Violette Nozière
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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 10 janvier 2010
Dans la doctrine chabrolienne, Violette Nozière tient une place à part, comme à contre-courant de ce que l'auteur nous sert habituellement ; mais l'illusion est trompeuse. Ce Flaubert d'aujourd'hui, ce spécialiste de la bourgeoisie française, qu'il ne cesse de disséquer et d'explorer, transpose une histoire inspirée d'un fait réel dans une famille qui ne possède pas socialement ce rang si courant chez l'auteur. Pourtant, elle en distille l'essence. Bien sûr, et vous vous en doutez aisément, l'étude humaine se structure sur l'ambiguïté de ses personnages ; tout le projet semble à priori se détacher du schéma traditionnel, l'ambiguïté étant bipolaire, inévitablement complexe et d'une obscurité étonnante. Tout d'abord, le premier groupe se forme autour de Stéphane Audran et Jean Carmet, les parents de Violette Nozière ; le deuxième membre se compose exclusivement de cette dernière, exceptionnelle dans le rôle titre. Ces deux camps en confrontation perpétuelle ne peuvent jamais, et ce serait une erreur d'interprétation, plaidoyer pour la vérité du récit qu'ils illustrent différemment tous les deux. Néanmoins, la conséquence est limpide : cette fille de dix-neuf a empoisonné ses parents. Fait indéniable, les surréalistes utilisèrent cette source d'un banal fait divers pour parler d'inconscience, ce courant étant bâti sur la rêverie, cette notion d'écriture automatique qui s'image céans dans l'action de ce personnage. Qui a raison ? Ce n'est même plus la question, et Chabrol l'a bien compris ; l'enquête policière est surannée. Au lieu de filmer l'explicite, le réalisateur nous présente l'ambiguïté d'une famille française modeste mais profondément bourgeoise et traditionnelle dans la pensée. Derrière cette image conservatrice, les parents sont vus, sous l'oeil de leur fille, comme des pervers ; Violette Nozière peut-être jugée de mégère. L'effet miroir est saisissant. Au final, la vérité est inaccessible, apparente. Un Chabrol qui doute, cela n'a pas de prix.
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 novembre 2016
Une affaire qui défraya la chronique notamment par le soutien indéfectible des artistes surréalistes à la jeune femme. Comme à son habitude le cinéaste compose son casting d'habitués dont le duo Jean Carmet-Isabelle Huppert. Ce choix est d'une importance capitale puisque l'atout majeur du film réside dans le doute, une sorte d'image subliminal puisque dans "Dupont Lajoie" (1975 - succès récent) Carmet violait Isabelle Huppert. Cette ambiguité est la grande force du film, à la fois sensation inconfortable et d'une neutralité qui va de soit puisque nous ne saurons sans doute jamais vraiment.
GabbaGabbaHey
GabbaGabbaHey

241 abonnés 1 583 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juillet 2011
Un bon, un tres bon, même un excellent Claude Chabrol... Le cinéaste raconte dans ce film l'histoire vraie de Violette Noziere, histoire tres dérangeante (surtout pour l'époque) et qu'il raconte avec beaucoup de justesse, et un tact ingénieux et modéré. Le schéma narratif est fascinant, l'utilisation brutale de flashs-back, la façon de conserver l'incertitude (voir même de la respecter) par rapport a certains points... Et tout ca avec en tête de casting Isabelle Huppert dans l'un de ses plus grands rôles (Prix d'interprétation féminine de cette année la au Festival de Cannes) avec également, entre autres, les excellents Jean Carmet et Stéphane Audran. Et une mise en scène sublime de la part de Claude Chabrol, tres sombre et tres belle...
chrischambers86

