L'Homme qui tua Don Quichotte
Note moyenne
3,2
1204 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

162 critiques spectateurs

5
17 critiques
4
51 critiques
3
41 critiques
2
29 critiques
1
15 critiques
0
9 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
chas
chas

38 abonnés 180 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 juin 2018
Le montypythonesque réalisateur a enfin abouti dans son projet de cervantesque film : raconter 400 ans après l’apparition du « chevalier à la triste figure », la lutte de l’idéal et du réel à la sortie des temps médiévaux, alors que nous entrons dans un âge bien moyen.
L’imagination permet toutes les folies, avec film dans le film, comme il y eut livre dans le livre.
Les avis critiques étaient très partagés mais plutôt que de rejeter ou de louer cette œuvre dans son entier, mes sentiments se sont distribués avec leurs contradictions tout au long des 132 minutes, retrouvant un humour perdu de vue depuis un moment, malgré quelques séquences poussives.
Les moulins aux ailes abîmées persistent sur un autre versant occupé désormais par les éoliennes.
Les images baroques de l’auteur de Brazil sont toujours là avec ses digressions fantaisistes, ses trucages bricolés, bien que quelques baisses de régime surprennent.
Comme une part de l’histoire du cinéma est révisée entre productions maladroites et ridicules de la jeunesse jusqu’à la désinvolture et au cynisme présent, on ne sait si c’est du lard ou du cinéma.
On ne peut reprocher à l’un des maîtres de la comédie de faire naître de la tristesse parce que
les rires paraissent vraiment indécents au moment où les autodafés prennent des allures de feux d’artifices. Les rêveurs se sont-ils endormis ?
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 septembre 2025
Concrétisant enfin son projet maudit, le réalisateur Terry Gilliam signe une œuvre étrange, boursouflée et très inégale entre réalité et récit fantasmé, le tout parcouru de saillis d’humour. Trainant parfois en longueur, le long-métrage bien qu’inconsistant sur la durée et d’une structure narrative foireuse demeure malgré tout amusant et distrayant.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 novembre 2018
« L’homme qui tua Don Quichotte » est un projet maudit qui voit enfin le jour. Terry Gilliam a l’idée d’adapter le roman de Cervantes en 1990. Mais adapter une telle figure au cinéma semblait trop difficile. Il eu alors l’idée de placer le personnage de Don Quichotte dans un contexte actuel. C’est ainsi qu’arrivera le personnage de Toby Grosini. C’est en 1999 que le réalisateur parvient à rassembler les soixante millions de dollars nécessaires pour entreprendre le tournage. Malheureusement, le comédien principal Jean Rochefort est perturbé par une infection de la prostate qui l’empêche de monter à cheval. Le projet tombe à l’eau. En 2008, Gilliam se relance dans l’écriture du script, mais ne parvient plus à rassembler les fonds, pourtant réduits à vingt millions de dollar. En 2011 le projet traine encore à cause des producteurs indécis et du casting sans cesse changeant. En 2014, les fonds tardent à venir et John Hurt, alors préposé au rôle de Don Quichotte, est diagnostiqué d’un cancer du pancréas. En 2016, Terry Gilliam et son producteur Paulo Branco annoncent enfin un tournage pour l’année suivante. Mais leur relation s’envenime vite. Branco semble vouloir imposer toutes ses volontés sur la création de l’œuvre. Il décide alors d’annuler le film à condition que Gilliam accepte de lui donner les pleins pouvoirs du film. En 2017, le tournage va enfin avoir lieu grâce aux coproducteurs devenus producteurs principaux et Jonathan Pryce et Adam Driver au casting. Ne citons pas non plus les tempêtes qui ont détruit le matériel ou les accidents de tournage qui insistent vraiment sur l’aspect maudit du film. Mais ce n’est pas terminé, alors que le Festival de Cannes annoncent la projection du film en clôture de son 71ème édition, le producteur Paulo Branco revient à la charge avec un procès pour en interdire la projection. Gilliam fera dans les mêmes temps un micro AVC. Trop de stress ? Mais le film et son créateur seront bien sur la Croisette le 19 mai 2018. « L’homme qui tua Don Quichotte » est alors une œuvre unique complètement burlesque et cynique portée par un duo remarquable. Terry Gilliam impose un univers décalé très loin de ce à quoi nous nous attendions. Les personnages secondaires sont par contre, trop caricaturaux et certaines répliques frôlent l’outrance des Monty Python, on ne se demande pas pourquoi… « L’homme qui tua Don Quichotte » n’est pas un chef d’œuvre, mais le voir quand on connait son histoire est un grand moment.
D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
romano31

