Ayant adoré "28 jours plus tard", j'avais hâte de découvrir ce "28 ans plus tard". Nous offrant le retour de Danny Boyle à la réalisation et celui d'Alex Garland à l'écriture, le long-métrage avait tout pour me plaire. Après de longues années d'attente, cette suite tant attendue était enfin disponible, et je me suis donc précipité en salles pour la découvrir. Malheureusement, même si j'ai pu constater que la plupart des retours sur ce projet étaient positifs, je suis ressorti extrêmement frustré de ma séance ! Dans le fond, je peux comprendre ce que les deux hommes ont souhaité apporter pour cette suite, à savoir du changement. Ils voulaient proposer un ensemble assez différent de l'original, histoire d'apporter de la nouveauté et pour pouvoir repartir sur des bases solides en prévision de la future trilogie qui est déjà prévue. Mais à mon sens, les choix pris pour apporter du nouveau ne sont pas forcément les plus judicieux. Tout d'abord, il y a un changement radical en ce qui concerne l'ambiance. Là où le premier film était très calme, celui-ci montre rapidement son envie de mettre les curseurs de l'horreur au maximum. Pour cela, le montage se montre bien plus dynamique et le rythme l'est donc également. Sur le papier, je peux comprendre l'idée et je n'ai rien contre cette envie. Mais dans les faits, je trouve que le résultat est assez brouillon. En matière de découpage, je trouve que le montage paraît très mal géré à certains moments, avec une incompréhension dans le suivi de l'action. Je peux imaginer que Danny Boyle a voulu expérimenter une mise en scène mouvementée pour symboliser la panique des personnages et le danger de cette situation. Mais à ce niveau, le problème est que ce montage est constant sur l'ensemble du projet. Je veux bien comprendre cela pour les scènes d'action, encore que je ne les trouve pas très intéressantes pour autant (je pense notamment à la scène d'introduction, qui ne sert à rien dans le scénario et qui paraît même grotesque à certains instants), autant j'ai eu beaucoup de mal à me plonger dans l'histoire à cause de cela. Tout va trop vite, je n'ai donc jamais eu l'occasion de m'attacher aux personnages ou à leurs parcours. Globalement, je trouve que leurs interprètes s'en sortent bien, mais je n'ai eu aucun intérêt pour eux. Et quand je repense à l'écriture très subtile qu'avait eu le premier film, je ne peux qu'être déçu de ce que donne ce nouveau volet. Les personnages sont assez peu attachants, car on ne prend jamais le temps de les développer, ou plutôt, on nous les présente juste un peu, histoire de préparer la suite. Par instants, j'ai vraiment eue la sensation que le film se présentait bien plus comme une bande-annonce en préparation du second volet, plutôt que comme un film à part entière.
Je pense à la manière dont ce bébé de zombie est introduit, et qui ne servira jamais après. Je pense aussi à la façon dont Jamie disparaît complètement de la deuxième partie du scénario, alors qu'il paraissait assez important. Et je pense également à la manière dont le film annule complètement la fin de "28 semaines plus tard". Alors que l'on avait terminé le film via cette promesse d'une suite dans un monde rempli d'infectés, ce projet-ci nous remet finalement au même point de départ. Le monde extérieur vit finalement de manière normale, et c'est même totalement expliqué. Malheureusement, même ce point-ci semble très éclipsé, car on nous le présente rapidement, mais on sent que ce n'est pas encore le moment d'en parler plus que ça.
L'ensemble s'avère donc extrêmement frustrant, entre ce rythme trop débridé, ces personnages peu attachants et ce scénario rempli de problèmes. Heureusement, le film réussit à se sauver par l'expérience de son réalisateur. Dans sa globalité, le long-métrage est plutôt joli, avec une réalisation de qualité. Pour retrouver cet aspect crade qu'avaient amené les caméras mini Dv sur le premier film, Danny Boyle a choisi de tourner à l'iPhone pour ce volet. Le rendu permet donc un résultat moins net, mais aussi quelques tentatives visuelles. Je pense notamment à ces nombreux plans dans un esprit "3D", où la caméra va rapidement tourner autour d'un personnage touché. Le rendu est assez nouveau, même s'il reste perturbant et pas forcément toujours nécessaire. Malgré tout, ce format n'a pas empêché le réalisateur de nous offrir quelques plans très travaillés, notamment en jouant avec les environnements. Par exemple, les séquences en forêt sont assez oppressantes, et j'ai également beaucoup apprécié les quelques scènes de nuit étoilée. Par conséquent, je suis quand même très déçu de mon visionnage. Si tout n'est pas à jeter, je ne comprends pas ce que Danny Boyle et Alex Garland ont tenté de faire. C'est bien beau de vouloir apporter du neuf, mais encore faut-il le faire correctement. Avec ces changements, la licence a perdu toute son identité, aux dépens d'un ensemble très bancal. Pour conclure, une de mes plus grosses déceptions de l'année.