"Partir" est impliquant du début à la fin. La fiction sublime une situation qui ne laisse personne indifférent. Touchant, intense, déchirant. Aucun parti pris dans les personnages ni de la part de la réalisatrice, ni en tant que spectateurs; seule une situation qu'on voudrait parfois vivre, qu'on se refuse parfois, qu'on a vécu ou qu'on fuit s'installe et nous plonge dans un tourbillon d'émotions. On les aime tous, ces personnages; on la suit, elle, splendide Kristin Scott Thomas à fleur de peau, en se disant qu'elle a mis le pied dans l'engrenage et qu'elle est bien enfoncée dans la gadoue mais on est tiraillés entre le "n'y vas pas" et le "VAS-Y, fonce"... Le mari, Yvan Attal, je crois ne l'avoir jamais vu aussi perdu et blessé, se débat comme il peut, on l'aime parce qu'on le comprend (aussi) et on le hait parce que, dans son incompréhension de la situation il pose des gestes qui nous révoltent parce qu'ils lui font du mal à elle et à LUI... Lui, c'est Sergi Lopez, qui est là, n'a rien demandé... le bonheur lui tombe dessus... rôle pas facile, mine de rien, car encore plus sur un fil... et il le porte à merveille.
J'ai encore des flashes qui me reviennent, des regards passent d'un état à l'autre avec une force terrible, des passages légers aussi (la scène dans l'herbe avec la mouche), des moments à table indigestes.
Les plans sont souvent très serrés sur les personnages, on va à l'essentiel... et on sort de la salle ému, on souffle un bon coup parce que le coup de poing a touché en pleine âme.