321 abonnés 1 543 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 juin 2018
Cela fait plus de 25 ans que Terry Gilliam essaye de monter son film sur Don Quichotte. Et après des années d'attentes et moultes rebondissements (dont certains ne sont pas encore terminés...), le voici enfin sur nos écrans. Et le résultat est très bon. L'Homme qui tua Don Quichotte est un pur Gilliam, loufoque à souhait. Les personnages sont super attachants, l'histoire ultra prenante et les décors et costumes sont juste magnifiques. Le film a un rythme agréable, enchaîne les scènes avec une grande fluidité et nous livre de savoureux dialogues entre Jonathan Pryce et Adam Driver. L'attente fut longue mais cela valait le coup, L'Homme qui tua Don Quichotte est un excellent divertissement où imaginaire et réel ne font qu'un.
Hubert Guillaud
Hubert Guillaud

137 abonnés 126 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 23 décembre 2019
Les films de Gilliam partagent une trame commune saisis d'une douce folie, des Monthy Python à aujourd'hui. Cela ne leur assure pas une égale réussite. Ce Don Quichotte, si attendu, si reporté, se révèle plein d'allants et gorgé de déceptions. Un scénario absurde de farce et attrapes, entre panne sèche et hallucination, un Adam Driver omniprésent et inexistant... Un sentiment de désuet où rien n'arrive à faire sens.
Citrouilleman
Citrouilleman

88 abonnés 658 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 mai 2018
Un film assez inégal, délirant, déjanté et totalement surréaliste. Le film maudit de Terry Gilliam enfin à l'écran. Inclassable.
Kat's eyes
Kat's eyes

67 abonnés 543 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 mai 2024
S'il est assez louable pour Terry Gilliam d'avoir parodié son échec retentissant de l'adaptation de Don Quichotte, le résultat est sans doute aussi lamentable que l'original et ressemble à une thérapie potache. Ce qui est sûr c'est que Terry Gilliam a tué Don Quichotte. Peu probable qu'un autre réalisateur se risque un jour à adapter au cinéma le héros de Cervantès.
Le-Chat-Nonne
Le-Chat-Nonne

56 abonnés 178 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 décembre 2021
Un film qui a un peu de mal à démarrer et peu intéressant dans sa première partie. Assez bordélique dans son ensemble, le film se repose essentiellement sur son action, mais une nette amélioration apparaît dès la seconde partie tant au niveau de l'histoire que de la réalisation. Ce n'est pas un film exceptionnel et la seule chose qui séduit réellement est le jeu d'acteur d'Adam Driver. Un bon divertissement assez oubliable.
Rainfall_Shadow
Rainfall_Shadow

47 abonnés 393 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 mai 2018
on aimera ou on détestera mais c'est sans conteste le propre des grands films de sortie du consensus gnan-gnan pour donner le meilleur d'eux-memes ... la seconde partie du film donné le tournis tant la magie du cinéma prend le dessus pour verser dans la folie...
Shiwamada
Shiwamada