16 164 abonnés 13 124 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 avril 2009
Claude Chabrol reprend avec "Violette Nozière" une affaire criminelle qui dèfraya la chronique judiciaire d'avant guerre et dont s'emparèrent les surrèalistes! Nulle allusion à notre èpoque, mais une reconstitution minutieuse et soignèe des annèes 30 où Isabelle Huppert est sublime d'ambiguïté et de mystère! Le film se concentre exclusivement sur ce qui a pu conduire le personnage principal à empoisonner ses parents (Jean Carmet et Stèphane Audran parfait en petits bourgeois minables) dans un climat particulièrement ètouffant! C'est donc à huis-clos que Violette va expliquer son crime et se confronter à sa mère qui s'est constituèe partie civile où Chabrol met en scène avec talent deux parties en opposition: l'opinion publique et la sphère politique! Du très grand Chabrol et un prix d'interprètation (mèritèe) à Cannes en 1978 pour Isabelle Huppert...
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 juin 2013
En plongeant dans la biographie de Violette Nozière, célèbre parricide, Chabrol a trouvé la matière d'un nouveau drame bourgeois. Mais celui-ci est moins caustique que la plupart de ses oeuvres. L'ambiance est glauque et décadente, probablement inspirée par l'époque, les années 1930, avec la montée du fascisme. Le film est dur et froid, avec une Isabelle Huppert impressionnante (Prix d'interprétation à Cannes), visage inexpressif, d'une nonchalance insolente, d'un mépris absolu pour la société dans laquelle elle vit. "Vous êtes des nains", dit-elle à ses parents.
À l'époque de ce fait divers, les surréalistes ont vu en Violette Nozière un symbole de la révolte et, dans son parricide, un acte qui "brisait l'affreux noeud de serpent des liens du sang".
À noter : les petits rôles de Fabrice Luchini, Bernadette Lafont et... Jean-Pierre Coffe.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 mai 2025
Inspiré d’un véritable crime, une jeune fille empoisonnant ses parents, le film "Violette Nozière" s’attache à déconstruire la figure de Violette, jouée par une Isabelle Huppert encore très jeune mais déjà troublante de maîtrise. Chabrol, fidèle à son obsession des hypocrisies familiales et sociales, trouve là un terrain riche, mais s’enferme parfois dans une mise en scène un peu trop froide, presque clinique. Il y a une tension latente dans chaque plan, mais elle ne prend pas toujours. Le film semble tiraillé entre l’envie de comprendre et celle de juger. L’approche naturaliste fonctionne par instants, notamment dans les séquences silencieuses où la violence affleure sous les gestes les plus banals, mais l’ensemble reste inégal. Ce qui sauve le film, au fond, c’est Huppert. Elle joue Violette comme une énigme vivante, tantôt enfant perdue, tantôt manipulatrice lucide.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 février 2019
Avide de liberté, de rencontre. Envie de sexe et d’amour. Son regard trahit ses fantasmes et elle veut les réaliser.
Chabrol filme le trop plein, l’exaspération. La lente envie de meurtre avec froideur et sang froid. Comme une pulsion qui devient évidente.
Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 avril 2021
Tiré d'un célèbre fait divers de parricide, un drame intriguant et troublant qui raconte sans chercher a expliquer, porté par l'interprétation fascinante d'Isabelle Huppert, primée à Cannes.
mickael l.
mickael l.

50 abonnés 137 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 27 janvier 2026
Ce n'est pas le meilleur de Chabrol. Les acteurs sont impeccables mais je trouve que le film est très brouillon, ça part dans tout les sens par moment et on sait pas où l'on est .... Mais il se laisse ... Film tragique
Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 mai 2025
Décidément pas très fan du cinéma très lent de Claude Chabrol, je n'ai pas apprécié les coupages incessants d'une multitude de scènes, et les retours en arrière troublants rendant le montage plutôt pénible.
Ce film montre néanmoins des qualités ; avec " Violette Nozière " il nous propose un film au Casting Prestigieux. Un drame tragique magnifiquement interprété avec le charisme de Jean-Francois Garreaud pour le rôle de Jean Dabin le chéri de Violette, les brillantes présences de Stéphane Audran et Jean Carmet parents de Violette, et l' extraordinaire prestation d'actrice d' Isabelle Huppert dans un rôle principal très délicat.
ManoCornuta

