L'Homme qui tua Don Quichotte
Note moyenne
3,2
1204 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

162 critiques spectateurs

5
17 critiques
4
51 critiques
3
41 critiques
2
29 critiques
1
15 critiques
0
9 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Gustave Aurèle
Gustave Aurèle

184 abonnés 2 626 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 mars 2019
Un film qui restitue bien les aventures de Don Quichotte et érige la folie douce comme art de vivre.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 novembre 2020
Gilliam n'a pas eu besoin, pour une fois, de mettre en scène ses démons ou ceux du spectateur dans un film : L'homme qui tua Don Quichotte contenait les siens propres. Ébauché dès 1989 et après 17 ans de production, c'est une œuvre maudite qui a fini par voir le jour.

Difficile dès lors de distinguer ce qui est gilliamesque de ce qui est cicatrice, autrement dit ce qui est maquillage de ce qui est blessure. Le film élude l'objectivité par son background incommensurable, laissant penaud au visionnage et hagard lorsqu'on se documente à son sujet. D'ordinaire, je m'accorde l'élégance facile de dire que ce genre de contexte inexorcisable fait le succès d'un film, toutefois celui-ci revêt une forme extraordinaire donnant sa continuité au sentiment que chaque opus de Gilliam se doit d'être un accomplissement personnel, un fait d'armes.

En effet, le réalisateur pourrait avoir transformé la malédiction liée à son film en un de ses personnages invisibles. Tout ce qu'on en voit est à l'écran, mais on a des indices presque surnaturels de ce qu'il est d'autre.

Le scénario à moitié onirique est plus ou moins kafkaïen comme à l'habitude de Gilliam, mais sa frénésie n'est plus une obscurantiste prison pour l'esprit. À la place, c'est une imprévisibilité formidablement énergique qui dope sa progression, comme si un démon avait pris les manettes de la non-linéarité ; sauf si c'est tout ce que Gilliam veut bien nous laisser voir. En effet, frustré de ne pas pouvoir mettre en avant la victoire qu'il remportait sur le démon en finissant ce tournage, Gilliam en dissimule sa fierté dans les replis de l'histoire.

C'est pour cela que la dispersion dont fait preuve le film, au point d'en devenir distrait, voire aussi sénile que Don Quichotte, doit, comme beaucoup d'autres choses quand on juge cette œuvre, rentrer dans la case du subjectif.

Il faut admettre que le film est trop incontrôlable pour avoir été contrôlé le moins du monde : c'est une bête sauvage qu'il a fallu dompter pour l'amener sur l'écran, et Gilliam a su le faire. Il s'y est blessé, et son Don Quichotte ressemble un peu tristement à l'hybride entre Les Aventures du Baron Münchhausen et Le Cabinet du Docteur Parnassus, un autre de ses films maudits. Mais il l'a fait. Si la forme mérite qu'on dise "hélas", le courage de son auteur se passe au moins de pitié.

→ https://septiemeartetdemi.com/
blacktide
blacktide

79 abonnés 795 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 juin 2018
Saint (d’)esprit

Peut-être que les mythes ne devraient jamais devenir réalité ? Peut-être que la légende n’aurait jamais dû se métamorphoser ? Et pourtant, elle est là. Ses corones sur la table, et un couteau planté au milieu. Gilliam a persévéré, a vidé ses baloches pour en faire de la péloche. Un trompe-la-mort, exhumant son œuvre du caveau. Cette quête de Dulcinée « pour tenter de couper court/ à l'avance du temps qui court ». Cet enfant un peu tardif, gardé depuis trop longtemps, dans le placard des rêves traqués. La douleur s’est faite visible, à chaque recoin de la pellicule. Comme si la souffrance de ces années perdues, de ces actes manqués, et de ces fantasmes coupés, était elle-même devenue un récit en fusion avec ce chevalier à la triste figure.

