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Un visiteur
5,0
Publiée le 17 avril 2007
Une perle du septième art,je l'ai vu trois ce film en un mois.J'ai encore les dialogues qui me passent chaque fois que j'ai besoin...un film rare,comme toute la création de Eustache.La france doit être fière d'avoir eu un tel génie.Heureseument que des films du passé nous donnent de l'énérgie,car le monde est devenu trop spectaculaire.Une société dont Débord a tant parlé. A voir et à revoir chaque fois qu'on a envie.
Suite probable de «Le Père Noël a les yeux bleus» (France, 1966), «La Maman et la Putain» (France, 1973), Grand Prix au Festival de Cannes, se manifeste comme étant le plus grand film de Jean Eustache. Grand film tant par sa durée, par son audace (plus de 3h30 en noir et blanc) que par propulsion dans un imaginaire agreste. Un lyrisme qui rafle tous soucis de narration, toute anxiété de réalisme. Eustache, qui infiltre cette sensation de façon embryonnaire dans ses autres films (cf. la poésie prosaïque de «Les Mauvaises fréquentations?» (France, 1963)), donne ici toute la verdeur de sa poésie, crépite alors les dialogues tonnés par les personnages bonaces, délégués des tourments eustachiens. L'histoire est celle d'Alexandre, interprété par le grandiose Jean-Pierre Léaud, partagé entre Marie, sa femme consensuelle, la Maman (Bernadette Lafont) et Veronika, son amante officielle, la Putain (Françoise Lebrun). Et l'oeuvre n'adhère jamais à l'intellectuel, croire cela ce serait se contenter du film comme préjugés. Dérision tout le long, scandé par des flamboiements d'émotions pures jamais sentimentalistes. Les homélies de Léaud, sciemment reconnues prétentieuses, sont corroyées de sarcasme. C'est ainsi que semble procéder le réalisateur, nous brimbalant dans les degrés des propos, dans les versatilités de l'amour, le meilleur exemple demeurant le monologue de plus de cinq minutes de François Lebrun sur la baise et l'amour. La simplicité exubérante du film happe inévitablement. «La Maman et la Putain», fomenté d'une plastique Nouvelle Vague en retard -le film date de 73-, confine indubitablement au un chef d'oeuvre qui nous inhale entièrement, nous transportant dans une réalité concrète enivrée de liesse battante. Jean Eustache réalise un des plus grands films français, modelé dans le moule suicidaire de son destin. Merveille du cinéma.
Superbe film que j'ai eu la chance de voir à l'Institut Lumière lors d'une retrospective Jean Eustache. 3h40 de bonheur pur, où les dialogues fusent à une vitesse grand V. L'humour distillé est également une réussite mais le cynisme de son auteur sur la vie, sur l'amour et la mort donnent la chair de poule, tant on sent la ten(ta)sion suicidaire prégnante. Mais un bijou du cinéma français, pas vraiment grand public.
Ca fait tout drôle, quand on est étudiant en cinéma (vaste programme !) : on en a entendu parlé, porté par des admirateurs emphatiques chez qui on sent une vibration inhabutelle lorsqu'ils évoquent le "monologue" ! C'est donc curieux et intrigué que l'on pénètre dans la salle... un mois plus tard j'en ai encore les larmes aux yeux. Les mots sont inutiles devant une oeuvre pareille. Proust a découragé plus d'un écrivain du dimanche à se lancer, aussi, comment faire des films après une telle merveille. C'est d'une beauté inouïe, un des plus beaux films du monde... ça y'est, c'est malin... je suis toute emoustillée !
Pour moi, le meilleur film de toute l'histoire du cinéma. Si le cinéma n'avait été inventé que pour faire ce film, alors ça valait le coup d'inventer le cinéma
Le premier ou deuxième meilleur film de l'histoire du cinéma. Le plus beau cri d'amour que l'homme n'ait jamais poussé depuis Voyage au bout de la nuit de Céline.
Un film culte. Un film à voir. Un ovni. Un film qui ne pourrait certainement plus se faire de nos jours. 4h, du noir et blanc, un triangle amoureux interprétés par trois acteurs touchés par la grâce. Un film qui dépeint formidablement l'ambiance du Paris d'apres Mai 68 des jeunes branleurs intellos qui se cherchent et se questionnent sur l'amour et le sexe pour au final aboutir à un schéma plus classique qui fera finalement d'eux des bourgeois. Les dialogues sont inoubliables (on est pas loin de Seinfeld), presque chantés (le long monologue de Veronika à la fin du film a inspiré une chanson à Diabologum). Les personnages secondaires sont fascinants. Des originaux à la limite de la marginalité qui disent exactement ce qu'ils pensent sans se soucier de leur interlocteur. En fait dans la maman et la putain chacun déverse son quotidien sur l'autre, même et surtout, si celui ci ne présente aucun interêt. Ce film est magique, audacieux, vrai et ne s'encombre d'aucun artifice pour séduire le plus grand nombre. Un cri de Jean Eustache.
Il faut vraiment aimer le genre. Personnellement, je trouve qu'il s'agit d'une grosse masturbation psycho-artistiquo-intellectuelle. Si vous n'arrivez pas à vous endormir, essayez ce film, c'est pire que le valium. Je reconnais, objectivement, c'est sans doute un chef d'oeuvre, mais subjectivement : c'est chiant.