359 abonnés 3 068 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 août 2021
Chabrol se garde bien de prendre un parti, mais il évite aussi grandement de jouer de sa causticité et de son cynisme ordinaires pour rendre compte d'un fait divers qui, en son temps, a divisé la France. Son examen clinique d'une existence morne et confinée qui bascule dans l'horreur doit beaucoup à Isabelle Huppert et Stéphane Audran, les personnages féminins étant plus choyés que leurs homologues masculins. On regrettera une certaine longueur et une absence de réel parti pris, Chabrol ayant opté pour une dénonciation froide du patriarcat et du "mâle dominant" mais ne donnant pas de Violette Nozière l'image d'une parfaite victime expiatoire, conservant au personnage une relative ambiguïté. Un peu vieilli mais intéressant.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 janvier 2020
Claude Chabrol, après avoir sondé l’esprit de Landru, explore un parricide qui défraya la chronique au début du XXème siècle ; l’affaire de la jeune Violette Nozière. Isabelle Huppert et Claude Chabrol parviennent à faire ressortir toute la complexité de cette jeune femme. 18 ans, fille unique et vivant dans le logement étriqué de ses parents ; on sent chez elle tout l’étouffement d’un logement dans lequel on vit les uns sur les autres, mais surtout l’étouffement psychologique parental. Ces parents voient grand pour elle mais paradoxalement continu de la voir encore comme une petite fille. Pour échapper à cet enfermement, elle affiche une double personnalité ; une Violette docile et enfantine conforme à l’image parental au foyer, et une jeune femme séduisante croqueuse d’hommes et manipulatrice à l’extérieur. C’est une fuite en avant pour elle qui veut se démarquer du modèle parental. Spectateur de ces incessantes métamorphoses physiques et psychologiques, le doute est perpétuel sur la véracité de ses propos. Par exemple, elle accuse son père d’attouchements dans son enfance ; mais Chabrol par sa mise en scène ni ne valide ni n’invalide cette affirmation. Excepté que nous revienne en tête le viol de « Dupont Lajoie » tourné un an plus tôt dans lequel Carmet violait Huppert (les deux mêmes comédiens ici). Ce flou autour de cette personnalité ambiguë jalonne tout le film. L’interprétation sur un fil d’Huppert lui vaudra le prix d’interprétation à Cannes. Cependant aucun trouble ne survient avec des personnages trop froids et un esprit de liberté du personnage principal trop étouffé. Donc on s’ennuie car l’ambiguïté bien sentie de Violette frôle parfois la confusion. Un film hermétique en fait.
tout-un-cinema.blogspot.com
Bruno François-Boucher
Bruno François-Boucher

125 abonnés 164 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 juillet 2019
Il faut voir Violette faisant avaler du poison à ses parents d'un air innocent avant de les regarder défaillir et de dévorer avidement un rôti devant leurs corps agonisants. Du pur Chabrol des grands jours! Inspiré du livre de Jean-Marie Fitère sur la célèbre affaire qui défraya la chronique dans les années 30, le film est particulièrement saisissant pour sa peinture aussi noire que cruelle de l'époque. Remarquable interprétation d'Isabelle Huppert, Jean Carmet et Stéphane Audran.
Backpacker
Backpacker

92 abonnés 789 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 novembre 2016
Certes, ce film a considérablement vieilli mais il s'agit tout de même d'une des toutes meilleures oeuvres de Chabrol. Isabelle Huppert est comme toujours exceptionnelle. A noter la présence d'une pléthore de comédiens dans leurs premiers rôles dont Fabrice Lucchini, Jean-Pierre Coffe et encore Bernadette Lafont.
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 novembre 2016
Intriguant troublant, ce film de Chabrol est à l'image de son personnage principal. J'ai eu l'impression d'assister à une opération chirurgicale et une dissection de cet famille qui vit en huis clos avec les secrets de la fille et de la mère qui vont finir par la faire exploser. Si le personnage d'Isabelle Huppert est si fort c'est grâce à la performance majuscule de Jean Carmet en personnage insignifiant. Il est tellement juste que quand le personnage de Violette craque et le traite de nain qui est à mon sens LA grande scène du film qui tire sa force de la faiblesse de ce personnage de père. Dans Violette Noziere Chabrol n'explique pas, ne juge pas, il constate. Il gagne ainsi en crédibilité même si par moment cela donne l'impression d'être trop froid.
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