Edouard Baer en avait merveilleusement capté cette essence dans ses envolées d’ouverture : cette violence dans la création, et ces rêves percutant la réalité. A bat la raison quand la passion domine. Oui, L’homme qui tua Don Quichotte est une œuvre contre les gens raisonnables. Peut-être fallait-il aussi un peu de folie pour se lancer dans un tel projet ? La folie qu’impose la poursuite de ses rêves. Ceux d’un homme perdu dans la Mancha, littéralement, dans la tâche. Une tâche impossible à enlever, même au bout de plusieurs lavages. Une tâche qui n’en est pas une. Elle est là pour ne pas oublier, elle est ce souvenir d’un impossible rêve.

Des fantasmes sous mescaline, contrebalancées par une démence presque enfantine. Sans doute avait-il retenu les formules magiques de son mentor Cervantès : oui, « Garde toujours dans ta main, la main de l'enfant que tu as été ». Car un homme qui rêve gagne toujours. Quitte à foncer dans des géants pour ne se prendre que des (moulins à) vents : ceux d’un tournage cahoteux, si ce n’est infernal. Inutile d’en rappeler les déboires, d’autres en ont déjà merveilleusement immortalisé les instants. Ce chemin de croix, ponctué de résurrections. « Amour, quand je pense au mal terrible que tu me fais souffrir, je vais en courant à la mort, pensant terminer ainsi mon mal immense. […] Ainsi, vivre, me tue, et mourir me rend la vie. »

Jacques Brel nous l’avait dit : tout le monde est Don Quichotte. Et Terry Gilliam le premier. L’artiste. Brûlant d’une possible fièvre, et se damnant pour l’amour de son art. Telle est sa quête. Peu importe le temps ou sa désespérance, il lutta toujours, sans questions ni repos. Pour témoigner, ou tout simplement (se) raconter. Vouloir être soi dans un système d’impersonnel. Et de cette machine enrayée, Gilliam en a retiré quelque chose qui ne ressemble plus tout à fait à un film. Une œuvre hybride. Un vivarium d’obsessions où se dérèglent les lettres de la réalité, en consonnes devenues voyelles. Comme si les mots de l’œuvre originale s’étaient empêtrés dans un carambolage d’idées et de regards intérieurs.

Les adversités sont devenues une sorte de fiction, un réel faisant corps avec son fantasme, son illusion. Le présent se mêle alors au passé, le scénario devient celui d’un réel romancé, et les rôles se substituent aux personnalités. De cadres en cadres, dans le cinéma de l’(ir)réel, les temporalités se mélangent, au rythme des anachronismes, comme autant d’(im)possibles vérités. Puisqu’imaginer, c’est avant tout s’abstraire de la cohérence, balayer les sous titres, et accepter le bordélique. Fuir vers l’imaginaire, vers ce Tideland, ce pays sans merveilles (ou presque), si ce n’est celui de la folie épanouie. Chez Gilliam, la folie n’a rien d’anormale : elle est à la fois ce refuge à la réalité et cette prise de conscience nécessaire. Accepter la folie, c’est s’accepter soi, c’est briser les apparences et enfiler l’armure de son choix.

Et dans ce cirque de barges, Gilliam dépasse la notion même de mise en abyme, tant il épuise jusqu’à la déviance, son delirium de grandeur manifeste. A la démesure des comportements, et l’absurde des situations, Gilliam exorcise les psychoses populaires : L'Homme qui tua Don Quichotte est une œuvre sur cette société malade (pour ne pas dire folle), une bouffonnerie usant de sa lourdeur pour faire jaillir une forme de vérité. Un cri de rage contre ces Trump et Poutine, contre ces clichés élevés au rang de norme (barbus islamistes, etc.), et contre ce monde sans ambition ni aspirations. Contre cette industrie d’onirisme fictionnel, ou plutôt contre ces financiers qui ne font que produire des cauchemars, des rêves absorbés dans une insipide et impitoyable réalité. Cette même réalité où les rêveurs sont moqués, et les salauds sanctifiés.

