Suite tardive, à laquelle je n’attendais pas grand-chose, 28 ans plus tard, elle s’avère intéressante et surprenante, en plus d’être radicale. Tourné avec l’iPhone 15, ce parti pris esthétique vise à être un prolongement de la DV du premier opus, afin de recréer cette sensation de nouveauté et d’expérimentation qui avait marqué les esprits en 2003, ce qui aurait été impossible à faire avec les mêmes caméras de l’époque.
Loin d’être une resucée du film originel, Danny Boyle et Alex Garland prennent à contre-courant les attentes que l’on pouvait avoir, en donnant à leur film un aspect conte ou fable, avec une véritable approche mythologique. Mais ce n’est pas tout. Les deux auteurs évoquent également la situation du Brexit en Angleterre, le Covid et évoquent même le masculinisme.
Ils ne le font pas forcément bien tout le temps, le film étant assez borderline car il ose tout. Tous les effets de montage impactants, le kitsch, la poésie, les facilités d’écriture, le grotesque… tout ce qui peut être trop radical pour le grand public, voire pour le genre auquel le film appartient, Danny Boyle ose tout dans sa mise en scène hyperactive.
C’est, à mon sens, le point fort du film, ce qui lui donne sa singularité, même si c’est difficile de tout défendre. C’est un vrai film punk, qui n’est pas là pour plaire, qui crache ce qu’il a à cracher dans ses tripes, quitte à se vautrer. Mais au moins, ce n’est pas un film tiède qui laisse indifférent, et, vu l’année difficile que traverse le cinéma, c’est un geste salutaire.