46 abonnés 559 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 février 2020
Dès l'introduction, le message est clair : après 25 ans de péripéties (un projet avorté, un mockumentaire retraçant les déboires du tournage, un projet relancé avant de devoir changer de personnage principal), Gilliam a enfin réussi à réaliser ce film. Et l'attente en valait la peine. Si le duo Depp-Paradis n'est plus, tout comme les regrettés Jean Rochefort et John Hurt, Jonathan Pryce est un interprète idéal. Accompagné du très bon duo Driver-Ribeiro, Gilliam nous raconte sa version de "Don Quixote de la Mancha", que Cervantès n'aurait sûrement pas reniée. On est donc introduits à Terry - pardons, Toby - qui a réalisé une version amateur de Don Quichotte des années auparavant et galère à réaliser une nouvelle version avec un budget plus important. Flirtant en permanence avec la ligne du fantastique, pour jouer avec les délires de Don Quichotte et de celui qu'il pense être Sancho Panza, Gilliam nous offre une version moderne et en même temps tellement réussie d'un chef d'oeuvre qui semblait inadaptable sur le papier. Lui seul pouvait nous livrer un tel film et être obsédé au point de ne pas renoncer même quand tous les événements s'acharnaient contre lui.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 1 juin 2018
De manière logique, "L'homme qui tua Don Quichotte", arlésienne cinématographique de plus de vingt ans enfin mis en boîte et diffusée sur nos écrans, est marquée par ses années de galère qui ne sont plus à présenter. Refonte totale du scénario et changement de casting sont au rendez-vous d'un film profondément marqué par son auteur, Terry Gilliam. Car il est difficile, à la fois de ne pas voir un peu du cinéaste dans ses personnages principaux mais aussi un peu de son oeuvre dans les thématiques abordées.
Pourtant, dès les premières minutes, difficile de reconnaître la patte du metteur en scène de "Brazil". Les séquences sont filmées de manière assez classiques et l'histoire reste très terre à terre. Et puis, les angles de caméra changent, les idées visuelles surgissent au détour de détails du quotidien et l'irréel se dilue dans le rationnel sans que nous puissions réellement comprendre ce qui est vrai de ce qui ne l'est pas. C'est sans doute là, à la fois la meilleure idée du film mais aussi la plus mauvaise.
Ce côté immersif qui nous plonge dans la folie du personnage principal rend un hommage intéressant à l'oeuvre originale et perturbe nos repères, un des propres de l'art visuel. Mais à force de les perturber et aussi à cause d'une longueur assez conséquente, le film s'essouffle dangereusement dans des scènes chaotiques où le scénario ne sait plus s'il doit s'intéresser à la progression de son cinéaste sur le chemin de la rédemption ou s'il doit aller plus profond dans le délire psychotique de Don Quichotte. Les deux personnages principaux ne cessent de se voler la vedette et on finit par ne plus s'intéresser qu'à l'une ou l'autre intrigue sans réellement éprouver d'empathie pour l'ensemble.
Mais la dernière demi-heure vient rehausser le niveau. Dans un tourbillon d'opulence graphique, Gilliam livre une charge sévère contre un monde du cinéma qui écrase et modifie à sa guise les désirs créatifs de ses poulains. Reflet de ce que le cinéaste a pu vivre dans son chemin de croix qui a enfin accouché de ce film, cette partie du film est assez touchante en ce sens qu'elle réunit enfin ces deux destins radicalement opposés dans un final certes un peu abrupt mais où le créateur ne fait plus qu'un avec sa créature, où le cinéaste fusionne avec son oeuvre.
Un film important donc, dans la carrière de Gilliam, par ses thématiques fortes mais aussi à cause de son passif. Mais à trop vouloir en faire, le film perd parfois son public dans des niveaux de lecture trop nombreux.
Le cinéphile

791 abonnés 2 796 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 février 2019
Évidemment on regarde ce film avec un œil indulgent, plein de nostalgie et de regrets de ne pas avoir vu la véritable version. Car ce Don Quichotte n’est pas parfait, et aurait gagné à être raccourci. Pour autant on souligne la persévérance de Gilliam qui 25 ans après parvient enfin à réaliser son rêve. En plus il s’agit d’un long métrage intelligent, presque méta sur la condition d’Hollywood mais aussi de son propre réalisateur.

https://www.facebook.com/la7emecritique/
Shephard69

405 abonnés 2 259 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 février 2019
Enfin ! Fruit d'une arlésienne qui fuyait Terry Gilliam depuis plus de vingt ans au point d'en devenir une affaire personnelle ponctuée de nombreux revers, le long-métrage tant attendu du réalisateur anglais nous est offert, somptueux et visuellement très riche. Comme à l'accoutumée avec l'ancien membre de la troupe des Monty Python, un savoir-faire indéniable pour brouiller la réalité et fantasmagorie, entre monde contemporain et récit chevaleresque, le tout dans des décors et des costumes grandioses. De solides prestations de Jonathan Pryce et Adam Driver, une mise en scène folle, complexe mais un rythme relativement irrégulier alternant des moments trépidants à des passages plus lents. Une oeuvre difficile à aborder, profonde mais forcément un peu décevante.
Jmartine
Jmartine