L’excès devient la normalité, et le foisonnement une évidence. Adam Driver et Jonathan Price, tout en zèle, y symbolisent ainsi ce refus du conformisme, et cette hystérie dans la création. Des personnages doubles dans la mesure où Gilliam s’interroge sur son parcours, celui de tout cinéaste, de rêves de jeunesse en idéalisme meurtri. L'Homme qui tua Don Quichotte parle d’un retour aux sources, d’une imagination à réinventer pour renverser le règne du chaos. Tout cela pour aboutir à cette affirmation presque universelle : vas au bout de tes rêves et fais en sortir ce que tu penses être un film.

Cathartique, L'Homme qui tua Don Quichotte l’est sans aucun doute. Dévoré jusqu'à l'os, des délires pleins les yeux, Gilliam témoigne de cette difficulté de faire un film, et plus encore de sa nécessité. Car le cinéma n’est pas quelque chose que l’on peut abandonner. Il est à poursuivre, à fantasmer, à réaliser. Il sème du rêve dans la tête des gens, et fait de l’impossible une étoile à portée de main. Cœur tranquille, au détour de moulins à vent, voir la vie telle qu’elle est et non comme elle devrait être. Ou bien est-ce l’inverse ? Qu’importe. Qu’il s’agisse d’une armée de douze singes, ou d’un trip acide sans contrôle, Gilliam sait que le cinéma, comme la drogue ou le souvenir, substitue à nos regards un monde qui s'accorde à nos désirs. « Baisers volés, rêves mouvants. Que reste-t-il de tout cela ? Dites-le-moi. Un petit village, un vieux clocher. Un paysage si bien caché. Et dans un nuage, le cher visage de mon passé. » Un film, une œuvre somme, un dernier chaos avant l'aube.

Insane Saint…
ZOC
ZOC

76 abonnés 372 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 septembre 2022
Don Quichotte n'a pas le scénario le plus abouti dans la filmographie du réalisateur de nombreux chefs d'oeuvre. Mais Maître Gilliam arrive toujours à nous emporter avec une mise en scène et une direction d'acteurs magistrales. Ne boudons donc pas notre plaisir.
Jean-Claude L
Jean-Claude L

52 abonnés 289 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 mai 2018
Un très grand film sur Don Quichotte fait après bien des aventures pour le réalisateur Terry Gilian et qui vous emporte dans une histoire jouée par des acteurs excellents et il faut bien suivre histoire du tournage à voir divertissant
nessim2010
nessim2010

37 abonnés 184 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 mai 2018
L’homme qui tua Don Quichotte est connu pour être un film maudis. Entre le décès des acteurs, les catastrophes naturelles qui empêchent le tournage, le procès pour la diffusion du film, le soucis à Cannes et dernièrement l’avc de Terry Gilliam, il a fallu 25 ans pour que ce film sorte. Et rien que pour cette raison, c’est un bon point.
Terry Gilliam s’est battu pour faire ce film et il n’a jamais abandonné le projet même si ça a du lui prendre 25 ans.

L’homme qui tua Don Quichotte est au premier regard assez original. L’idée de base est originale (un réalisateur cherche un homme pour jouer Don Quixote et trouve un homme qui se prend pour Don Quixote).

Puis au second regard, le film est drôle. Jonathan Pryce est très sympathique, et Adam Driver joue son rôle à fond est sera excellent tout au long du film (que ce soit en réalisateur maniaco-dépressif en passant par le blasé de tout, puis l’homme énervé et énervant, pour en gentilhomme pour finir en véritable dingue... il passe par tout les rôles et ne se plante jamais).

Puis, au troisième regard, le film est compliqué. On ne sais plus vraiment si on n’est dans la fiction ou la réalité. On ne sais pas si on est dans un rêve ou dans un souvenir. Avec un vrai Don Quixote qui vit de vrais aventures avec de vrais situations et un Toby qui veut réaliser son film. Dans une scène, On se croit vraiment dans une comédie, une trentaine de personnages joue un film et c’est précisé et pourtant il n’y a pas une caméra, on a vraiment l’impression que c’est réel.

