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Napoléon
184 abonnés
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2,5
Publiée le 18 février 2024
Quelques longueurs avec spécialement un début qui peine et des acteurs assez classiques. Beaucoup de personnages sont présentés avec chacun leur histoire et des pistes possibles. On s'y perd un peu. Ensuite l'oeuvre gagne en intérêt avec un bon rebondissement même si l'histoire est parfois un peu facile. Le film s'avère posséder une bonne mise en scène et des décors réussies donnant un bel effet punk. Le temps a fait vieillir l'ensemble malgré des élans visionnaires.
Los Angeles 31 décembre 1999, l’Amérique s’apprête à passer au IIIème millénaire. Le prophète rappeur noir Jeriko One est assassiné, le ou les coupables courent toujours. L’armée prend possession des rues, l’insurrection gronde. Dans ce contexte extrême, nous découvrons Lenny Néro (Ralph Finnes), dandy alcoolique, ex-policier devenu dealer. Lenny ne distribue aucune drogue psychotrope classique, il vend des «clips» ; la nouvelle addiction des yuppies de L.A. Le «clip» est un morceau de vie d’autrui filmé à la première personne, stocké sur un mini cd placé sur un casque que l’on pose sur le crâne. Le catalogue de «clips» est infini : sexe, braquages, concerts, souvenirs, seuls les meurtres sont prohibés. Mais la vie de Lenny, antihéros pathétique va prendre une tournure dangereuse, lorsqu’Iris, une prostituée à la solde du manager véreux Philo Gant (Michael Wincott), donnera un «clip» compromettant à Lenny spoiler: avant d’être assassinée . Sous couvert d’un film d’anticipation musclé, «Strange Days», sorti aux USA en 1995, dénonce l’affaire Rodney King à l’origine des émeutes de L.A. quatre ans auparavant. Kathryn Bigelow ("Aux Frontières de l'Aube", "Point Break") filme avec un œil visionnaire, un futur proche d’un pessimisme saisissant. Pendant que certains nantis vivent par procuration la vie des autres grâce aux cybers criminels comme Lenny, dans la réalité, les gens meurent, les émeutes sont légion, la ville est sur le point d’exploser. Traqué pour ce qu’il a découvert, Lenny doit fuir mais quand les cadavres s’amoncèlent autour de lui, Lenny accompagné de son amie Mace (sculpturale Angela Davis), accessoirement sa garde du corps, devra mouiller la chemise s’il veut survivre. Kathryn Bigelow met en scène un trip hallucinogène de plus de 2H20’, un film choral où s’entrechoquent plusieurs destins tragiques dans une atmosphère de paranoïa complotiste jusqu’à un final chaotique miroir d’un avenir apocalyptique en devenir.
Imaginé, co-écrit et produit pas James Cameron, « Strange Days » est un percutant thriller d’anticipation techno-punk qui n’a pas déplacé les foules à sa sortie et dont il a confié la réalisation à son ex. Une fois le plan-séquence en caméra subjective digéré, la mise en scène de Kathryn Bigelow n’a de cesse que d’envoyer du lourd, du très très lourd même, sans ne jamais faiblir. La lisibilité du scénario, politisé, dark et pessimiste, n’est pas très claire au début mais fini par gagner progressivement en densité alors que la BO, en parfaite adéquation avec l’ensemble, parachève ce film emmené par le très bon Ralph Fiennes. Toutefois, c’est à la vigoureuse Angela Basset que revient ma prédilection.
Strange Days dépeint un monde au bord de la guerre civile, dans un climat politique tendu, si tendu que le meurtre d'un rappeur afro-américain est sur le point de mettre le feu aux poudres. Pourtant, face à cette situation, une nouvelle drogue surstimulative a été créée permettant de revivre les moments enregistrés d'une personne à travers son regard, comme si on n'y était.
De ce postulat de science-fiction vient se greffer une enquête de polar haletante qui est ponctuée de ses séquences de "trip" permettant une plus grande immersion dans le récit via l'utilisation de la caméra subjective ainsi que d'un niveau de violence voire de réalisme si je puis dire plus grand. Pour s'imprégner de cet univers un peu sale il faut dire, James Cameron ici scénariste du film, nous fait suivre un dealer de télétrip qui finira trempé dans une affaire de meurtre qui le dépasse.
