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Un visiteur
5,0
Publiée le 30 juillet 2019
le jeu des couleurs, entre certains noirs, certains blancs, Adjani pâle, en chemise de nuit planche, répond à Klaus Kinsky pâle, en habits noirs, moins exubérant que l'on s'y attendit. Même le château, est d'une blancheur immaculée, le tout est RÊVE, bonheur, recul de Herzog. Ganz improbable de décalage remet une 2nde couche d'onirisme. On se laisse transporter, chaviré par un des plus beaux "films de vampires" qu'il soit, sûrement LE plus beau du cinéma parlant, pourvu qu'on fasse le choix de se laisse emporter.
Prenons les points positifs. Klaus et Adjani reste dans le thème, malgré quelque scène qui frôle le ridicule. Sinon la lumière est assez bien exploité. Bon a part ça, SI Murnau voyait ce film il se pendrais sur le champ, tant dans la mise en scène (reflet dans le miroir !!) que tout ce qui est scénaristique. Très déçu pour un film 1979. Je vais regarder le "vrai" nosferatu, j'ai encore les yeux qui pique avec ce navet.
Jamais vu ce film de Werner Herzog avec Isabelle Adjani. Une certaine ambiance, tour à tour inquiétante, romantique, mystique. Superbe casting avec un Klaus Kinski hallucinant et effrayant. Adjani au début de sa carrière (qui en fait quand même des tonnes). Avec aussi le regretté Bruno Ganz. Un rythme très lent pour un film élégant et noir. Assez fascinant, une découverte en tout cas.
En 1922, Friedrich Murnau réalisait "Nosferatu", l'adaptation illégale du "Dracula" de Bram Stoker. En effet, ne bénéficiant pas des droits d'auteurs, Murnau changea les noms des personnages, dont celui du vampire, et fit de "Nosferatu" un personnage emblématique du cinéma expressionniste allemand. En 1979, Werner Herzog décide de mener un double projet : réaliser un remake du "Nosferatu" de 1922... tout en ré-incorporant les noms officiels, y compris celui de Dracula. On s'intéresse donc à Jonathan Harker, notaire allemand, qui se rend en Transyvlanie pour vendre un château au mystérieux et sinistre comte. Les amateurs d'horreur sanglante et de vampires à foison seront sans doute surpris par le parti pris de Werner Herzog, qui réalise ici un film très posé et lent. Une bonne moitié est ainsi consacré au voyage de Jonathan Harker et à sa rencontre avec Dracula. Traité ni comme un mythe de l'ombre, ni comme une figure romantique, Dracula/Nosferatu est ici dépeint comme une créature solitaire, souffrant de son isolement et de sa condition, qui l'empêche notamment d'aimer. L'interprétation de l'halluciné Klaus Kinski convient très bien à ce vampire cruel et hagard, aussi pathétique que dangereux. Visuellement, l'ensemble rend fréquemment hommage au classique de 1922. Le maquillage de Nosferatu est similaire, l'intrigue presque la même (mise à part quelques surprises amusantes), et plusieurs plans ont été refait presque à l'identique, avec cette fameuse vision "de profil" des scènes. On note aussi le jeu et le maquillage volontairement outrancier d'Isabelle Adjani, faisant écho au cinéma muet. Mais Herzog apporte surtout sa propre personnalité, avec des jeux de couleurs et d'éclairages pertinents et même superbes par moment, qui parviennent à mélanger l'esprit du cinéma expressionniste allemande avec la technique et la couleur des 70's. Sans compter de jolis décors, et une BO lancinante qui complète cette ambiance lente et pesante. Ce "Nosferatu" mouture 1979 est donc un remake pertinent et intéressant du film de 1922.
Rares sont les remakes qui surpassent leur prédécesseur. Bien qu'il paraissait évident avec la venue du son et de la couleur de reprendre le chef d'oeuvre de Murnau, Herzog n'y apporte pas grand chose de plus si ce n'est les excellentes compositions de ses acteurs. Ca vaut quand même le coup de voir Klaus Kinski en Dracula...
Une splendide relecture du mythe de Nosferatu, qui ne se cache d'ailleurs même plus quant à ses origines, puisqu'on l'appelle directement Comte Dracula. Les acteurs sont phénoménaux (Klaus Kinsky a une présence sans pareil, et est vraiment effrayant dans certaines de ses apparitions), les décors magnifiques, et la musique recrée une atmosphère hypnotique digne d'Aguirre. Un remake dramatique qui ne place pas du tout les mêmes enjeux, faisant de Nosfératu un être maudit, brisé, qui ne parvient à vivre son histoire d'amour, et qui répend peste et désolation autour de lui. Tant de majesté, tant d'allure, tant de talent, c'est rare.
Un remake du grand film de Murnau. La photographie et la réalisation sont superbes, Klaus Kinsky y montre une fois de plus son génie. Reste que malgré la couleur, un travail soigné sur le Story-Board et la prise de vue, le film ne possède pas la magie et l'inventivité de son illustre prédécesseur.
C'était une gageure que de refaire le chef-d'oeuvre de Murnau. Werner Herzog a réussi en parti son pari car il a su conserver un peu de l'atmosphère expressionniste de l'oeuvre original tout en le modernisant avec intelligence.