Enfin, au quatrième regard, ce film est poétique. Je me suis rendu compte à la dernière partie (les dernières 45 minutes) que le film était beau. Que ce soit par rapport au décors (les décors sont vraiment magnifiques, un côté très moyen-âge mélangé a un peu de contemporain). Que ce soit par rapport aux acteurs. Jonathan Pryce est excellent pour un homme de son âge, je l’ai dit juste avant mais Adam Driver est très bon pour le rôle de Toby et de Sancho et Olga kurylenko se débrouille bien mais seulement vers la fin du film mais c’est aussi Joana Ribeiro (actrice encore inconnu mais plus pour longtemps) qui a du mal au début mais qui se débrouille de mieux en mieux tout au long du film. Ou que ce soit pour le mélange fiction-réalité et parfois les deux ensemble. Et la fin est tellement réussi, je ne vais pas aller dans les détails pour ne pas le gâcher aux autres mais c’est une très belle histoire.

Il y a encore certaines choses que je n’ai pas comprise et j’ai besoin de le revoir dans quelques mois pour avoir un meilleur avis mais aujourd’hui je peux dire que l’homme qui tua Don Quichotte est très bon et ces 25 ans de travail sont mérités. Bravo !
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 10 novembre 2018
Un film maudit pour pondre ceci, la mise en scène est médiocrement peu inspiré, aucun moment génial, une histoire lamentable au passage des couleurs désuètes. Le roman de Cervantes est tiré par les cheveux, ça se passait au temps de la renaissance espagnole parlant de satire sociale, puisse s’entrechoquer avec la modernité dans ce film dans le film, les cinéastes se filment pour bien comprendre que c’est une allégorie de la folie. Des histoires de monologues exaspérants et de pauvres fous pendant 2h12 de répétition, j’ai assisté à une affligeante séance ciné. La troupe de troubadours du moyen âge n’est pas mon genre d’humour, une reconquista victorieuse de l’histoire musulmane à la culture inculte, des blagues pourries, un bordel de scénario, les acteurs furent barbants,
Aaaarrrrrgh
Aaaarrrrrgh

27 abonnés 180 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 mai 2019
Après tant d'années, en conséquence d'un échec cuisant, Terry Gilliam est enfin parvenu à adapter Don Quichotte, bien à sa manière. Je ne comprends pas qu'on puisse autant critiquer négativement un film aussi beau et généreux... Les notes qu'il a reçu sont, je trouve, assez honteuses. Pourtant le casting est parfait: entre autre, Adam Driver est comme toujours excellent (il est en fait, le Terry Gilliam de l'histoire) et Johnatan Pryce, habitué du réalisateur, transcende l'œuvre par la douce folie de son personnage. Les personnages sont bien écrits et sont tantôt drôles, tantôt touchants. Le scénario n'est pas en reste, puisque s'il n'est pas bien conséquent, il est en revanche maîtrisé et offre de beaux instants de divaguations. Mais si le scénario est bien mis en valeur, c'est que la réalisation est seulement extraordinaire. C'est une orgie visuelle mêlant plans larges somptueux sur l'environnement, scènes boursouflées aux détails hallucinants, plans terriblement suggestifs (plan montrant l'éolienne surplombant le moulin), amour du bricolage, références innombrables au théâtre et scènes plus intimistes entre des personnages hauts en couleur. Le tout donne un spectacle grandiose, certes imparfait, notamment dans son rythme, mais aussi par certains tics de réalisations datés (donnant par ailleurs un vrai cachet au film), achevé par une conclusion magnifique.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 21 mai 2018
L’Homme Qui Tua Don Quichotte jongle entre rêves et réalité et nous offre un film envoûtant, drôle et parfois même touchant. Adam Driver fournit une prestation digne de son talent et T. Gilliam fait de cette œuvre une œuvre très personnelle, tant on le reconnaît à travers l’écriture des deux personnages principaux.
Maintenant le film est imparfait dans beaucoup trop de ses aspects, souffrant d’incohérences, de problèmes d’écritures et de scènes parfois très mal amenées. Trop de longueurs et trop de scènes brouillonnes gâchent le plaisir de découvrir l’histoire de ce film qui, malgré tout, tiendra en haleine son spectateur jusqu’à la dernière minute.
Vador Mir

