La Maman et la Putain" a une particularité qui le distingue des autres films de la Nouvelle Vague, autrement concis : sa durée obèse. "La Maman et la Putain" dure trois heures et quarante minutes, ce qui fait de son visionnage une épreuve. Une épreuve d’autant plus pénible que le film ne brille pas par ses rebondissements mélodramatiques mais se veut au contraire un film de dialogues. Son héros, volontiers ridicule, use le langage jusqu’à la trame.

Dès les premières images du film, son artificialité m’a déplu. Ce reproche-là, qu’on a souvent fait à "La Maman et la Putain", le personnage joué par Jean-Pierre Léaud s’en défend par une formule tarabiscotée que je ne comprends pas : « Plus on paraît faux, plus on va loin. Le faux, c’est l’au-delà ». Ca sonne bien… mais ça veut dire quoi ? Dès les premières scènes, je n’ai pas accroché à ce personnage insupportable d’égocentrisme et de maladresse et aux longues logorrhées, souvent répétitives, qu’il nous inflige.

Je suis trop jeune pour avoir connu Mai-68. Et je le suis presque trop pour avoir connu le désenchantement de cette génération-là. Aussi la douleur de Veronika, déchirée entre une liberté sexuelle vide de sens et une quête amoureuse vaine, ne m’a-t-elle pas touché.

"La Maman et la Putain" est un film clivant. Il a ses adorateurs. J’aurais aimé en être. Hélas je n’en suis pas….
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 juin 2022
Hallelujah ! Un des plus grands films du cinéma français, quasiment invisible dans de bonnes conditions depuis des années, fait son retour sur grand écran, qui plus est dans une copie restaurée 4K par Les films du Losange qui met particulièrement en valeur les contrastes et la lumière du magnifique Noir et blanc du Directeur de la photographie Pierre Lhomme. Ce film, c’est "La maman et la putain", le chef d’œuvre de Jean Eustache, un film tourné entre mai et juillet 1972 et qui fit scandale lors du Festival de Cannes 1973, tout en y remportant Grand Prix du Jury et le prix de la Fédération de la presse cinématographique internationale. Cette version restaurée a permis le retour de ce film au Festival de Cannes le 17 mai dernier, dans le cadre de la sélection Cannes Classic, avec une projection dans la salle Debussy du palais des Festivals qui s’est terminée par une « standing ovation » de 10 minutes saluant ET le film ET la présence physique de Françoise Lebrun et de Jean-Pierre Léaud. Scandale en 1973, ovation en 2022 !

Si il parait difficile de ne pas comprendre les raisons de l’ovation en 2022, on peut s’interroger sur les raisons qui ont poussé une partie des spectateurs à siffler ce film il y a 49 ans. L’explication la plus plausible réside dans le rejet par certains festivaliers du langage souvent très cru utilisé par les protagonistes du film. Passons ! Une autre explication est tout aussi évidente : le fait, tout bête, pour de nombreux spectateurs de 1973 de ne rien avoir compris au film, d’y avoir vu une œuvre immorale avec une apologie de l’amour libre post 68 et un éloge du trouple (un mot qui n’existait pas à l’époque et qui désigne une relation amoureuse à trois, ici Marie, la maman, Alexandre et Veronika, la putain). Rien compris au film ! En réalité, "La maman et la putai"n est, tout au contraire, un film particulièrement moral. En effet, si on entend Veronika dire qu’elle peut coucher avec n’importe quel homme, ce qu’elle ne se prive pas de faire, si elle ajoute « Pourquoi les femmes n’auraient-elles pas le droit de dire qu’elles ont envie de baiser avec un type ? », le plan séquence, magnifique, émouvant, où en larmes, elle prend le contre-pied de tout ce qu’elle avait affirmé (et pratiqué) auparavant en déclarant qu’on ne devrait « baiser » qu’avec les personnes qu’on aime d’amour et, pourquoi pas, en espérant, en tant que femme, tomber enceinte, permet, au minimum, de se demander dans quel discours de Veronika Jean Eustache se reconnaissait le plus !
Americo
Americo

23 abonnés 110 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 juin 2022
C'est très long (3h40) mais ça va. Film parfois drôle, dérangeant, très original et à ce titre , à voir. Avec son aura de film / chef d'oeuvre controversé et sous le manteau. Je suis très content de l'avoir vu.
Ça tourne
Ça tourne