Après Friedrich Wilhelm Murnau en 1922, Werner Herzog se réapproprie le mythe de Dracula, à partir du bouquin de Bram Stocker. Il parvient surtout à restituer l'histoire de façon simple, limpide: Jonathan Harker quitte son épouse à Wismar, pour partir dans les Carpates afin de négocier la vente d'une maison avec le Comte Dracula. Sur la route, on prévient le voyageur qu'un sort funeste l'attend; mais celui-ci s'obstine, et continue sa route malgré tout, à cheval, et même à pied. Le Comte Dracula se rendra ensuite, caché dans un cercueil parce qu'il ne peut, en tant que vampire, supporter la lumière du jour, à Wismar, ville natale de Jonathan Harker, pour y semer la peste et y rencontrer la femme de Harker, dont la blancheur de nacre et le cou l'ont séduit sur un portrait... Voilà ce qu'on peut apprécier chez Herzog sur ce travail d'adaptation littéraire et de réactualisation d'un mythe: il ne se perd pas dans les méandres d'un récit trop chargé, va dans la simplicité ("J'ai des histoires à raconter et du spectacle", confie-t-il ainsi dans une interview des Cahiers du Cinéma), tout en respectant les points majeurs de l'intrigue, et allant à l'essentiel.
En bien des points, le réalisateur d'Aguirre reste fidèle au Dracula dans la tradition instaurée par Bram Stocker, puis perpétuée par Friedrich Wilhelm Murnau. Cependant, il opte pour un parti-pris et apporte tout de même quelque chose de nouveau: insistant moins sur le potentiel horrifique du personnage du Comte que sur sa solitude - et pour cause il vit reclus dans son château des Carpates, paraît en singulier manque d'affection physique: en témoigne la position dans laquelle il se trouve à sa mort - celle d'un embryon... Bien qu'on ne le voit que 17 minutes sur 147, Klaus Kinski impose une impressionnante présence. La force inimaginable de sa présence est d'autant plus forte qu'il se contente d'être là, fixant Harker de son grand regard brun sans ciller un seul instant, articulant son texte comme une longue mélopée douloureuse, campant le personnage de Nosferatu sans jamais cabotiner un seul instant, incroyable gageure qui mérite, pour le coup, d'être citée... Il suffit de voir son regard lorsque Harker se coupe le doigt avec un coupeau de pain, à table ("-Die Dienerschaft steht ihnen augenblicklich nicht zur Verfügung; gestatten, dass ich selbst für ihre Bequemlichkeit sorge..."). A cette incroyable performance s'ajoute une maestria visuelle et sonore qui fait revivre dignement le mythe de Dracula. Plusieurs plans, proches de tableaux de Füssli ou de Kaspar David Friedrich, exercent ainsi une imparable fascination: celui qui voit Lucy Harker, sublime Isabelle Adjani, hululer dans la nuit, blanche comme un linceul; ou les séquences qui voient Jonathan Harker alias Bruno Ganz chevaucher dans les Carpates... A la beauté sans époque des images s'allie l'impact que peut avoir un morceau de Wagner ou de Charles Gounod lorsqu'il est bien mis en valeur...
Hommage ou remake, nul ne sait, peut-être les deux. Werner Herzog est fidèle à lui-même, avec ses codes, son univers très étrange, et absolument aucune concession stylistique. Réflexion sur le mal, mal personnifié par un vampire mélancolique. Kinski est excellent, il campe un être en bout de course, fatigué, usé par l’immortalité, pétri de doutes, comme quoi porter le mal c’est un lourd fardeau. Il a des sursauts d’orgueil, mais on sent qu’il n’en a pas pour longtemps. On sent l’expressionnisme allemand, avec ce jeu d’ombres et de lumière, et la prédominance de l’ombre, c’est une vraie marque déposée. Une caméra impassible, comme dans une marche funèbre, elle suit. Une musique aussi étrange et lugubre que le reste, sûrement en accords mineurs déprimés. Adjani extrêmement sobre, et d’une beauté sépulcrale, pâle comme un mort, son jeu théâtral, l’ambiance .lugubre. Adeptes de l’hémoglobine dégoulinante, et des courses poursuites pleine de fun, passez vite votre chemin, ce film est lent et non-démonstratif, Il nous montre comment le mal est épidémique, non épidermique, en nous pas tout autour de nous, et pourquoi les sacrifices ne servent à rien du tout. Pessimiste ? Un peu, mais il garde tout le temps sa dimension de fiction, et de conte pour adultes avertis. A regarder la nuit de la Toussaint pour un effet maximum, si possible à côté d’un cimetière toutes portes grandes ouvertes.
Ce film, est à mon avis le chef-d'oeuvre du genre. Aussi, personnellement, j'aime bien mieux ce film que le Nosferatu de F.W. Murnau. Le Nosferatu de Herzog est une histoire touchante, possédant une ambiance à la fois de conte et de film d'épouvante, un mélange de clair-obscur incomparable, des dialogues fantastiques, des prises de vue à couper le souffle, etc. Sans doute, le plus grand film de vampire de tous les temps. Rien de moins!
Avec ce remake du film de Murnau, Werner Herzog signe un film pictural imparfait, à l'ambiance glaçante et intrigante mais qui manque cruellement d'intensité.
Werner Herzog s’attaque à un monument du cinéma en revisitant le chef-d’œuvre muet de F.W. Murnau. Réalisé en 1978, "Nosferatu Fantôme de la nuit" est trop baroque et semble s’égarer dans sa propre esthétique. Klaus Kinski, en Nosferatu, livre une performance fascinante mais étrangement distante, tandis qu’Isabelle Adjani peine à donner corps à un rôle souvent réduit à l’ornementation. Herzog échoue à insuffler une âme à son remake terriblement froid.