304 abonnés 999 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 27 janvier 2019
Terry Gilliam a tué Don Quixote. Effectivement. Quelle déception ! Un film attendu, pourtant plein de promesses. c'est lourd et ennuyeux.
Don Quixote de la mancha aurait du rester à l'état de film culte n'ayant jamais été fait, comme le Dune de Jodorowsky ou le Napoléon de Kubrick. Au lieu de cela le charme est rompu et Gilliam nous livre son plus mauvais film.
Triste.
Kiwi98
Kiwi98

293 abonnés 238 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mai 2018
Outre son aspect fantasque et son allure de capharnaüm cinématographique, la filmographie de Terry Gilliam s’est toujours focalisée sur une thématique particulière, celle de la libération de l’homme par la voie de l’imaginaire. Créateur rocambolesque, l’ex-Monty Python n’a de cesse de filmer des personnages bousculant leurs esprits au-delà de leurs limites, disposant d’une certaine condescendance vis-à-vis de la folie. Et à ce titre, « L’Homme qui tua Don Quichotte » pouvait s’attendre comme son zénith, autant que la simple idée de le regarder nous procure une certaine peur. C’est un fait, on aurait adoré ici contempler l’œuvre ultime de Gilliam, tant l’histoire de ce film a fait de lui un véritable mythe de cinéma. Et cela pose une question : comment être à la hauteur de telles attentes ? Dans le cas de « L’Homme qui tua Don Quichotte », il est pratiquement impossible de regarder le film sereinement, tant il est hanté par vingt-cinq années de poisse et de méchef. Et c’est là que l’on pense au pire : le film peut être grandiose, comme il peut être médiocre, mais ça n’est qu’un film, qui quoi qu’il en soit ne peut égaler son propre mythe.

Et finalement, on ne peut s’empêcher de ressentir une légère frustration rien qu’en se retrouvant face à ces images matérialisant cet ovni de cinéma. Mais on ne peut également s’empêcher de penser que Gilliam s’en sort, in fine, avec superbe. L’humilité du bougre n’a d’égale que la portée de son délire, à la fois halluciné et hallucinant. Plus que jamais, il fait ce qu’il veut de son spectateur. Il le manipule, lui montrant des choses qu’il ne pensait pas voir, lui laissant ressentir tout l’amour qu’il porte à ce mirage de cinéma. Quelque part, nous aimons « L’Homme qui tua Don Quichotte » parce qu’il s’agit là d’un film réalisé avec un amour incontestable. D’ailleurs, Gilliam n’hésite pas à s’incarner à travers le personnage de Toby, joué par Adam Driver, un jeune réalisateur ayant laissé ses rêves derrière lui pour désormais s’y replonger. À juste titre, le long-métrage se montre passionnant en nous montrant quelques séquences d’une adaptation de « Don Quichotte », que le personnage de Toby a réalisé pour ses études. Et autant le dire d’emblée, ce film à l’air sublime. On aimerait en voir plus tant ces rush tiennent du génie. Cependant, il n’en sera rien, et c’est ainsi que Terry Gilliam se plait à nous frustrer davantage, en nous montrant un film dans le film, ne cessant jamais vraiment de filmer l’invisible en créant le non-film de son mythe.

Frénétique, « L’Homme qui tua Don Quichotte » est un film possédé par le désir du cinéma, traquant les rêves de son personnage principal, comme ceux de son réalisateur, laissant de coté la réalité. Forcément, Gilliam ne peut s’empêcher de flirter avec la caricature ainsi qu’à l’humour lourdaud et autres moments inégaux. Il met en scène un Don Quichotte immoral, et fait même de cette immoralité le principal propos de son film : la folie est le meilleur argument pour s’offrir la liberté d’importuner en toute impunité. Et c’est là que « L’Homme qui tua Don Quichotte » nous laisse savourer sa totale réussite. Le film n’est pas à la hauteur de son mythe. Il n’est pas benoitement grandiose, ni magistralement médiocre, mais simple, humble, et fidèle à l’esprit de son auteur. C’est un film sincère, laissant l’honneur couler dans ses veines, et la cruauté de sa réalité s’accrocher à ses rêves. Parce qu’aucun film n’égale un fantasme, « L’Homme qui tua Don Quichotte » n’est pas fait d’illusions, mais de chimères. Et d’idées aussi, beaucoup d’idées…
Anne M.
Anne M.