40 abonnés 55 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 juin 2022
"La Maman et la Putain", chef d’œuvre de la fin de la Nouvelle Vague, représente la triangularité des liens amoureux. Alexandre, déçu de sa relation avec Gilberte, se dirige vers une autre femme, Véronika, en restant toujours chez sa maîtresse Marie. Les deux couples Marie-Alexandre et Alexandre-Véronika ne vont bientôt plus en former qu’un seul, à trois. Ce qui n’était qu’une simple relation au début du film devient un amour fort et réel au fil du long métrage. Jean Eustache expose ici la proximité entre les personnages à l’écran par de nombreux gros plans qui permettent ainsi de dévoiler aux spectateurs leur intimité. Le monologue de Véronika, scène d’une beauté absolue, incarne toute l’idéologie que le réalisateur souhaite transmettre dans son film. L’amour, même s’il n’est pas le point de départ de l’œuvre d’Eustache en est assurément le point d’arrivée.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 11 juillet 2010
La maman et la putain est un film qui intrigue, non seulement par son titre mais également par les nombreux thèmes abordés qui s'inscrivent directement dans le contexte post-mai 68. Mais contrairement à ce que l'on pourrait d'abord penser, au lieu de faire l'apologie des acquis de cette période, à savoir l'évolution des rapports hommes/femmes, une redéfinition des relations amoureuses, une libération des moeurs, le réalisateur s'attache à montrer l'écœurement provoqué par cette vie de jouissance et semble privilégier une vision traditionnelle de la vie de couple symbolisée à la fin par la demande en mariage d'Alexandre à Veronika.
La Maman et la Putain est un œuvre sublime portée par un trio d'acteurs étonnant qui nous immerge pendant près de trois heures trente dans un magnifique Paris en noir et blanc. Une œuvre majeure du cinéma français.
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 octobre 2012
Alors 220 minutes tournées en noir et blanc et en 16 mm avec que des scènes de dialogues et inévitablement sur un rythme étiré, autant dire qu'il y a plus facile à aborder comme oeuvre que "La Maman et la Putain". Donc ne pas avouer que l'on s'ennuie ne serait-ce qu'un peu en le visionnant relèverait de l'hypocrisie, enfin pour ma part... Pourtant si on fait abstraction des pointes d'ennui et aussi du jeu atrocement faux d'Isabelle Weingarten, qui heureusement n'apparaît qu'au début, il n'est pas interdit de se laisser porter. Les dialogues sont très littéraires mais sont loin de manquer de beauté, Jean-Pierre Léaud parvient à être beaucoup moins insupportable qu'à l'accoutumé et les deux portraits de femme qui donnent le titre du film sont réussis. Un autre grand mérite de Jean Eustache à travers cette oeuvre très autobiographique est d'avoir su restituer l'atmosphère du Paris post-soixante-huitard avec son lot de désillusions. Un film pas du tout facile mais qui mérite d'être vu une fois.
SociN
SociN

13 abonnés 636 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 21 juin 2023
Que c'est long ! Le film commence très mal, avec des scènes surjouées, des textes déclamés. Cela s'améliore un peu par la suite. Je veux bien croire que les Eustache, Godard ou Resnais ont dynamité le cinéma, mais 50 ou 60 ans plus tard, que leurs films semblent longs et bavards, empesés et vaniteux.
Jeune Ras
Jeune Ras

13 abonnés 469 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 mars 2022
Magnifique. Un des derniers grands films de la nouvelle vague. Les acteurs sont impeccables. La sociologie des relations hommes-femmes et du développement de la société dans les années 70 est parfaitement montrée et très justement filmée.
Gko
Gko

36 abonnés 64 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 juin 2022
Le film bénéficie d'un capital de sympathie germanopratine qu'on ne lui ôtera pas, mais qui le laisse surévalué. On l'aura vu en entier sans réel déplaisir sur tout qu'on attend le fascinant monologue de Françoise Le run. Mais que de propos réacs et lourdement sexistes dans la bouche de Léaud. Des dialogues mal vieillis et parfois saugrenus. Des chansons entières écoutées sur un plan fixe. Seule Bernadette Lafont est professionnelle. Sinon, je jure que j'ai aimé mais il m'est arrivé de ricaner devant tant de maladresses.
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