Je n'avais pas vraiment entendu parler de ce film avant sa sortie, mais vu qu'il avait des critiques positives, que ça avait l'air d'être un survival (j'ai même pas lu le scénar) je me suis dit pourquoi pas. Mais bon, je ne suis pas fou, avant de partir j'ai vu qui était le réalisateur : Goddard. Bon je voulais faire des jeux de mots, mais je vais m'abstenir. Enfin bon toujours est-il que Goddard c'est un scénariste de Lost, que c'est son premier film. Du coup, j'ai pas confiance. Oui je suis d'un naturel méfiant. En fait Lost ça pue la fausse bonne idée (c'est sympa, mais ça pue), et j'avais peur que ce film soit pareil. Mais bon, c'est un survival? comment peut-il y avoir de fausses bonnes idées ? Pour répondre à cette question il faut décortiquer le film, et donc spoiler, chose que je n'aime pas faire, mais sachant que si on lit un truc sur le film qu'il ne faudrait pas savoir ça peut tout pourrir, je fais une exception. J'invite donc ceux qui n'ont pas vu le film à ne pas lire ce qui va suivre. Mais avant de vous arrêtez, sachez que ça vaut le coup d'être vu.
Déjà le film commence j'ai cru que je m'étais trompé de salle ou que les projectionnistes s'étaient trompés de bobine. Je dis ça parce que le film que je venais de voir (l'enfant d'en haut) j'ai dû aller râler parce qu'ils passaient Pirates à la place (sans déconner). Le film commence par l'opposé de ce à quoi on pourrait s'attendre d'un survival. Une scène dans un bureau avec des blagues bizarres qu'on ne comprend pas.
Puis vient le titre du film. Ouf, on est dans la bonne salle avec le bon film.
Et là je regrette vraiment que la vie ne soit pas un film d'horreur US avec une fille qui est à moitié nue devant sa fenêtre. J'ai beau avoir ma fenêtre qui donne sur des centaines d'autres fenêtres, je n'ai jamais vu ça. Enfin passons. Et là je me suis ouhh merde, c'est quoi ce caca ? Genre la fille qui vient elle dit qu'elle se teint en blonde, son copain arrive et lance un ballon de foot. L'héroïne vient de se faire larguer, ils vont au lac pour décompresser? Bordel mais c'est du déjà vu tout ça. Et en fait le film continue comme ça pendant un certain temps à balancer des clichés sur les survival. Le must étant le mec qui averti de ne pas aller dans la cabane au fond des bois. Je me suis dit, mouais Tucker et Dale l'avait déjà fait plus tôt cette année ce cliché?
Et puis petit à petit tout ce met en place, on repasse dans des scènes dans le bureau où c'est toujours aussi incompréhensible? et puis à un moment on comprend. En fait c'est une sorte de Hunger Game (ou Battle Royal), il y a des mecs qui contrôlent tout ça et le but c'est que tout le monde crève.
Elle était là la super idée. Et ils vont même plus loin dans le côté metasurvival, la fille est blonde et conne à cause de ces gens qui surveillent, idem ils décident de se séparer alors qu'ils sont attaqués à cause de ces mêmes gens. C'est à la fois marrant et plutôt sympathique comme concept.
J'ai beaucoup aimé les références à Evil Dead au début dans la maison, avec le livre des morts? Globalement j'ai bien aimé ce film pour ce côté justement metasurvival assez innovant et drôle.
Seulement, je mettrai un bémol déjà sur la mise en scène, parce que bon le Goddard là c'est pas Sam Raimi, sur les FX (mais je m'en cogne un peu), mais surtout sur le concept en lui même qui ne va pas assez loin. Je suis vraiment resté sur ma faim. J'en voulais plus. Le côté choix dans la cave de ce qui va les tuer n'est passez prononcé, ça aurait pu être un truc ultra stressant et jouer du coup également sur le côté horreur au premier degré. Ou bien par exemple renforcer le côté "Portal" du labo à la fin du film.
Après on a un caméo qui m'a donné des frissons, elle en avait fait un similaire dans un autre film de SF récemment, ça m'avait fait le même effet.
Bref c'est un film super sympa, plaisant, marrant, pas con, mais il manque un truc pour être à la hauteur de son ambition, peut-être quelque chose de plus premier degré pour vraiment faire flipper en plus et peut-être même une vraie dimension mythologique (en évitant de tomber dans les travers des films de Richard Kelly).