85 abonnés 658 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 mai 2018
De nos jours en Espagne, Toby participe à la réalisation de publicités, sous l’égide de son patron. Celui-ci, marié à une femme volage est sur le point de signer un gros contrat avec un russe fortuné.

Au milieu du tournage, Toby retrouve le village où dix ans auparavant il avait tourné un film de fin d’études avec des acteurs issus du cru « l’homme qui tua Don Quichotte ».

Il réalise que son intervention d’alors a perturbé de façon durable la vie de plusieurs habitants du village. L’acteur qui jouait Don Quichotte est persuadé d’être réellement le chevalier médiéval. Les circonstances entraînent Toby et « Don Quichotte » dans une cavale qui devient progressivement de plus en plus fantasque et proche du roman de Cervantès.

Terry Gilliam nous entraîne dans un véritable voyage cinématographique onirique, aux frontières du rêve et de ses mécanismes, dans des décors picaresques et baroques.

Je ne me suis pas ennuyée, mais laissée transportée dans les méandres de l’imagination du réalisateur, souvent cocasses, aussi tragiques. Sans portant comprendre les enjeux réels du film, hormis son grain de folie.

Mon blog : larroseurarrose.com
Padami N.
Padami N.

63 abonnés 514 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 juin 2018
un bon Terry Gilliam, surtout la seconde partie beaucoup 'd'autoderision au début et de la folie à la fin. inresumable....
Silence ça tourne
Silence ça tourne

27 abonnés 188 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 octobre 2018
On peut dire que ce film on l'attendait. On ne va pas revenir sur sa genèse complètement folle, mais L'homme qui tua Don Quichotte est un projet que Terry Gilliam a essayé de concrétiser depuis 25 ans. Est ce que sa en valu la peine? On peut dire que oui, mais si on est hermétique au style Terry Gilliam, ce film n'est sans doute pas à conseiller. C'est un peu son oeuvre testamentaire qui réunit un grand nombre de ses obsessions déjà vus auparavant dans ses films comme la création, le rêve (Brazil), la folie (Las Vegas Parano), la chevalerie (Monthy Python), le recherche du graal (Fisher King)... Le film se rapproche énormément de son excellent Fisher King qui mettait en scène le fabuleux duo Robin Williams et Jeff Bridges. Ils sont assez similaires dans certains thèmes abordés mais Fisher King était quand à lui plus posé. Car malgré une première partie un poil longuette et assez "calme", on retrouve ensuite le Terry Gilliam fantasque. Il nous offre une nouvelle fois une oeuvre unique totalement Gilliamesque. Le film souffre parfois d'un problème de rythme et n'est pas toujours maîtrisé, un peu bordélique, mais il réussit à nous embarquer dans une folie qui petit à petit s'accentue. Quelques séquences sont magnifique, comme la rencontre entre Adam Driver et Jonathan Pryce dont un film est projeté sur lui, celle de Jonathan Pryce à nouveau, sur le cheval pour aller sur la lune ou encore celle de la rêverie d'Adam Driver. En plus de cela on retrouve de très bon acteurs avec des rôles certes archétypaux mais qui font le job. Mais ceux qui crèvent l'écran son surtout les deux têtes d'affiche : Adam Driver qui est entrain de se créer une superbe carrière en travaillant avec de grand réalisateur et Jonathan Pryce qui est magnifique, à la fois drôle et touchant dans ce rôle de l'homme qui se prend "Don Quichotte de la Mancha".
Un vrai univers, une vraie ambiance, un vrai film de Terry Gilliam.
Fabien S.

686 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 février 2019
Un excellent film de fantastie et d'aventure. Adam Driver incarne un réalisateur qui fait un long métrage sur Don Quichotte.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse