Comédie bien enlevée, qui retrouve le ton de l’âge d’or hollywoodien. L’incursion des auteurs dans le monde des ressources (ou plutôt restructurations) humaines est appréciable et Reitman se montre élégant styliste. En dépit d’une morale un brin conservatrice et de champs contre-champs anodins, c’est au final une bonne surprise.
Existe t'il réellement ce genre d'emploi où une personne en licencie une autre de la manière la plus impersonnelle qui soit? C'est effrayant. Licencier quelqu'un est une chose, ne pas en avoir le courage en est une autre. Georges Clooney incarne ce rôle, celui qui véhicule sa belle gueule d'aéroport en aéroport, son costard hors de prix, et la mauvaise nouvelle qui va avec. Mais sa méthode avait encore une certaine fierté, un minimum de franchise liée à l'ultime face à face. Voilà qu'une jeune pimbêche veut moderniser le concept en mode vidéo conférence. Ainsi donc, les futurs chômeurs n'ont plus que leurs yeux pour pleurer, et une jolie brochure expliquant la manière de rebondir dans les plus brefs délais. Affligeant. Le thème abordé nous ramène indubitablement vers la solitude, celle d'un homme qui sillonne le monde avec pour unique bagage un sac à roulettes. Sac servant au passage de métaphore pour la vie de tous les jours, un contenant synonyme de foyer, de pied à terre. L'individualisme et la déshumanisation de notre société sont passés par là. Souhaite t'on encore se marier, se blottir au saint d'un cocon familial sécuritaire, demeurer sédentaire ad vitam æternam? Une question à dix millions de miles. Fuir ses responsabilités ou même renoncer à toute forme de stabilité reste une fuite. Une poignée d'idéaux simplistes remis en question par le charme féminin. On est bien peu de chose, nous les hommes. La liberté a un prix, et ce n'est pas forcément le sacrifice qui nous l'offre. C'est avant tout la certitude d'un chemin tout tracé, où le bonheur devient évident, quoi que l'on fasse. Georges Clooney est épatant, et se glisse sans problème dans la peau d'un mec qui au fond lui ressemble. Ni nombriliste, ou encore égoïste. Simplement paumé et désenchanté. La satire sociale est savoureuse, mais quel dommage qu'une romance un peu balisée vienne ternir ce tableau idyllique. Comme quoi la vie serait sans doute mieux à deux, voir plus si affinité. Voici donc où nous conduit cette comédie aérienne de Jason Reitman, rafraichissante et réfléchie. 3,5/5
Excellente première partie de ce film avec la présentation du personnage joué par George Clooney à la fois cynique et attachant, sûr de lui mais en même temps inquiet de ce qui pourrait nuire à la régularité et à l'ordonnancement de sa vie professionnelle. Parce qu'en ce qui concerne sa vie sentimentale, elle est paradoxalement remplie d'un vide sidéral qui semble lui convenir. Les personnages secondaires sont dépeints de façon sensible et sans manichéisme, même dans cette société qui emploie GC et dont l'activité consiste à licencier des files de travailleurs. Les réactions des futurs chômeurs, dont la plupart ne sont pas des comédiens professionnels, évoquent presque Ken Loach! Tout irait bien donc si le film ne s'engluait pas ensuite dans la scène du mariage de la petite soeur. On comprend bien ce que veut nous dire le réalisateur mais cette séquence est longue et lourdingue. La pirouette sur la découverte de la vraie vie de son alter ego féminin ne suffit pas à nous consoler d'avoir frôlé le film d'anthologie d'un super réalisateur et d'un super acteur en pleine force de son art. A voir quand même bien sûr!
Un rôle qui va (allait) parfaitement à George Clooney, le célibataire endurci qui idéalise sa situation de liberté totale, surtout que celui-ci passe sa vie "up in the air", en déplacement par avion, avec comme unique but d'atteindre les 10 millions de miles. Autant dire un solitaire plutôt orgueilleux, qui mieux que George pour ça (en 2010 le mariage n'avait pas encore eu lieu...)? Son travail en plus est l'archétype de la déshumanisation : virer des salariés dont les DRH ou patrons n'ont pas suffisamment de cojones pour le faire eux-même. Cette comédie sans prétention a mine de rien de la matière, avec les différents profils présentés (ceux de l'affiche), et un scénario raccord avec des problématiques réalistes de notre monde moderne. En effet, notre héro interprété par George doit faire face à une révolution de ses conditions de travail qui va absolument tout remettre en cause dans son mode de vie. La tournure que prend le film est couru d'avance et se rapproche du schéma américain, la romance naissance et le début des questions fondamentales. Mais finalement je trouve un peu ça dommage et étriqué, de toujours devoir s'attendre à une ode à la famille et au bonheur trouvé dans les schémas classiques établies par la société, ça manque d'innovation tout ça. Après tout la solitude n'est pas un fardeau pour tout le monde, le film nous mène à cette question : oui mais après tout combien ne regrettent vraiment pas ce choix? Il est clair que ce n'est pas évident, mais pourquoi pas ne pas tout miser là-dessus afin de répondre à d'autres critères? Le George grinçant avec ses théories du sac à dos ne vous aura surement pas convaincu mais c'est bel et bien le but... Bref, on est bien dans une comédie purement américaine mais qui a de belles qualités, et un niveau de dialogue satisfaisant.
Un film sur la difficulté de gagner des Miles en voyageant par avion avec juste un sac à dos, celle qui oblige un homme a faire l'un des pires boulot du monde. Ca dure comme un vol long-courrier.