Ralph Fiennes ainsi que les acteurs principaux sont impeccables et ont tous des rôles poreux qui évoluent au cours du récit (Angela Basset en Hit Girl ou le regretté Tom Sizemore en détective privé désabusé) sans tomber dans un quelconque archétype ou alors juste un peu.
Kathryn Bigelow signe ici un polar vraiment solide avec de nombreuses scènes d'action et d'émotion fulgurantes et réussit à immerger le spectateur dans un monde proche du notre tout en développant des thématiques qui nous touchent de plus en plus (la perte de repères et l'enfermement dans les mondes virtuels). Un thriller techno-rock toujours pas dépassé presque 30 ans plus tard.
Film revu Samedi 20 mai 2023 à 19h30 à l'institut Lumière dans le cadre de la rétrospective consacrée à la réalisatrice. Jouissance totale d'un art cinématographique époustouflant où de la réalisation à l'interprétation, tout est conjugué pour aboutir à ce film culte. La matière filmique est si belle que j'ai l'impression d'avoir touché le film de mes doigts, incorporé ce qui est montré. Ce qui me trouble aussi c'est la sensualité qui irrigue le récit de la baston aux scènes intimes. En fait, c'est par cet état "sensible" que je reçois "l'intelligible" et que je vis pleinement le cinéma.
Cette nouvelle projection m'a permis de me concentrer sur le scénario de James Cameron et Jay Cocks : vertigineux ! Une oeuvre réalisée en 1995 et qui éclaire magistralement les enjeux de 2023, telles que les dépendances numériques, interroge et éblouit. Ici, déclaration d'amour indéfectible à une immense et indispensable artiste : Kathryn Bigelow !
Un très bon film SF qui est devenu une référence dans l'univers cyberpunk . Une intrigue captivante et de solides acteurs nous emmènent dans cet étrange univers. glauque et underground. J'adore.
Un casting de haut vol pour un film visionnaire pour l'époque, avec un scénario et des images toujours aussi magnifiques qui rappellent assez " Blade Runner " !
Avec son casting 5 étoiles et sa réalisation impeccable, Strange Days nous offre un bon polar en plus d'être un excellent film d'anticipation. Sous estimé à sa sortie, il reste aujourd'hui une oeuvre phare dans de la domaine de la SF des années 90.
Bon film dans l'ensemble qui vaut surtout par son côté hyper-90's cybrepunk/MTVesque. Il souffre pourtant de 2 gros problèmes: des longueurs vraiment inutiles qui étirent le film sur 2h30 alors que 2h auraient sans doute suffi; spoiler: et une fin bâclée avec un rebondissement pas du tout crédible et une scène finale ridicule.
Menée de main de maître par une réalisatrice au top. Un scénario hyper bien ficelé dans une ambiance apocalyptique et terriblement actuelle. Qui ne rêve pas de posséder cette machine...j'adore les relations entre les acteurs et cette ambiance à couper au couteau. Must have
Nous immergeant dans un monde dystopique aux errements contemporains, l'intrigue suit avec dynamisme l'enquête personnelle menée par un anti-héros usitant les failles du système, tant politique que mental. Rendant clairement compte de l'atmosphère néfaste de cette quête virtuelle palliant les manquements d'une réalité morne, le récit pâtit de quelques facilités ou attendus scénaristiques mais atteint ses objectifs de mise en scène nerveuse. Un film SF réussi.
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18 103 critiques
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1,0
Publiée le 18 avril 2021
Si ce n'est pas l'un des pires films de science fiction jamais réalisés dite-moi les noms de ceux qui sont pires. L'intrigue si on peut l'appeler ainsi implique notre héros Feinnes qui court comme un fou d'une fête à l'autre se faisant jeter d'un endroit pour y retourner et se faire jeter à nouveau. Le principe qui consiste à enfiler la machine à fusionner les esprits généralement portée sous une perruque est prometteur. Avoir un orgasme par procuration pourquoi pas. Mais l'intrigue abuse de l'idée au point de la rendre ridicule. Tout comme le jeu des acteurs qui est toujours ridicule sauf pour Angela Bassett. Elle se donne à fond pour essayer de faire fonctionner ce film risible. Dans les scènes finales les gens sont battus, poignardés abattus et continuent comme si rien ne s'était passé. Une bonne partie du film est passé à rouler sans raison apparente dans une limousine Taurus. Juliette Lewis la tentatrice tente d'être séduisante en chantant mais c'est plus un accroupissement tribal qu'une giration sexuelle. M. Feinnes qui est normalement un bon acteur a juste l'air pathétique lorsqu'il essaie de nous faire croire qu'il a un point culminant alors qu'il porte le bonnet a cerveau. Ils sont tous des équipes fatiguées dans la rue attendant les émeutes. Ce sont les mêmes pauvres gens dans les rues jour après jour. La scène de la mort de D'Onofrio était totalement invraisemblable. Cette histoire a traîné pendant 2 heures et demie. Il n'y avait pas de substance a part si cherchez un film pour vous endormir tard le soir...