202 abonnés 744 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 mai 2018
Le Don Quichotte de Cervantès reste l’histoire de chimères le plus célèbre de la littérature mondiale. L’adaptation que voulait en faire Terry Gilliam fut une bataille de vingt ans… Au début des années 2000, lorsque commence le tournage, Jean Rochefort qui avait été choisi pour jouer le rôle-titre, a dû abandonner à cause d'une double hernie discale. Le deuxième jour de tournage, une inondation a non seulement détruit le matériel mais a également changé les décors de couleur. De plus, l'endroit que Gilliam avait choisi pour y poser ses caméras au nord de Madrid était en plein couloir aérien… Une fois cette première tentative avortée, Terry Gilliam ne s'est pas découragé et s’est acharné à remettre son film sur le métier…jusqu’au procès avec son producteur, tout juste tranché pour lui permettre de présenter son film à Cannes…. Que le film ait coûté cher, on n’en sera pas surpris, tant les décors sont somptueux…ne cherchez pas le scénario…il est abracadabrant…comme dans le roman, le film s’ouvre par la charge d’un cavalier à la triste figure sur un moulin et l’aile le soulève…le jeune réalisateur survolté le laisse en plan, quitte le tournage, enfourche une moto et fonce revoir ce village où il a tourné en œuvre de fin d’études, une première adaptation de Don Quichotte, avec le vieux cordonnier du village…lequel se prend toujours pour le chevalier à la triste figure….et l’aventure repart pour un livre d’images toutes aussi flamboyantes les unes que les autres, jusqu’à cette fête très fellinienne dans le superbe couvent portugais de Tomar…A en donner le tournis …avec comme point de repère, ce moulin sur sa colline auquel on revient toujours… et pour donner chair à ces délires, le réalisateur a pu compter sur le formidable duo d’un Sancho Panza d’outre atlantique, un Adam Driver, moderne, arrogant, séduisant et vulnérable, et un Don Quichotte très britannique, le truculent Jonathan Pryce, qui donne à son personnage tout l’excès théâtral souhaité…L’Homme qui tua Don Quichotte, malgré sa longueur sans doute excessive, se révèle un film touchant, généreux, fougueux qui questionne sur les rêves et l’obstination de chacun à les réaliser….Terry Gillian aura fini par accomplir le sien et c’est tant mieux pour le spectateur…
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 juin 2018
Je ne m’étendrai pas sur la genèse de « L’Homme qui tua Don Quichotte ». Pour cela, je vous enjoins à vous référer à l’excellent documentaire « Lost in La Mancha », qui narre les déboires invraisemblables que Terry Gilliam a subi en tentant de réaliser ce film, déboires tellement « bigger than life » que le présent long métrage a failli ne pas voir le jour à de nombreuses reprises, et qu’il vient de sortir sur grand écran 20 ans après le début de sa production.

20 ans à lutter à contre courant, 20 ans de malchance, toutes ces années et toutes ces péripéties font que le résultat n’est pas tout à fait à la hauteur de l’attente des spectateurs, elle aussi démesurée. Et pour cause, si ce film démontre une fois de plus combien l’inventivité de Gilliam est foisonnante, combien son style est particulier et combien il a de talent, je ne peux qu’être relativement déçu à l’idée que l’ex-Monty Python n’est pas passé loin du chef-d’œuvre.

Les acteurs, comme souvent chez Gilliam, sont excellents, Jonathan Pryce et Adam Driver en tête. On regrette l’absence de Jean Rochefort (paix à son âme) et de Johnny Depp, moins celle de Vanessa Paradis, mais le duo d’acteurs principaux finalement à l’affiche a suffisamment de métier et de talent pour (quasiment) les faire oublier.