Jason Reitman a une petite carrière de réalisateur mais ses films ont un point commun : ils ont un contenu ! De « Thank You For Smoking » (2006) à « In The Air » (2010) en passant par « Juno » (2008), le moins que l’on puisse dire, c’est que Jason Reitman a des choses à dire et fait, à chaque fois, réfléchir le spectateur. J’avais adoré « Thank You For Smoking », son premier film, et aimé « Juno ». Ici, on est au même niveau que « Juno » et c’est déjà bien. Le thème principal du film est une réflexion sur un choix simple : est-ce que l’Homme est mieux seul ou accompagné ? Quel est l’apport de l’autre dans sa vie ? Choisir George Clooney pour ce rôle me semble être une évidence, tant l’acteur et le personnage sont proches. Il est parfait dans ce rôle de collectionneur de miles et de conquêtes féminines qui n’éprouve aucune attache. L’autre thème du film est moins profond mais beaucoup plus original : l’art d’annoncer son licenciement à un salarié est d’autant plus intéressant qu’aux USA, on ne s’encombre pas de période de préavis, on prend ses affaires dans un carton et on change de vie en une journée. Le fait de penser, pour une société, à sous-traiter cette tâche de l’annonce du licenciement puis, pour le sous-traitant, à remplacer le face à face par un échange via visio-conférence en dit long sur l’importance des rapports humains dans les sociétés occidentales. D’ailleurs, les échanges amoureux (et les ruptures) par SMS sont le pendant de cette nouvelle forme (ou absence) de communication. N.B. : je ne comprends décidément pas les cellules Marketing en charge de la distribution des films. Après les titres français de comédies romantiques qui résultent d’une insertion systématique au choix d’ « Amour » ou de « Coup de Foudre » dans le titre du film (exemples : « un Amour à New York » (Serendipity, 2002), « Coup de Foudre à Rhode Island » (Dan in Real Life, 2008), etc.) , maintenant, on éprouve le besoin de conserver le titre original en le raccourcissant de 2 lettres : « Up in the air », c’était trop compliqué pour des spectateurs français ?
Ce film met clairement en avant les difficultés de liés ambiation proffessionnel et vie privée dans un monde très individualiste et portée sur l'élitisme. un jolie trio pour représenter les possibilité du bien etre professionnel. Super film.
Un très joli film qui paraît lent, dont le rythme ne frappe pas mais quand il se termine, on est déçu et on aimerait que ça continue. Le scénario est génial, soigné, l'humour est présent et la réflexion également. Beaucoup de sujets sont traités et de belle manière en plus. Franchement bravo !!
Quelle déception que ce film assez unanimement encensé. Tout y est horriblement américain au mauvais sens du terme. Tout d'abord le boulot de Clooney révélateur d'une société complètement folle. Ensuite la pub incessante pour la compagnie aérienne et la chaine d'hotels. Enfin cette morale sirupeuse sur le mariage, la famille et les bons sentiments. Voir Clooney jouer ce rôle alors que lui-même n'assume pas sa vie privée pourrait être drôle, ça ne l'est pas, c'est juste agaçant et faux-cul.
On distingue quelques touches d'humour coté scénario rien de transcendant. On appréciera le casting et le charme des aéroports y compris les histoires d'amour.
Un constat s'impose : ce film a été mal vendu, on ne va pas voir ce qu'on pensait aller voir ! Avec un incroyable scénario qui rend tout absolument fluide et naturel, c'est un film très touchant sur la solitude. En évitant tous les clichés et les lieux communs, Reitman parvient à toucher juste
Entre comédie romantique classique et presque désuète et pamphlet acidulé et critique du monde de l'entreprise, le réalisateur de Juno dresse un double portrait acide et cynique où brille de mille feux un George Clooney à contre-emploi, vulnérable et fragile.
Film très intéressant par le sujet traité et par le beau contre-emploi donné à Georges Clooney. On est un peu dérouté par cette mission de job-killer qu'on ne trouve pas chez nous, mais on se laisse prendre par le récit assez bien rythmé. L'histoire d'amour (de sexe surtout) est amusante ; le dressage de la jeune cadre sans scrupules savoureux ; et le vide de la vie de ce pauvre Georges est assez édifiant (son seul but dans la vie est de collectionner les miles, et quand sa nièce se marie, il n'est pas jugé digne de la conduire à l'autel ! On souffre pour lui...). Au final, on passe un bon moment, et la violence de la société US est dénoncée avec le sourire... On imagine le misérabilisme qu'aurait mis un réalisateur européen sur un tel sujet !
Le troisième long métrage de Jason Reitman (Thank you for smoking, Juno) est un nouveau chef d'oeuvre qui confirme, s'il y avait toujours besoin, le grand talent du fils du réalisateur de Ghosbusters. Up in the Air nous relate l'histoire de Ryan, un homme qui passe sa vie dans les avions pour annoncer des licenciements à travers l'Amérique. Sans attaches, Ryan va néanmoins voir ses convictions mises à mal par sa rencontre avec la magnifique Alex et une jeune stagiaire ambitieuse, Natalie Keener. A travers l'histoire de cet homme en fuite perpétuelle, Jason Reitman signe là un film au scénario original servi par des acteurs en très grande forme: George Clooney a rarement été aussi bon, la sublime Vera Farmiga (vue récemment dans l'excellent Esther) confirme qu'elle est une de nos plus grandes actrices, Anna Kendrick semble pleine de promesses, quant à Jason Bateman et JK Simmons, ils confirment qu'ils sont parmi les meilleurs seconds rôles du moment. Les plans aériens sont très beaux, les situations comiques hilarantes et subtiles, on peut craindre à la fin que l'atterrissage soit un peu rude mais Reitman arrive à éviter les clichés par un twist final certes quelque peu attendu mais qui garde tout de même son efficacité. Up in the Air est un très grand film d'un grand réalisateur qui a prouvé qu'il méritait ses galons et qui ne devrait pas décevoir par la suite.