Les portes. Ambiance de fin de siècle, ambiance de fin du monde. Strange Days est typique de son époque. En très gros, nous sommes le 31 décembre 1999, donc dans un futur proche. Un petit magouilleur traficote des enregistrements clandestins. Que sont donc ces enregistrements ? Ce qu’a vu, entendu et ressenti celui qui a enregistré. Un genre de vidéos ultra-immersives qui place le spectateur littéralement dans la peau du personnage/acteur/réalisateur. On peut s’en douter, la dérive est vite arrivée et tout et n’importe quoi circule sur le marché. Du snuff d’un nouveau genre en somme. Notre petite frappe va tomber sur l’enregistrement compromettant qui a un fort potentiel explosif. La première séquence du film donne le ton. Filmée en caméra subjective, elle nous place au cœur d’un braquage. On y est, tout le film reposera sur l’immersion du spectateur et il questionnera les moyens dont dispose le cinéma pour placer le spectateur au centre de l’action. Il interrogera aussi les limites de ce qu’on peut montrer et la question morale de la dichotomie fiction/réalité. En gros, pourquoi accepte-t-on un récit d’atrocités dès lors qu’il est estampillé « fictionnel ». Ou encore la bonne vieille question qui taraude le créateur et la censure depuis la nuit du cinéma (et pas que) : le cinéma est-il l’exutoire des pervers ? En toile de fond, et on reconnaît bien là le travail de Bigelow, les conflits raciaux aux Etats-Unis. Cette nuit américaine d’anticipation semble être la réalité de 2020, notamment concernant le sujet des violences policières. Pour ce qui concerne le récit, tout fonctionne très bien. Le rythme est haletant et l’intrigue réserve son lot de surprises jusqu’à la fin. L’interprétation est plutôt bonne, en particulier une incendiaire Juliette Lewis. L’accompagnement musical est d’époque et envoie du bois. En bref, tout ceci est fort recommandable à celui qui saura faire abstraction d’une image peut-être un peu vieillotte.
Lenny Nero, ancien flic, s’est reconverti dans le trafic de vidéo qui permet aux gens de voir et de vivre émotionnellement n’importe quelle situation. Son business marche bien jusqu’au jour où il reçoit une vidéo relatant un meurtre. J’aime bien l’univers sombre et ghetto des villes des années 90, cela nous plonge dans l’ambiance. Le scénario est loin d’être extraordinaire mais il est plutôt novateur pour l’époque. L’enquête est assez prenante, il y a de bonnes scènes d’action et la réalisation est soignée. Les acteurs ne crèvent pas l’écran mais c’est suffisant. Maintenant, cela manque cruellement de rythme, on a tendance à s’endormir par moments avec des dialogues qui n’apportent rien à l’histoire. Trop d’actions sont prévisibles et on regrette que l’idée scénaristique ne soit pas plus creusée. Un film assez moyen.
L’idée de départ (un néo-noir légèrement dystopique qui traiterait d’addiction aux images) est plutôt bonne, surtout en pleine « génération MTV ». Malheureusement, l’esthétique est elle-même très marquée « génération MTV » : couleurs criardes, caméra en roue libre, montage frénétique et bouillie rock en fond sonore. Côté scénario, ce n’est pas beaucoup mieux, avec des dialogues dignes des plus mauvaises séries d’action des années 90, des invraisemblances à la pelle et un petit twist qu’on voit venir à des kilomètres. La dernière partie du film, même si elle ressemble à du sous-Michael Mann, est quand même plutôt efficace, avec une portée politique qui donne un peu de substance à l’histoire. Pour le reste, c’est à peine moyen.