Les décors et les costumes sont eux aussi dignes de la réputation de Gilliam, réalisateur que l’on peut qualifier sans trop se tromper de baroque, génial caricaturiste à l’image d’un Fellini. Les passages dans le château de l’oligarque sont par exemple somptueux et surprenants, hélas tout le film n’est pas aussi digne d’intérêt visuellement, même si Gilliam se coule dans les codes de la peinture espagnole façon Goya. En effet, ce film semble réalisé par un Espagnol, tant l’imagerie à l’œuvre parvient à incarner l’âme espagnole, noire, rude et torturée, même si quelques clichés ne nous sont pas épargnés. Les pérégrinations de notre Don Quichotte et de son Sancho Panza d’écuyer sont convaincantes : on se croirait plongé dans le roman de Cervantes, même si je ne l’ai pas lu. Disons qu’au moins, Gilliam réussi à donner vie et corps au mythe tel qu’on peut se le représenter.

Maintenant, « L’Homme qui tua Don Quichotte » n’est pas exempt de défauts. Le premier et le plus dommageable est la maladresse de son rythme. Si la première partie du film est réussie et savoureuse, notamment en prenant le temps de dépeindre le quotidien d’un tournage de film centré sur la figure d’un réalisateur désinvolte et imbu de lui-même (Adam Driver), le long métrage vire rapidement au grand n’importe quoi, et n’en finit plus de finir, au gré de scènes qui s’enchaînent pour semble-t-il conclure l’intrigue… et finalement la relancer. Il en résulte une impression de fatigue : on se demande où Gilliam veut en venir alors qu’il semble tourner en rond et ne pas savoir quoi faire des enjeux qu’il a fait naître.

Deuxième défaut de taille : le scénario terriblement confus et à moitié raté tant « L’Homme qui tua Don Quichotte » ressemble à un soufflé qui gagne en envergure avant de se dégonfler progressivement, devenant une espèce de coquille vide purement visuelle. C’est la marque de certains autres films de Gilliam, mais là ça devient particulièrement prégnant : une fois passée la satire du monde cinématographique et de ses bassesses, et une fois entamée la fable sur la folie un peu trop appuyée à mon goût, il ne reste plus grand chose à se mettre sous la dent, et les personnages finissent d’ailleurs par enchaîner les incohérences. D’autant que Gilliam se fait lourd quand il cherche à nous perdre avec les tribulations de ses personnages. Passer des gitans aux terroristes islamistes puis aux réfugiés en quelques minutes, ça reste un peu sur l’estomac tant le cinéaste fait preuve de balourdise, même si mettre ces sujets sur la table ne manque pas d’intérêt ni de courage. Dommage qu’ils soient complètement survolés et qu’on peine à comprendre pourquoi ils surgissent tout à coup dans l’intrigue.

Enfin, la réalisation et certains choix esthétiques m’ont déconcerté, à savoir ce goût pour le sordide, qui là aussi fait partie du style si particulier de Gilliam, mais qui prend trop de place et finit par écœurer (ceci explique sans doute cela). Ce défaut est lié à la thématique de la folie longuement abordée dans ce film, sous un angle qui n’est ni humaniste ni poétique, mais plutôt tragique et douloureux. Le Don Quichotte du film passe clairement pour un fou à lier, et ne fait pas franchement sourire, même si certains passages sont très drôles. Le jusqu’au-boutisme des personnages de Gilliam fait un peu froid dans le dos, et met quelque peu mal à l’aise. Preuve sans doute de l’efficacité du film, mais également de son ton assez monolithique, sorte de sombre bad trip de 2 heures parcouru de quelques rares éclairs de lumière.

« L’Homme qui tua Don Quichotte » est donc un film assez éprouvant, parfois appréciable, mais pas aussi pertinent ni généreux que je l’aurais souhaité. Il ne s’agit pas non plus d’un plantage, plutôt d’un entre-deux, un long métrage moyen qui n’est que l’ombre de ce qu’il aurait pu être. Mais au vu de ses terribles conditions de réalisation, on ne peut que s’estimer heureux qu’il ait pu être achevé et apprécier un film tout à fait honorable, réalisé par un réalisateur talentueux, qui a encore des choses à dire.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse